SOPHISME DES DIVERSIONS ARTIFICIEUSES
intention du monde , il fut Fauteur du plus grand de tous les maux , la traite des nègres.
Ob^eryalioot sénérales tur les sophisme* lires des personnalités.
Obseryons que ces. sophismes sont souvent employés comme moyens de défense. Ils servent à repousser d'autres sophismes; et, dans ce cas, ils ont une sorte de justice et d*utilité , puisque leur opération ne tend qu*à détruire le succès illégitime d'une imposture. Fait-on valoir en faveur d'une mesure l'autorité d'un grand nom, il est permis de combattre cette autorité par les considérations qui l'afifôiblissent. On ne fait par là que rétablir la cause au point où elle doit être, en écartant l'influence d'un moyen séducteur, et en réduisant au silence ceux qui ne cherchaient qu'à en imposer.
L'auteur d'une mesure veut-il la faire valoir par une prétention de désintéressement personnel, il sera très-loisible.d(î mettre au jour l'espèce d'intérêt séducteur qui peut être le motif de son action.
Les variations d'un individu ne prouvent rien contre la mesure ({u'il soutient, mais elles prouvent contre lui ; et si son autorité personnelle de rang ou de talent lui donne un ascendant illégitime , il n'y a pas de meilleur moyen de l'affaiblir que de le mettre aux prîtes avec lui-même.
Ainsi, dans le cas où l'un de ces sophismes est le contre-poison d'un autre sophisme , il devient légitime d'en user; mais il ne faut s'en servir que pour amener la question à son vrai point , celui du mérite intrinsèque de la mesure , indépendamment de ces considérations étrangères qu'on peut opposer sans fin les unes aux autres.
Causes de leur asceudant.
Les sophismes de cette classe ne sont si fréquemment employés qu'à raison de leur succès. Mais ce succès , à quoi peut-on l'attribuer ? N'a-t-on pas assez d'expérience pour se défier des personnalités soit injurieuses soit adulatoires ? Ne sent-on pas qu'elles sont étrangères à la question , et ne tendent qu'à la couvrir d'un épais nuage?
Leur succès n'est dû qu'à l'ignorance et aux passions.
lo Pour appliquer à une question des arguments pertinents , tirésdu sujet même|, il faut avoir fait une étude profonde de ce sujet , et posséder la faôullé de raisonner. Mais , pour employer des personnalités, il ne faut ni peine ni recherche. Le plus ignorant est à cet égard de niveau avec le plus savant , si même il ne lui est supérieur. Rien de
plus commode pour ceux qui veulent parler sans avoir la fatigue de penser. Dp reproduit sans cesse les mêmes idées , et l'esprit ne s'exerce qu'à varier les tournures.
2* Des arguments pertinents n'ont en général que peu de prise sur les passions; ils tendent même plus à les réprimer qu'à les flatter. Mettez les personnalités en jeu : celui qui attaque trouTe dans la censure personnelle un attrait d'indépendance et de liberté , ou la jouissance d'humilier des supérieurs ^ « et ne pouvant atteindre à la «t grandeur, il se venge par en médire. » Celui qui loue se plaît à faire cause commune avec de plus puissants que lui , et croit entrer en société a?ec eux par les éloges qu'il leur prodigue.
L'ignorance et l'indolence, la haine et l'amilié, les intérêts communs et contraires, la servile dépendance et l'indépendance jalouse, tout concourt à donner aux personnal^s cet ascendant si général. Plus ou est soumis soi-même à ces passions , plus on est porté à croire à leur influence sur les autres ; et le préjugé le plus légitime contre un individu , est celui qui résulte de son penchant à user de personnalités injurieuses et inflammatoires.
Ces injures politiques tournent souvent an triomphe de l'homme ferme et modéré qui sait les repousser avec dignité* Frappe ^ dit-il, mais écoute. Les personnalités qu'il dédaigne retombent sur l'antagoniste imprudent qui se sera blessé de ses propres armes.