‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 193 sur 547 · FAIRE EN SORTE QU*UN DÉSIR DONNÉ · texte numérisé non relu

FAIRE EN SORTE QU*UN DÉSIR DONNÉ

Si vn homma a été m\$ en jusiice, ac^sé d'un crime d'indigence, lors même quil serait absous, on doit exig^er de lui qu'il rende compte de ses moyens de subsistance, au moins pour le« six derniers mois. S'ils sont honnêtes , ceUe recherche ne peut leur faire aucun tort ; s'ils ne le mut pas , il faut agir en conséquence.

Pour la fa^ité de trouver de l'occupation , les f^mes ont un déstyantage particulier, principalement celles d'une condition un peu au-dessus ilu.,^ travail ordinaire/Les hommes, Ikfa^t plus d'activité, plus de^liberté, plus-éle dextérité peut-être, s'eftiparent même des travaux qui conviendraient 1^ mieux au sexe, et qur sont presque indécents entre les mains d'un homme. On voit de» homqies vendre des jouelft d'enfants , tenir des boutiques de mode , faire des souliers de femmes , des corps de femmes , des robes de femmes. Ce sont des hommes qui remplissent la fonction de sages-femmes. J'ai souvent douté si llnjustice de la coutun^s ne pourrait pas être redressée par la loi , et si les femmes ne devraient pas êire mises en possession de c^s moyens de subsistance à Texclusi^ii des hommes. Ce serait un moyen indirect' d'obvier à la prostitution, en ménageant aux femmes des occupations convenables.

La pratiqua d'employer des hommes comme accoucheurs, qui a excité des réclamations si vives , n'est point encore généralement adoptée, excepté dans les premières classes, où l'anxiSté eû plus grande , et dans les dernières quand le danger parait éminent. Il serait donc dangereux de donner une exclusion légale aux hommes , au moins jusqu'à ce qu'on eût formé parmi les femmes des élèves cai'ables de les remplacer.

Par rapport au traitement des pauvres , on ne paut point proposer de mesure universelle : il faut se déterminer par les circonstances locales et nationales. En Ecosse, à rtxceplion de quelques grandes villes , le gouvernement ne se mêle pas du soin des pauvres. En Angleterre, la taxe pour eux monte a plus de trois millions sterling *. — Cependant leur condition est meilleure enlÈcosse qu'en Angleterre. L'objet esltnieux rempli par les mœurs que par les lois. Malgré les ineonvénients du système anglais , on ne peut pas ytenoncer tout d'un coup, autrement la moitié des paufres périrait avanàque les habitudes nécessaires de bienveillance et de frugalité'eussent pris racine. En Ecosse l'influence du clergé est trèssalutaire : n'ayant qu'un salaire médiocre et point de dîmes , les cui'és sont connus et respectés de leurs paroissiens. En Angleterre, le clergé étant riche et ayant des dîmes, le curé est souvent en

* EHe a bien augmenté depuis. Il y a eu dei années où elle a passé «ix millions.

querelle avec les siens, et les connaît trop peu.

En Ecosse , en Irlande , en France , les pauvres sont modérés dans leurs besoins. A Naples , le climat «auve la dépense du feu , du logement, et presque de rhabillement. Dans les Indes orientales, l'habillement est à peine nécessaire, excepté pour la décence. En Ecosse, Téconomie domestique est bonne à tous égards , hors la propreté. En Hollande, elle est aussi bonne qu'elle peut l'être sous tous les rapports ; en Angleterre , d'un côté les besoins sont 'plus grands qu'ailleurs , et l'économie est peut-être sur unpltis siauvais pied qu'en aucun pays du monde.

Le moyen le plus sûr est de ne pas attendre l'indigence , mais de la prévenir. Le plus grand des services à rendre aux classes laborieuses, c'est d'instituer des caisses d'économie , où , par l'attrait de la sûreté et du profit , les pauvres soient disposés a placer les plus petites épargnes.

Section iii. Venons à cette classe de désirs pour lesquels on ne trouve «a|un nom neutre, aucun nom qui ne présente quelqiw idée accessoire de blâflK ou de louange , mais surtout de b\Ètae : la raison en est facile à trouver. Il n'a pas tenu à l'ascétisme de flétrir et de criminaliser les désirs atlxquefs la nature a confié la perpétuité de l'espèce. C'est la poésie surtout qui a réclamé contre ees usiirpalions , et qui a embelli les images de la volupté ettle l'amour : objet louable , quand elle a respecté ta déœnce et les 'moeurs. Observons cependant que ces penchants ont assez de leur force naturelle, et qu'ils n'dht pas besoin d^re excités par des peintures exagérées et séduisantes. - *

Puisque ce désir est satisfait dans le mariage , non-seulement sans préjudice pour la société, mais d'une manière avantageuse,^ premier objet du législateur, à cet é^d, doit être de faciliter le mariflc;e , c'est-à-dire , de n'y nfUtre aucun obstacle qui ne soit absolument nécessaire.

C'est dans le même esjl^it qu'on <i9it autoriser le divorce soiy les reslrictrons conten^les. Au lieu d'un mariage rompu dans le fait , et (gâ ne subsiste qu'en a^arence , le (livbrcê conduit mKurellement à un mariage réel. Les séparations, pefpnises dans les pays où le mariage est indiss<HaÛe , ont l'inconvénient ,ou de condamner les itidlfi<iuSi.aux.4>riYations du célibat, ou d^les entraîner à des liaisons illicites.

Mais si nous voulons p^ler sur* ce sujet ^lélicat, de bonne foi et avec une franchise plus honnête qu'une ré#erve hypocrite, nous recono^ttrons d'abord q^'il est un ^ge bù rfk>|^me a atteint le développement desesseni, avant, qufft ao|i. esprit soit mûr pour lai^ooduite des al^ireseiiegouvememaot d'une famille. Cela est vrai , surtout darhs les dipsses supérieures de la sociétés Chez les pauvres , le tr^x^il

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