‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 85 sur 547 · DISTRIBUTION DE PERTE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DE PERTE

En Anglelecre, une des améliorations les plus grandes et les mieux constatées, c'est la division des communes. Quand on passe auprès des terres qui viennent de subir cet heureux changement , on est encbanlé comme à Taspect d'une colonie nouvelle. Des moissons, des troupeaux, des habitations riantes ont succédé à la tristesse et à la stérilité du désert. Heureuses conquêtes d'une paisible industrie ! Noble agrandissement qui nMnspirc point d'alarmes et ne provoque point d^ennemis ! Mais qui croirait que dans cette lie , où l'agriculture est en si grande estime, on abandonne des millions d'arpents de terre productive à ce triste état de communauté? Il n'y a pas longtemps que le gouvernement , jaloux de connaître enfin le domaine territorial , a recueilli dans chaque province tous les renseignements qui ont mis au jour une vérité si intéressante et si propre à devenir fructueuse * .

Les inconvénients de la communauté ne se trouvent pas dans le cas des servitudes (c'est-à-dire, dans ces droits de propriété partielle exercés sur des immeubles, comme un droit de passage, un droit sur des eaux), excepté par accident. Ces droite en général sont limités ; la valeur perdue par le fonds servant , n'est pas égale à la valeur acquise pifle fonds dominant, ou, en d'autres termes, l'inconvénient pour l'un n'est pas si grand que l'avantage pour l'autre.

En Angleterre , tel fonds qui , étant freehold (libre), vaudrait trente fois la rente, étant copyhold (rijliral), ne lavant que vingt fois. C'est que, dans ie dernier cas , il y a un seigneur possédant certains droits, lesquels établissent une espèce de communauté entre lui et le propriétaire principal. Mais il ne faut pas croire que ce qui est perdu par le vassal, ^\i gagné par le seigneur : la plus grande partie tombe entre les mains des gens d'affaires, et se consome en formalités inutiles, ou en vexations minutieuses. Ce sont des restes du système féodal.

C'est un beau spectacle, dit Montesquieu , que celui des lois féodales, et il les compare ensuite à on chêne antique et majestueux... Comparons-les {Intôt à cet arbre funeste , ce mancenillier, dont kssucs sont un poison pour l'homme, et dont l'ombrage fait périr les végétaux. Ce malheureux système a jeté dans les lois une confusion , une complexité dont il estAien difficile de les délivrer ; comme il s'est partout entrelacé avec la propriété , il faut iKaocoup de ménagements pour détruire l'un sans fMrter atteinte à l'autre.

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