Sophisme des vœux
' Ban and dor ever \
' Le sophisme est le même que dans les cas précédents. Toute la différence est dans lo moyen. Là, une loi irrévocable était fondée sur la force du contrat. Ici, elle est fondée sur la force du serment. L'homme s'est engagé avec Dieu même. Le lien est indissoluble.
L'absurdité de ce raisonnement n'esl pas difficile à démontrer. Le serment pris , le formulaire prononcé, — l'Être tout-puissant devient-il garant de l'exécution? Est-il tenu de punir l'infracteur, ou ne Test-il pas?
De ces deux propositions contraires , quelle est celle que vous adoptez? Si Dieu n'est pas tenu, l'obligation n'a aucune force , le serment ne donne aucune sûreté de plus.
Si Dieu est tenu , observez la conséquence. La
anglicane Tarticle de la damnation universelle pour le crime d*étre né,c*esl-à-direnéen péché originel, — rUnion, selon Blackstone, serait exposée à un danger imminent I
• Voyei Traité* de léçUiailon, art. Promulgation dei raisons des lois.
SOPHISME DES LOIS IRRÉVOCABLES
puissanee dt? ine se troufe liée , et par qui? De tous les insecte» qui rampent sur la terre sous la figure humaiDe, il n'en est pas un qui ne puisse, de cette manièrt, imposer des lots au Créateur de Tuni- ▼ers.
£t à quoi est-il tenu ? — A maintenir les observances les plus frivoles, les plus incorapalibles , ininies en npmbre, absurdes et nuisibles dans leurs contradictions, toutes le» fois qu'il plaît à des législateurs, à des tyrans ou à des fous d'assujettir les homoies à des serments, c'est-à-dire d'assujettir I4 sagesse éternelle à exécuter leurs caprices. "
L'ob%alion qu'on impose à la Divinité n'est , il faut l'avouer, qu'éventuelle. Aussi longtemps que le vœu est gardé. Dieu n'est appelé à aucun exercice de sa puissance, fflais dès que le vœu est>enfreint , il faut que Dieu agisse ; et cette action consiste à Infliger à l'iilfracteur des punitions qui ne produisent rien pour l'exemple, puisqu'elles sont secrète» et infisibles.
La peine, dira-t-on , étant infligée par un juge infaillible et tont-puissant,<«era exactement proportionnelle au dëlK.
Oui ; mais à quel délit? —-Ce n'est pas celui qui consiste dans l'acte prohibé 'par le vœu, car cet acte prohibé peut être en iui-mème non-seulemeal innocent , mais méritofre ; et si cet acte est criminel , il est tel et doit être puni comme tel , indépendamment du serment. Ainsi le délit n'est autre que la profanation de la cérémonie; profanation qui est la même dans tous les cas , dans ceux où le vœu était salulaire, comme daq^ ceux où il était pernicieux.
Tout ce qui procède revient à ceci. Il est absurde de penser que Dieu , dont les lois immuables sont celles de l'intelligence et de la justice, puisse être soumis par les hommes à user de son pouvoir pour être garant des lois absurdes, contradictoires et malfaisantes qu'il leur plaît d'appuyer par la sanction du serigent.
Et comme il^est prouvé que l'institution des lois irrévocables est une des plu'î iunestes inventions du despotisme , il s'ensuit que l'application île la sanction religieuse à ces lois est un délit- contre la religion; car le délit contre la religion consiste à employer cette force contre l'intérêt de l'humanité K
> Les tbéologieDS el le» moraliites ont toujours rangé les serments défendus sous trois classes : faux serments, serments téméraires, serments criminels. Ceux dont il est question ici sont toujours téméraires et peuvent souvent devenir criminels.
> On emploie le mot émanciper pour abréger : il emporte la suppression des lois pénales contre les catholiques, et leur
Je passe maintenant à l'examen d'un cas-particulier.
Parmi les statuts du premier parlemaot de Guillaume et Marie, il en est un intitulé : Jcte pour instituer le serment du couronnement.
La céiémonie est ainsi réglée. L'arcbevèqoe adresse au monarque certaines questions prescrites, et ses réponses également prescrites constituent son serment.
La troisième est dans cette teneur: u Voulez-vous « de tout votre pouvoir maintenir les lois de Dieu, «4a vraie profession de l'Évangile et la religion <( protestante réformée, établie par la loi? Et « voulez-vous conserver aux évèques et au cl<$rgé u de ce royaume et aux églises commises à leur « charge tous les droits et privilèges qui leur « appartiennent et leu^Rppartiendront également « à tous et à chacun? »
Il est des personnes qui ont prétendu que , par 'cette clause du serment, le roi s^était mis dans l'impossibiMté d'émanciper * ses sujets catholiques qui composent plus des trois quarts du royaume d'Irlande, aussi bien que de réformer l'établissement ecclésiastique protestant.
Si la cérémonie du serment pouvait avoir l'eflet qn^on lui attribue, si, en prononçant ces mots iJe promets, je Jure y un roi se mettait dans l'obligation d'exercer sa prérogative d'une manière absolument contraire au bien de ses peuples, en opposition avec tous leurs sentiments , — ne craignons pas de le dire, •— un tel serment serait un crime.
Si une cérémonie de cette nature est obligatoire dans un cas , elle l'est également dans tout autre. Henri VIII, à son couronnement, ayant juré de maintenir la suprématie du pape , n'a jamais pu faire un seul acte légitime pour la réformation. La religion catholique doit être encore la religioa nationale. La volonlé de la nation n'a jamais pu légaliser le parjure de ce monarque.
Mais prêter au serment ce sens anarchique , supposer qu'il a été instilué pour mettre le roi dans l'impuissance de consentir à une loi qui lui est présentée par les deux chambres du corps législatif, imaginer qu'on a voulu renfermer dans cette clause le germe d'une guerre civile , c'est raisonner contre l'évidence.
Il est évident que le parlement, en rédigeant ce
admission à tous les mêmes droits civils et politiques que M protestants. Sous le règne actuel , les lois pénales ont été supprimées , sans (|ue personne ait songé à objecter le serment du couronnement. Maitf quand les catholiques ont réclaméTadmissIon.à tous les droits, on a prétendu que oe serment y mettait un obstacle invimsiUe. Cette objeclloo n*a jamais été faite dans les deux chambres du parlement.