‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 182 sur 547 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

AUTRE MOYEN INDIRECT. EMPÊCHER LES HOMMES d'aC- QUÉRIR LES CONNAISSANCES DONT ILS POURRAIENT TIRER UN PARTI NUISIRLE ^.

Je ne fais mention de cette politique que pour la proscrire : elle a produit la censure des livres ; elle a produit l'inquisition ; elle produirait-l'éternel abrutissement de l'espèce humaine.

Je me propose ici de montrer: l*>que la diffusion des connaissances n'est pas nuisible en totalité , les crimes de raffinement étant moins funestes que ceux d'ignorance. 2® Que la manière la plus avantageuse de combattre le mal qui peut résulter d'un certain degré de connaissances, c'est d'en augmenter la quantité.

Je dis d'abord que la diffusion des lumières n'est pas nuisible en totalité. Quelques écrivains ont pensé ou paru penser que moins les bommes ont de connaissances, mieux ils valent, — que moins ils ont de lumières, moins ils connaissent d'objets qui servent de molif au mal ou de moyens de le commettre. Que lej fanatiques aient eu cette opinion , je ne m'en étonne f^s, vu qu'il y a une rivalité naturelle et constante entre la connaissance des choses i^elles , utiles et inteTligibles, et la connaissance des choses imaginaires, inutiles et inintelligibles. -^ Mais cette manière de penser sur le danger des connaissances est assez commune dans la masse du genre humain. On parle avec regret de l'âge d'or, de l'âge où l'on ne savait rien. — Pour mettre en

branchej c'est une branche de ce^oinoir dont le siéçe est dans Pâme. Avant qu'un homme puisse faire un acte, il doit connuilre deux choses, motifs de le faire, moyens de Texécuter. On peut distinguer deux séries de connaissances, celle des motifs et celle des moyens : la première consttue rinclination, la seconde constitue une partie du pouvoir.

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