CHAPITRE m
RAPPORTS ENTRE CBS BUlfi,
Ceaqualre objets de la loi sont très-dîstincts pour là pensée, mais ils le sont beauooup moins dans la pratique. La môme loi peut servir à plusieurs, parce lu'ifcsdnt souvent réunis; ce qu'on ftiit, par exemple,
iVéi^Uté peut être cousidérée par rapport à «OQs les ivaaUges qui dépeodeat des loin : égalité politique , ou caillé en fait de droits politffqnes j égalité civile, ou égalité
pour la sûrelé, on le fait pour la subsistance et pour l'abondance.
Mais il est des circonstances où ces objets sont impossibles à concilier, tellement qu'une mesure suggérée par un de ces piMUcipes sera condamnée par un autre. Végalilé , par exemple , demanderait une certaine distribution de biens qui est incorapatiT)l^avec la sûreté.
Quand' cette contradiction existe entre deux de ces buts,- Il faut trouver quelque moyen pour décider de la prééminence : autrement ces principes, au lieu de nous guider dans nos recherches , ne* serviraient qu'à augmenter la confusion.
Dès le premieacoup d'oeil, on voit la subsistance ef la sûrelé s'élever ensemble au même niveau : 'l'abondance el l'égalibé sont manifestement d'un ordre inférieur. Çn effet , sans la sûreté, l'égalité ntëme n'aurait pas "un jdifr de durée : sans la subsiflance , l'abondance ne peut pas'exister. Les deux premiers objets sont la vie même ; les deux derniers sont les ornements de la vie.
Dans la -législation , l'objet le plus important, c'est la^ sûreté; n'cûl-on point fait de lois directes "pour la subsistance, on peut concevoir que personne ne l'aurait négligée. Mais si on n'avait pas fait de lois direcPes pour la sûrelé, fl aurait été bien inutile d^n faire pour la subsistance. Ordonnez de produire , ordonnez de cultiver, vous ne faites rien encore ; mais assurez au cultivateur les fruits de son industrie, et vous avez peut-être fait assez.
La^ sûreté, av«ns-nous dit, a f)lu8Îeurs branches: leÇe lyanchf de la sûreté doit céder à telle autre. Par fxeçiple , la liberté, qui est une branche de la sûreté , devra eàiler à une raison de sûrelé générale, puisqu'on ne peut faire des lois qu'aux dépens Heia liberlé.
On ne p«ut dpnc arriver au plus grand bien que par le ^acrîflc^ de qtieïque bien subordonné. Dis- ^ liûguer^ieUii de ces objets ^uî, selon l'occasion, mérite la«préémiQence , voilà la diffioulté de l'art ; ■ cet tour à tour ils la récbnftnt, el il faut quelquefois un cakul bien conïpUquépour ut pas se tromper sur la préférence due à l'un ou à l'autre.
ï/égaIRé ne doit être favorisée que dans les cas où elle ne nuit point à la sûreté , où elle ne trouble point les attentes que la loi a fait naitre, où elle ne dérange peint la cystribulion actuellement établie.
Si tous les biens étaient partagés également, la conséquence sûre et prompte , c'est qti'il n'y aurait plus rien à partager. Tout serait bientôt détruit.
eti fait de droits civils. Mais quand on emploie ce mot seul, on l'enteod ordinairement dans un sens relatif à la distribution des propriétés.