‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 37 sur 547 · DES LOIS RELATIVEMENT A L^ SUBS1ST\3ICE · texte numérisé non relu

DES LOIS RELATIVEMENT A L^ SUBS1ST\3ICE

Qu'est-ce que la loi peut faire pooriasulisistance? rien directement. Tout ce qu'elle pourrait faire , ce serait de créer des moUfsy c'est-à-dire des peines ou des récompenses, par la force desquelles les hommes seraient portés à se fournir la subsistance à cux-mèn^es; mais ces motife, la nature les a créés et leur a donné une énergie suffisante. Avant qu'on eût ridée des lois , les besoins et les jouissances avaient fait à cet égard tout ce que pourraient faire les lois les mieux concertées. Les besoins , armés de toutes les peines et de la mort même , commandaient le travail , aiguisaient le courage , inspiraient la prévoyance, développaient toutes les facultés

de l'homme. La jouissance, compagpe inséparable de tout besoin satisfait , formait un fonds inépuisable de récompenses pour -ceux quf avaient surmonté les obstacles «t reni|>li le but de la oature.

La forœ de la sanction physique étant suffisante, l'emploi d&la sanction politique serait superflu.

'De plus , les moWh quf dépendent des lois sont toujours plus ou moins précaires dans leor opération. C'est une suite ^e l'imperfection des lois fflêm^s^u de la difficulté deTconstater les &its pour leur appliquer Ja peine o« la récompense. L'espoir de l'impunité se glisse au fond des cœurs dans tous ces degrés intermédiaire par ^psquels il feut passer avant d*arrivg: k fa<yom plissement d# la loi ; mais les efi^ets naturels , qfl'on peut considérer commodes châtiments ou des rëcompenseSf, de la natiire,n'admettent guère d'incertitude : point d'évasion ; point de délai ni de faveur : l'expérience ^annonce l'é^nement, l'expérience, le confirme; chaque jour vient fortifier la kçon de la veille, et funîformité de celte mayhe ne laissa aucune place au doute. Que pourrait-on ajouter par des lois directes à la puigsance constante et irrésistible de ces motifs naturels?

Maisla loi pourvoit indirectement à la subsistance en protégeant les hommes pendant qu'ils tra vâUlent , et en leu» assurant les fruits de leur industrie après qu'ils oqt travaillé. Sûreté pour le travailleur , sûreté peur le^projiiit du travail, voilà le biepteit de la4oi : il est inestimable.

CHJyPITRE V.

DES LOIS RELATrfEHE?rfr A L'ABOtHDANCE.

Fera-t-on des lois pour prescrire aux individus de ne pas se borner à la simple subsistance, mais de chercher l'abondanee? Non , ce serait un emploi bien superflu îles moyens artificiels, lorsque les moyens naturels suffisent. L'attrait du plaisir , la succession des besoins, le désir actif d'ajouter au bien-être, produiront sans cesse, sous le régime de la sûreté, de nouveaux efforts vers de nouvelles acquisitions. Les besoins, les jouissances, ces agents universels de la société, après avoir fait éclore les premières gerbes de blé , élèveront peu à peu les magasins de l'abondance , toujours croissants et jamais remplis. Les désirs s'étendent avec les moyens ; l'horizon s'agrandit à mesure qu'on avance ; et chaque besoin nouveau , également* accoopagnê de sa peine M de son plaisir, devient

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