Dea classiftcatioos entassantes
Ce sophisme consiste à attribuer à un individu ou à une classe d'individus une idemité ^opinions
> CuUe,dogme,*oni des termes neutres ; religion, piété, dévotion, sont pris dans nn sens d*éloge ; supefttiUon, cré- • dutHé, fanatisme, aont pris dan%un sens d^ blâm#. Rien de pi us commun que PappNcatlon de ces divers noms aux laénies
ou de dispositions avec d'autres individus, uniquement parce qu'ils sont liés par une dénomioation commune , et sans faire attention aux circonstances qui établissent entre eux des différences essentielles.
Ce sophisme peut opérer dans les- deux sens, c'est-à-dire qu'on peut s'en servir pour créer des partialités soit favorables, soit défovorables; mais comme il est plus nuisible quand il propage la malveillance , c'est sous ce rapport qu'il est plus important de le considérer.
Il a déjà été signalé dans cet ouvrage comme foisant partie du sophisme des personnalités injurieuses. Noacitur ex cognominibus. Mais il est convenable de le ranger sous un chef à part, ne fût-ce que pour faciliter les moyens de le reconnaître.
T>es préventions qu'on reçoit sur le caractère des di(!erentes nations, sont des exemples vulgaires de cette erreur. Qu'est-ce qui peut sortir de bon de Nazareth? disaient les Juifs en parlant de Jésus-Christ.
Rien de plus commode pour les passions que ce mode de raisonner. La plus faible analogie prend le caractère de l'induction ; une ombre paraît une substance.
Dans la fureur de la révolution française, lors|que le vertueux et infortuné J^ouis XVl était entre la vie et la mort, entre autres moyens pour étouffer la conscience publique , on eut recours à celui de répandre avec profusion des pamphlets inflammatoires : un de ceux qui circulèrent le plus était intitulé : Des crimes des rois,
liCS matériaux pour un tel ouvrage ne pouvaient pas manquer, puisque les rois , étant hommes , sont sujets aux mêmes erreurs, aux marnes faiblesses, aux mêmes tentations que tous les homq|es , moins que le commun des homme$ à l'égard de certains délits, mais plus qu'eux à l'égard de quelques autre», à raison d'une plus grande facilité à s'y livrer.
L'auteur de ce libelle odieux ne se proposait pas un examen impartial du caractère des rois. Il voulait tirer, de cet amas d'imputations vraies ou (dusses , un argument qui n'aurait pas laissé sur la terre un seul homme en sûreté. « Les criminels doivent ètr# punis ; les rois sont ^criminels. Louis est roi , donc Louis doit être puni. » Cette logique des passions semble n'appartenir qu'à*des moments de frénésie ; mais elle est beaucoup) plus <^mune qu'on ne pense.
choses, selon les vues de ceux qui parlent. Ce^i est retlgion aux yeux de l*un , est superstition a A yeux de PaAe.
■ Ce sopnisme et les Quatre 8uivaa||se rangent lOHSJe précédent, conme des espèces sons le genre.
SOPHISMES DES TERMES AMBIGUS
Pendant qu'on agitai! en Angleterre la question (le rëraancipation des catholiques, savoir si le quart de la nation , composé de catholiques, devait être tenu plus longtemps dans un état de dégradation sous la religion dominante , un de leurs adversaires publia un ouvrage intitulé : Cruautés des catholiques*
L'auteur, quoique usant de la même logique que celui dont nous venons de parler, n'avait point la même intention. 11 ne voulait point provoquer de vengeance contre les catholiques; son but était seulement de justifier des lois qui les excluent de plusieurs offices civils et politiques , et qui leur impriment un caractère de réprobation. S'il n'avait pas ce Imt , il n'en avait aucun.
On ne peut se faire une idée juste de cet argument (fu'en considérant ses' conséquences dans la pratique.
D'après cela , quel que soit le caractère des catholiques présents et futurs, ils doivent être jugés sur les crimes de ceux qui , dans les siècles passés , ont porté le même nom. L'oppression doit être éternelle. I/amendement le plus parfait leur serait inutile. Qu'importe ce qu'ils peuvent devenir , puisqu'ils De peuvent anéantir le passé , et qu'ils seront toujours responsables de ce qui s'est fait avant eux ?
11 est certain que si les catholiques, en vertu d'une doctrine authentique , se croyaient dans l'obligation de persécuter tous ceux qui professent une religion différente de la leur ; et si des faits récents démontraient qu'ils persistent dans ce principe , on serait justement fondé à prendre toutes les mesures de sûreté nécessaires pour se garantir des effets de cette intolérance.
Si les catholiques d'Mandeet d'Angleterre reconnaissaient ce droit du glaive contre les protestants , s*ils professaient cette doctrine intolérante , il n'y aurait rien que de juste et de légitime dans l'argument qu'on en tirerait contre eux : mais , dans ce cas , k quoi servirait-il d'alléguer la doctrine et la pratique des temps qui ne sont plus? Ce prétendu argument ne s'applique à rien ; car il ne s'agit pas de savoir ce qu'ont été les morts , mais ce que sont les vivants. . ^
En Irlande , où les catholiques forment les trois quarts de la population , il n'y a pas d'exemple , d^ mémoire d'homme , qu'ils aient maltraité les protestants , comme protestants , quoii^'ili aient été tenus par eux dans Un état d'opprestfon bien propre à les irriter. Maïs cet argumeift pourrait ne pas paraître concluant : s'ils ne l'ont pas fait , dirait-on , c'est qu'ilsr n'ont pas pu le faire «avec impunité. *
Il faut donc voir ce qui se passe dans les pays où
ils dominent : il faut observer l'esprit du gouvernement en France , en Allemagne, relativement aux protestants : c'est là un mù^m ilc Jufïcr lus <li2ipasitions aetuelles des calhuliqireij beaiicaup plus sâr que celui qu'on veut tirer ilts évéucmenls passés , â une époque qui fournirait ite quoi faij^e le procès à toutes les dénominations du ohrbtiimisme. Je renvoie à ce qui a été dit uu sophisme iksporjionnalités.