‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 500 sur 547 · Des vagues généralités · texte numérisé non relu

Des vagues généralités

Il y a une espèce de sophisme ^i consiste â employer des expressions vagues et indéterminées dans le cas où la nature de la question admet des termes propres et spécifiques.

Une expression est vague et ambiguë lorsqu'elle désigne un objet qui , considéré sous certains rap-* ports, est bon y et sous d'autres, mauvais. S'agit-il d'examiner si cet objet est bon oft mauvais , c'est tomber dans le sophisme que d'employer ce ttrme ambigu , sans vouloir reconnaître cette distinction.

Prenez pour exemple les termes gouvememenf, lois y morale, religion, — ■ termes si généraux, qui embrassent tant de choses , et , par conséquent» très-susceptibles d'être convertis en instruments d'erreur.

Le genre compris sous chacun de ces termes peut se distinguer en deux espèces, l'une bonne, l'autre mauvaise.

Qui peut nier, en effet, qu'il n'y ait eu et qu'il n'y ait encore dans le monde beaucoup de mauvais gouyernenients , de mauvaises lois, de mauvaise morale et de mauvaise religion?

Cela étant ainsi , celte seule circonstance , qu'un homme attaque lè gouverhement, la loi, la morale, la religion , ne fournit jpas la présomption la plus légère d'un acte à blâmer. Si son attaque n'est dirigée que sur ce qui est mauvais en ce genre, il peut faire du bien , et beaucoup de bien.

Que fait le sophiste? Il écarte avec sdîn cette distinction essentielle; et il impute à celui qu'il combat le dessein de mfnerl d*attaquer ou de détruire le gouvernement, la loi, la moiale ou la religion.

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