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SOPHISMES DES TERMES AMBIGUS
Dans ce cas , le sophiste ne présentera pa^-son argument d*uhe manière directe : il procédera par insinuai km . snns rien âHirmer positivement. Propose-t-an la i éPtiruit! de ijudques abus dans le système actuel du gouvi^rnt mt ot , de la religion ou de là Idi, ce sophiste evrisif vous régule d'une belle oraison , où il exalte la nécessité du gou?ernement, de la reRgion ou de la loi. Quel est le but de cette amplification? Le but est d'insinuer que la mesure proposée a une secrète tendance préjudiciable à Tun ou à l'autre de ces objets de notre respect. Il éveille le sou))^on sans énoncer rien de positif. S'il eût fait une assertion directe , on se serait attendu à quelque raisonnement en forme de preuve ; mais où il n'y a point d'assertion , il n'y a point de preuve à ofFrir, il n'y en a point à demander.
De toutes ces dénominations abstraites et ambiguës , il n'en est point qui plane plus haut dans cette atmosphère d'illusions , que le mot ordre, le bon ordre. Ce mot est d'un usage merveilleux pour couvrir le vide des idées et pour donner à l'orateur un air imposant.
Celui qui parle du bon ordre, qu'entend-il par là? Rien de plus qu'un arrangement de choses auquel il donne son approbation et dont il se déclare le partisan.
Vcrdre n'est que l'arrangement qui existe dans l'objet que l'on considère ; le bon ordre est celui qu^on approuve. Qu'était-ce que le bon ordre aux yeux de Néron 7 Celui qu'il lui plaisait d'établir. Il n'y a point de police gênante, point de règles tyranniques, point d'emprisonnement arbitraire, qui n'aieni été considérés par le despote comme nécessaires au bon ordre, et qualifiés comme tels par les esclaves du pouvoir. L'ordre est le mot favori dans le vocabulaire delà tyrannie. Pourquoi ? Parce qu'il est applicable au bien comme au mal ; parce qu'il ne réveille ridée ^'aucun principe fixe qui puisse servir à motiver la désapprobation «
Au mol ordre, ajoutez social. L'expression parait un peu moins vague, un peu moins arbitraire. Le mot s^ial présente à l'esprit un état de choses considéré commefavOrable au bonheur de la société : mais souvent il n'est employé que pour désigner l'état actuel dans lequel la société existe. €ette guerre, connue dans l'histoire roiAainé sous fe nom de guerre sociale, n'étai^ pas considérée comme
1 FlQsieurs personnes trèf-sincèrement attachées au culte aaglicao , reprochent trois défonts à rétablissement ecclésiastique : t* LVxlréme inégalité des salaires, l^excès et le déficit.—l.*elcèstend â détourner les ecclésiastiques des devoirs de leu^ profession, ei eng^i^e^ comme «ne loterie, un trop grand nombre de personnes à courir celle chance. Le déficit repoussé de cet état les sujets les plus propres à le bien remplir, ou les rend incapables de le remplir comme il faut.
contribuant beaucoup au bonheur public ; mais elle n'en était pas moins appelée la guerre sociale.
intérêt, bien-être, bonheur, bien public, utilité générale, tous ces termes et d'autres semblables conduisent naturellement l'esprit à l'idée d'un but, d'une règle , d'un principe, et même du seul principe par lequel on puisse estimer ce qu'on doit de blâme ou d*approbation à l'état de choses en question. Mais le mot ordre n'a point d'idée accessoire de cette nature qui puisse importuner un despote. Il n'en résulte aucune indication qui serve à guider le jugement.
En Angleterre, le mot établissement {e&Àésm" tique) est souvent enrôlé pour le même service. Ceux qui ne veulent attaquer que ses défauts, sont accusés de vouloir renverser l'établissement même ^.