‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 457 sur 547 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

DE l'opinion du GRAND NOMBRE CONSU>éRÉ COMME AUTORITÉ.

Qae dVclios comptas ponr des koonmes !

Lamotik.

Si l'on considère l'opinion d'un seul individu pris dans la masse comme ayant un certain degré d'autorité probante, la force de cette autorité doit s'accroître avec le nombre des îodiridus qui ont la même opinion , et cet accroissement est indéfini comme celui de la multitude.

Hais si, dans la théorie, vous attribuez le plus petit degré de force aux monades élémentaires qui constituent ce corps d'autorité qu'on appelle opinion publique, ou si, en d'autres termes, vous considérez le nombre de ceux qui entretiennent une opinion comme une preuve qui dispense de l'examen, la conséquence en devrait être une entière subversion de Tordre étaUi.

1<» S'il n'était pas bien entendu que la distance , en fait de temps, détruit la force probante de l'autorité du nombre , il s'ensuivrait que toutes les anciennes erreurs devraient être rétablies , p9rce qu'elles ont été universelles : il s'ensuivrait que la religion catholique devrait être remise en vigueur dans les États protestants, que les lois de tolérance devraient être abolies, et qu'on devrait prononcer un veto absolu contre tous lesi^hangements imaginables.

2<> Si la distance, en fait de lieu, n'était pas considCrée, comme détruisant la force probante de l'autorité du nombre , H s'ensuivrait que la religion nahonétane devrait être substituée à le religion chrétienne , ou la religion de la Chine à l'une et à l'autre.

L'autorité du nombre, en matière d'opinion, prise en elle-même , indépendamment de toute preuve , est donc un argument sans aucune force. Si on voulait fui donner de la valeur dans quelque

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