‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 90 sur 547 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

TUTEUR ET MJPILLE.

La faiblesse A^ l'enfance exige une protection continuelle. 11 faut tout faire pour un être imparfait qui n% fait encore rien pour lui-même. L'entier développement de ses forces physiques prend plusieurs années. Celti de ses facultés intellectuelles est encore plus lent. A un certain âge, H a déjà des forces et des passions, et n'a pas encore assez

d'expérience pour les régler. Très-sensîbîe au présent et trop peu à l'avenir, il faut le tenir sous une autorité plus immédiate que celle des lois; il faut le gouverner par des peines et des récompenses , qui agissent non pas de loin en loin , mais continuellement, et qui puissent s'adapter à.tous les détails de la conduite pendant la durée de l'éducation.

Le choix d'un état ou d'une profession, pour un enfant ^exige encore qu'il soit soumis à une autorité particulière. Ce choix , fondé sur des circonstances personnelles , sur des expectatives , sur les talents ou les inclinations des jeunes élèves, sur la facilité de les appliquer à telle chose par préférence à telle autre, en un mot, sur les probabilités du succès ; ce choix , dis-je , est trop compliqué pour être à la portée d'un magistrat public : il faut pour chaque sujet une détermination particulière, et cette détermination demande des connaissances de détail que le magistrat ne saurait posséder.

Ce pouvoir de protection et de gouvernement sur les individus censés incapables de se protéger et de se gouverner eux-mêmes, constitue la tutelle : espèce de magistrature domestique , fondée sur le besoin manifeste de ceux qui y sont soumis, et qui doit être, composée de tous les droits nécessaires pour remplir son objet, sans aller au delà.

Les pouvoirs nécessaires à l'éducation Sont ceux de choisir un état pour le pupille et de fixer son domicile, avec les moyens de réprimande et de correction , sans lesquels l'autorité ne serait pas eflBcace.Ces moyens peuvent être d'autant plus aisément réduits du côté de la sévérité, que leur applicatiou est plus certaine, plus immédiate, plus facile à. varier, et que le gouvernement domestique possède un fonds inépuisable de récompenses , parce que , dans l'âge où l'on reçoit tout, il n'est point de concession qui ne puisse prendre une forme rémunératoire.

Quant à la subsistance du pupille , elle ne peut dériver que de trois sources, ou des biens qu'il possède en propre, ou d'un don gratuit, ou de son propre travail.

Si le pupille a des biens propres , ils sont adnii nistrés en son nom et pour son avaâlage par le tuteur, et tout ce que fait celui-ci à cet égard, selon les formes prescrites , est ratifié par la loL

Si le pupille ne possède rien , il est entretenu , soit aux frais du tuteur, comme dans le cas le plus ordiq^ir^ OU la tutelle est exercée par le père ou là mère de l'enfant, soit aux frais de quelque établissement de charité*, soit*enfin par son propre travail, pomqie dans le cas où ses services sont engagés dans un apprentissage, de manière que l'époque de non-valeur soit acquittée par l'époque subséquente.

La tutelle étant une charge purenlent onéreuse ,

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