‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 399 sur 547 · DE LA VOTATION SOMMAIRE ET DE LA VOTATION DISTINCTE · texte numérisé non relu

DE LA VOTATION SOMMAIRE ET DE LA VOTATION DISTINCTE

principale des influeDces tutélaires. C'est là le régime quMl faudrait établir, si l*on voulait assurer la punilioD de la probité et la récompense de la prévarication.

Dans les gouvernements où il y a des assemblées publiques, à c6té d'un monarque puissant dont on redoute Tinfluence, on a pu croire que la voie secrète devait être le régime ordinaire, pour soustraire les membres à Tintérét factice que le monarque peut créer par des menaces ou des récompenses.

Si le monarque peut agir sur l'assemblée par des moyens de force, des emprisonnements, des destitutions , la sûreté n'existe pas , la liberté n'est que nominale. Les membres intimidés trouveront, dans le vote secret , un asile contre Topiiflon publique.

Relativement aux voies de séduction , on peut arrêter celles qui sont publiques par des lois qui excluent de l'assemblée ceux qui possèdent tels ou ^ tels emplois à la nonkiation du prince.

Quant aux faveurs clandestines . à ceH|u'on appelle la corruption , leur danger ne peut jamais être , égal , dans une nombreuse assemblée , au grancl effet ^ antiseptique de la publicité. Le nombre d'hommes qu'on peut réduire à la dépendance par de tels moyens ne sera jamais considérable ; la plupart seront retenus par le frein de la honte , et encore plus par le frein de laMestitfttion , dans une assemblée amovible.

Le prince accorde-t-il des grâces perpétuelles , il. n'achète le plus souvent que l'ingratitude ^. ^orde-tildes faveurs périodiques, ces négocia-

S ns^ secrètes sont trop honteuses et trop périlises pour êtte fréquentes. Une espèce d'honneur enjoint-elle l'observation d'un marché clandestin , une autre espèce d'honneur«B ordonne Tinfraiîtion, au moins dans les cas- où on ne pourrait Fobserver sans heurter ouvertement l'opinion pu()lique.

Dans la chambre des députés de France , on cumule les deux merles de votation. On procède d'abord publiquement par assis et levé. On passe ensuite au scrutin. (Art» 52 et 53 du règlement.)

La France est-elle dans ces drconslanseseiitraordinaires qui justifient la votation secrète? Non sans ^ute. Le scrutin qui succède au vote par assis et levé n'est donc qu'une perte de temps. C'est ime" opération puérile et oiseuse si le résultât doit êtfe le bême que dans le -vote public ; et $i le résultat était différent, cette opposition entre les d«ux- Votés serait la hon^e du (varps où un pareil scandale se seraU'manifesté.

* Le lord ^or^h , après une longue expét-ienoe -.miniitérielle, définissait la recoonaîNance un sentiment très -vif

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