‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 43 sur 547 · DE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

DE LA PROPRIÉTÉ

de le raellre à Tabri d'une perle actuelle , mais qu'il faut lui garantir, autant que possible, ses possessioDs contre les pertes futures. Il faut prolonger ridée de $a sûreté dans toute la perspective que son imagination est capable de mesurer.

Ce pressentiment, qui a une influence si marquée sur le sort de Tbomme, peut s'appeler attente, aUenle de Favenir. C'est par elle que nous avons la facnlté de former un plan général de conduite; c'est par elle que les instants successifs qui composent la durée de la vie ne sont {)as^omoie des points isolés et indépendants^ mais deviennent des parties continues d'un tout. Vattente est une chaîne qui unit notre existence présente à notre existence future, et qui passe même aiyïelitle nous jusqp'à la géoération qui nous suit. La sensibilité de l'homme f%[ prolongée dans tous li^ anneaux de celte chaîne.

Le principe de la sûreté <K)m prend le maintieb de loales ces attentes : it prescrit qde les événements, autant qu'ils dépendent des lois, soient cofiformes aux attentes qu'elle» ont £|U naître.

Toute atteinte portée à ce sentiment prodoit un mal distinct , un mal spécial que nous appellerons, pme d'attente trompée, •

11 faut que les vues des jurisQOOSultes aient été bien confuses , puisqu'ils n'ont jamais donné une attention particulière à un sentiment si jbndasieiUal dans la vie humaine. À ^és^ ce mot d'attente se irouve-t-il dans leur vocabulaire. A peine trouve' ^t-on dans leurs ouvrages un argument fondé sur ce principe. Ils l'ont suivi sans doute à beaucoup d'égards , mais ils l'ont suivi par instinct plus que par raison. S'ils avaient connu son extrême hnportance , ils n'auraient pas manqué de le nommer, de le signaler, au lieu de le laîiier dans la foule.

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