CHAPITRE N
FAniE EN SORTE QU'UN DÉSm PQ|iNÉ SE SAlUlFASSE SANS PRÉJUDICE , ou AVEC LE MOINDRE PRÉJQj|ffCE POSSIBLE.
Les désirs, ceux dont nous ?enons de parler, ainsi que d'autces dont nous n'avons (^s encore
Vavoir observé d«DS uni^ertain sens. Ne sachaDt giie faire de leur temps et de leur arstn(,qiieUe autre r<essource ont-ils que le cabaret? L'ivrogoerig les rend quarelleurs, stot)ides, détruit leur santé , leur aptitude au travail , les éloigne de toute économie et Uy Jette dans une société qui les pervertit.
iâo
FAIRE EiN SOÏITE QU'UN DÉSIR DONNÉ
fait menHon , sont susceptibLes d'être satisfaits de dilfériçntes manières .e^ à différentes condtiions, dans tous les degrés de rëchelle morale, depuis rionocencc jus(]ii*au plus grand crime. Que ces désirs puissent se satisfaii:^ sans préjudice, voilà le premier objet ^ remplir : mais si. on ne peut les ré^er à ce point, gue leur "satisf^tion n^entralne pas un préjudice aussi grand pour la communauté, que celui qui résulte d'une loi violée, voilà le second. Si on ne peut pas même obtenir cela , tout disposer de manière que l'individu, placé par ses déairs entre deux délits , soit porté à choisir le moins nuisible, \p\\à le troisième : ce dernier objet parait humble; c'est une espèce de composition avec le vice : on marchande,- pour ainsi dire, avec lui , et on cherche à le contenter au monidre prix possible.
^fofm^s comme on peut traiter tous ces points , avec trois olasses, de désirs impérieux, 1^ la vengeance, 2* l'indigence, 3" l'smour.
Section i. Pour .satisfaire sans préjudice les appétits vindicatifs^ H y a deux moyens: 1" procurer un redressement légal à toute /espèce d'injure; 2<» procurer un redressement compétent ai^' injures qui affectent le point d'honneur.
Pour satisfaire 'Ces appétits vindicatifs avec le moindre préjudice possible, il n'y a qu'un expédient, c'est de se montrer indulgent pour le dut^. Reprenons ces difféc^nts chefs.
10 Procurer un redreMement légal à toute espace d^njure.
Les Ticcs et les ?crlus du genre humain dépeadeul beaucoup des circoi|it.tiM:t> ik^ U ï^utuié. L1*os|iftâlilé, comiuc on l'a oh.servé , est le plus pralN)iïce où cîle est l<f plus ne* rssaire. II en esi ik in^me de la vengeance. Dans Xi'XM tlo nature . la Cl aiûl*^ *tt's vi?Dg*'ancdl privées est le seul Fi'dii de la force, là seule sauviKg|D*de c^iuLre U vif^Tniri* îles passions : elle correspond à hi crainte de la peine dans UQ état de fociété politique. Chaque progrès dans l'adraidlitration de la justice tend à diminuer la force des appétits \jndycatifs , e^ à prévenir les actes d'aninosilé privée.
Le principal intérêt que l'on ait en vue dans le redressement 'tégal, est celui de la partie lésée. Mais l'offenseur lui-même trouve son profit dans cet arrangement. Laissez un homme se venger luimême, et sa vengeance ne connaît point de limites : accordez-kii ce ijue de sang-froid «vous regardez comme une satisfaction compétente, en lui défendant d'afller plusJoin, il aiiotra mieux accepter ce que K^us lui donnez sans courir aifcun hasard, que de s'exposer au jugetnenj (fe la loi en essayant de prendre une plus grande satiifaciion par lui-
même. Voilà donc un bienfait accessoire qui résulte du soin de procurer un redressement juridique. Les. représailles sont prévenues. Couvert du bouclier de la justice , le trausgresseur, après son délit, se trouve dans un état de sûreté comparative sous la protection de la loi.
Il est assez évident que mieux on a pourvu au redressement légal, plus on a diminué le motif qui peut inciter la partie lésée à se le procurer par ellemême. Que chaque peine qu'un homme est exposé à souffrir par la conduite d'un autre fût suivie à l'instant d'un plaisir équivalent à ses yeux, l'appétit irascible n'existerait pas. La supposition est évidemment exagérée. Mais, exagérée comme elle Test , elle renferme assez de vérité pour montrer que chaque amélioration qu'on peut faire dans oette branche de la justice tend à diminuer la force des passions vindicatives.
Hume a observé , en parlant des époques barbares de l'histoire d'Angleterre, que la grande difRculté était d'engager la partie lésée à recevoir satisfaction ; et que les lois qui concernaient les satisfactions avaient autant en vue de borner le ressentiment que de lui procurer une jouissance.
Il y a plus : instituez u^ peine légale pour une injure, vous donnez lion à la générosité ; vous créez une vertu. Pardçnner i&e injure quand la loi offre une*satisfaction,X!^est reprendre sur son adversaire une espèce de supériorité par l'obligation qui en résulte. On ne peut plu% attribuer le parj||oil à la faiblesse; le motif est au-dessus du sou|f(di).
2o plDcurer un redressement compétent pour. les iujores qui aiCSquent le poftt d']|ODneur en particulier.
Cette cla^e d'iiljures demande 4flie atftntion d'autant plâs jMrticulière qu'elles ont imè teodance plus marcpiée à provoauer les passions vindicatives. J'en ai dit assez dans le second livre, ch. XIV, pour me dispenser d'y revenir.
A cet égard, la jurisprudence française a ité longtemps supérieure à toutes les autres.
La jurisprudence anglaise est éminemment défectuejuse sur ce point. Elle ne connaît pas l'honneur. Elle n'a aucun moyen d'estimer une insulte corporelle que par la dimension de la blessure. — Elle ne soupçonne pas qti'il y ait d'autre mal dans la perle de la réputation, que la perte de l'argent -J qui peut en être la conséquence. — Elle considèfc 5 r,3rgent comme le remède à tous les mafUiL, le pal-^ lialif de tous les affronts, l'équivalent de toutes les insfrites. — Celui qui n'en a pas reçu n*a rien 'du tout ;#elui^iquel on en a donné ne peut mani(uer j de rien, — Nulîp réparation que pécuniaire.v-^^àisM il ne féul pas reprocher à la génération pr4seil,l^'l^
SE SATISFASSE SANS MlJÉJUDlCE;