‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 190 sur 547 · FAIRE EN SORTE QU'UN DÉSIR DONNÉ SE SATISFASSE SANS PRÉJUDICE. 4TO · texte numérisé non relu

FAIRE EN SORTE QU'UN DÉSIR DONNÉ SE SATISFASSE SANS PRÉJUDICE. 4TO

le mépris et une multitude de passions antisociales les éloignaient de s'assimiler à ces rivaux étrangers. Les passions ne reconnaissaient plus leur objet , dès que les marques visibles de distinction étaient effacées. En leur ôlant cet extérieur qui les distinguait, il/eurôtail, pour ainsi dire, le prétexte et Taliment de ces rivalités haineuses. Il les associait à la grande république de l'Europe, et il y avait tout à gagner pour eux dans celte association.

l'observance rigide du sabbat, telle qu'elle est requise en Ecosse , dans quelques parties de l'Allemagne, en Angleterre, est une violation de cette politique. L'acte du parlement, passé en 1781, semble plus appartenir au temps de Cromwell qu'à notre siècle. Il fut fait pour exclure le peuple, ce jour-B, de toute espèce d'amusements, excepté ies plKsirs sensuels , la débauche et l'ivrognerie. C'est au nom même des bonnes mœurs qu'on fit une loi si contraire^ux mœurs. Le jour du dimanche dcTÎDt, par ce rigorisme, une institution en l'honoear de l'oisiveté et au profit de tous les vices.

Pour justifier une telle Joi , il faut avoir recours à deux suppositions : runë", que les amusements , inDocents les six autres jours de la semaine , changent de nature et deviennent malfaisants le septième ; TaDlre , que l'oisiveté , qiSi est la mère de tous les Tiees, est la sauvegarde ddHa religion. Je ne sais coflHDent concilier ces idées : Vidmnt docliores *. Si une loi révélée était en contradiction avec la oorate , on ne devrait pljjs écouter la première , pBlôp q|i^Aous avons des preuves plus certaines des effets politiques d'utfe institution , que nous n% pornos en avoir de la vérité d'une histoire peligiease, fondée sur des ^vénftroents hort dtx c^urs de la nature : dans un cas, nous avons le témoîgnafe deDOft-j^ropnfi^^sens ; dans^l'^tte cas , jious devons QMftedlniÇporter aux témoignages ffaotri^ ,'témoigôi|S^ transmis de main en mainf, et affaiblis par taTets milieux qui^en altèrent plus ou moins les Ml pninittfs.

jpf celle coniradiction n'existe pas. Le rigorisme %^^t if^a point de fondement dans l'évangile , Çiwîléfl est contraire à des textes et à des exemples Mail. J<e sage Fénélon, qu'on n'accusera pas ■ jyh' Biëcoiinu l'esprit de la morale chrétienne, VftUl Indiscrète sévérité des curés , et ne voulait iMH ^*6n interdit, le dimanche, au peuple de «on diocèse , les courses et les danses après les VSÈreices de la religion.

Ce que je condamne ici , ce n'est donc point un

* Uchap«1aiD de Newgale a grand soin de faire insérer 'aolU Biographie des malfaiteurs, comme leijir propre con- ('tsiiD^, que le commeDcemenl de leur désordre est'd^avoir* »faûF fe «abbat.— Je crois qu'il serait plus près de la vërilé, ru disait- que la première cause de leur désordre est de

jour de suspension des travaux ordinaires, ni un jour destiné en partie au cuUe.reHgieux , mais l'absurdité ^e convertir en délits durapt ce jour, et les traV^auX les plus nécessaires de la campagne , et les aoiusements les plus honnêtes , sous les yeux du puMic. ^ . .

Oter au f euple un JQi|;r delà semaine des plaisirs 're(!ft>nnus innocents, c'cs^luiôter une portion de son bonheur : car si le bonheur n'esl pas composé d'amusements , de quoi donc est-il composé ? Comment peut-on justifier la sévérité du législateur qui, sans nécessité , vient enlever à la classe laborieuse les petites jouissances qi4 adoucissent la coupe amère de ses travaux , et la forcer à la tristesse ou au vice, sous ua prrétexte religieux?

Il y a deux manières de faire du mal dans un État : l'une est d'introduire des peines, l'autre d'exclure des plaisirs. Si l'une de ces manières de^nuire est- condamnable , comm«Dt l'autre pourrail-eTle être louable? Toutes les deux sont des actes de tyrannie; car en quoi peut consister la tyrannie , si ce n'est en cela ? Observez que je parl^ des effeU seuls ; je sais qu'gn a en vue un certain bien ; maift il est plus aisé de raisonner v£|guement que d'approfondir, de flotter çà et là entre la folie et la sagesse, que de persévérer dans Tune ou dans l'autre, de suivre la forcQ du, préjugé, que de l'ésisler au torrent. Quoique bonne que soit l'intention , il est certain que la tendance de cet ascétisme est malfaisante et immor^e.

Heureux le peuple qu'on voit s'élever au-dessus des vices brutaux et grossiers , étudier l'éiéganie éts mœurs, les plaisirs de la société, les embeHissemiîfits des jfii Ihis, Içs lïcaux-arls, tes sciences, les jeux [ïublicâ, les exercices de l'esprit \ Les religions qui înspiretït la trfïîLesîjie, les gouvernements qtii rendent les hommes defiiïnts et qui les séjmrerit, cDïiUcnutiit le germe des plus grands ïkes et des passions les plus nuisibles.

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