‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 83 sur 547 · INTERCOMMUNAUTÉ DE BIENS". ~ SES INCONVÉNIENTS · texte numérisé non relu

INTERCOMMUNAUTÉ DE BIENS". ~ SES INCONVÉNIENTS

On cherche à monlrer les principes sans aborder les délails. Les dispositions doivent nécessairement varier pour répondre à la diversité des circonstances. Toutefois, si on saisit bien un petit nombre de règles , ces dispositions particulières ne se croiseront point, et seront toutes dirigées dans le même esprit. Ces règles paraissent assez simples pour se passer de développements.

1<* Évite;- de produire la peine d'attente trompée.

â*» l4>rsqu*uae portion de co^mal est inévitable , le diminuer autant que possible , en répartissant la perte entre les parties intéressées dans la proportion de leurs incultes.

5"* Observer dans la distribution de rejeter la plus grande part de la perte sur celui qui aurait pu , par des soin? attentifs , prévenir le mal , de manière àifmnrr la négligence.

4^ éviter «urtout de 4>roduire un mal accidentel plus grand que celui même d'attente trom- |)ée.

Observation générale.

J>ïous venons de fonder toute la théorie des obligations sur la base de Tutilité. Nous avons fait porter tout ce grand édifice sur trois principes : Besoin supérieur y Service antérieur y Pacte ou Convention, Qui croirait que, pour arriver à des notions si simples et même si familières , il a fallu s'ouvrir une nouvelle route? Consultez les maîtres de la science , les Grolius , les PufFendorf, les Burlamaqui , les Watel , Montesquieu lui-même, Locke, Rousseau et la foule des commentateurs. Veulentils remonter au principe des obligations, ils i^us parlent d'un droit naturel , d'unojoi antérieure à rhomme, de la loi divine, de la conscience, d'un contrat social , d'un contrat tacite, d'un à-peuprès contrat, etc., etc. Je sais que tous ces termes ne sont pas incompatibles avec le vrai principe, parce qu'il n'en est aucun qu'on ne puisse ramener, par des explications plus ou moins longues , à signifier des biens et des maux. Mais cette manière oblique et détournée annonce l'incertitude et l'embarras , et ne met point de fin aux contestations.

Ils n'ont pas vu que le pacte, à parler rigoureusement , ne fait point raison par lui-même, et qu'il lui faut une base , une raison première et indépendante. Le pacte sert à prouver l'existence de l'avantage mutuel des parties contractantes. C'est cette raison d'utilité qui fait sa force : c'est par là qu'on distingue les cas dans lesquels il doit être confirmé, et ceux dans lesquels il doit être annulé. Si le contrat faisait raison par lui-même, il aurait toujours

le même effet ; si sa tendance pernicieuse le rend nul, c'est donc sa tendance utile qui le rend valide.

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