CHAPITRE IV
DES testaments.
1. La loi, ne connaissant pas les individus, ne saurait s'accommoder à la diversité de leurs besoins. Tout ce qu'on peut exiger d'elle, c'est d'offrir la meilleure chance possible de répondre à ces besoins. C'est à chaque propriétaire , qui peut et qui doit connaître les circonstances où ceux qui dépendent de lui se trouveront après sa mort , à corriger les imperfections de la loi dans les cas qu'elle n'a pu prévoir. Le pouvoir de tester est un instrument mis dans les mains des individus pour prévenir des calamités privées.
â. On peut considérer le même pouvoir comme un instrument d'autorité, confié aux individus pour encourager la vertu et réprimer le vice dans le sein des familles. La puissance de ce moyen , il est vrai, peut être tournée en sens contraire; heureusement ces cas seront une exception. L'intérêt de chaque membre de la famille est que la conduite de chaque autre soit conforme à la vertu , c'est-à-dire , à l'utilité générale. Les passions peuvent occasionner des écarts accidentels , mais la loi doit se régler sur le cours ordinaire des choses. La vertu est le fond dominant de la société ; on voit même des parents vicieux se montrer aussi jaloux que les autres de l'honnêteté et de la réputation de leurs enfants. Tel homme peu scrupuleux dans ses affaires serait au désespoir que sa conduite secrète fût connue dans sa famille, et il ne cesse, au milieu des siens, d'être l'apôtre de la probité dont il a besoin dans ceux qui le servent. A cet égard, chaque propriétaire peut obtenir la confiance de la loi. Revêtu du pouvoir de tester, qui est une branche de la législation pénale et rémunérative , il peut être considéré comme un magistrat préposé pour conserver le bon