Nous ayons déj i#s en deux grandes s
privatives. Conforn e
«econd liyre traite des premières et le troisième des dernières. On peut se souvenir que les peines corporelles se subdivisent en cinq classes , et les pri- Talives en trois : le second et le troisième livre suivent cette classification. La symétrie de la plus grande partie de l'ouvrage ^%i Téritablement par- 4^ite, quoicra^on ne lui ait fait aucun sacrifice.
V La Bii|Mife classe des peines corporelles se coropose|m8j)eines afflictives simples. Par ce mot l'on doU^fUitendre celles qui consistent principalement danjna douleur physique immédiate, avec peu de mal en outre ; car même les. plus simples ,
• Allusion au Décalogue : Tu ne prendms pas en vain le nom de Dieu,
comme la flagellation , sont accompagnées d'une certaine ignominie produite par l'exposition publique, et qui forme une partie essenlielfe de la peine.
L'énumération de flictives simples se|p On donne la préfère avec une roodificali< par la main d'un exé une trop grande p lion ou â son plui on pourrait sans di l'homme une machi objection.
Les peines afflicti nées relativement ai
ment posées; et desj" \k
trouve qu'elles en p<
sant pour les rendre ,
excepté dans les cas c i-
cables. Eues sont a ,
comme de raison , qi e
convenable pour les e
du délinquant. Elles sont divisibles au point d'être susceptibles de la plus grande exactitude dans la proportion. Elles sont exemplaires à un haut degré^t attirent principalement l'attenlion des classes â qui leur impression est particulièrement salutaire. Sous les autres points de vue», elles n'offrent rien de bien remarquable , excepté qu'elles tendent |Jus â intimider qu'à réformer. Nous pensons que l'auteur n'a pa "
mauvai
Quel neur p nous d chez ai ces sor pire af System conséq reman la dévi afilicti^ déviati sorte, à la sin rait-il de qui moins ignomi
S. La seconde classe se compose des peines afflictives complexes y ou de celles dans lesquelles la douleur physique est accompagnée immédiatement ou suivie de quelque perte , soit de jouissance per-
ii%
EXTRAIT DE LA REVUE JKtolMBOURG
sonnelle, soit de réputalioo. Elles sont de trois sortes , avec diverses subdivisions , loittes très-communes âans ies codes crimii^ls des différents âges du monde. On les inflige en altérant l'extérieur de
ir décoloration j ar dêfiguration , sr une oreille ^ en Q organe sans le uisant la partie.
!S , en les compa- , est très-difficile, s subdivisions. On ont le résultat est .Les défigurations «tioées à marquer les permanentes, sonnement pei^éseules exceptions, ée par l'analogie , î viol ; mais nous avec lui sur ce
5. La troisième classe se compose des peines restrictives^ 1^ plus importantes de toutes , sous tous les points de vue. Elles consistent à empêcher le délinquant , soit de recevoir les impressions qui lui seraient agréables , soit de faire ce dont il a eq^vie.
I^es restrictions aiqsi imposées sont de deux sortes: les empêchements simples, et les empêchements appliqués à la faculté locomotive.
La première espèce de peines est exclusivement bornée dans son application , si on la distingue soigneusement des règlements de police et des lois d'exclusion qu'un esprit 4^ persécution religieuse ou politique a trop souvent engendrés, et dont aucun n'appartient proprement à la classe des peines.
Notre auteur, aprè^. avoir fait observer que les défenses simples sont sdjettes, ou à être éludées, ou à perdre leurs effets de pénalité , et qu'en général elles forment un mode de punition peu convenable, est disposé à ban-
nissement I t des
exemples tir se. Il
consiste à d( ndue
coupable d'u autre
de rester da ; ou ,
en d'autres ^ée à
l'ofPenseur ( aque
lieu où il se e in-
vention qui , »t on
ne peut miei ii des
assassinats , selon le caractère national et les lois du pays où on la mettrait en pratique.
L'autre division , celle des restrictions apportées à la locomotion, renferme cinq sous-divisions : Yem-
pris^mement, dans le sens ordinaire du mot; le qua^Hkprisonnement j ou confinement dans le districFque le délinquant habite ; la relégation^ ou confinement dans quelque autre district du territoire del'État ; Vinterdiction locale, ou bannissement d'un (Ijstrict particulier ; le bannissement da territoire de l'État , soit indéfini, soit défim'y c'està-dire quandJ'individu peut aller où bon lui semble, ou quand on lui permet d'habiter quelque district particulier. Le premier chef ( l'emprisonnement ) est le plus étendu et le plus essentiel de tous.
L'emprisonnement f pour être efficace comme punition , defratt placer le délinquant , pendant un temps limité, sous la restretnle la plus complète, au lieu d'être long et d ^Hy^
On trouve s{if|!dmm à la manière défS^fJl^Kam ^, des ma«x attaf^és à ce mode dejpunnÀn. Ils se divisent en éns^farablés 9 accessoires ^èi^gàusifs. La dernière diTiflib est la plus intéressami e dans
une table de dix articl »o cor-
rectifs correspondant! om de
moyens préventifs.
Lorsqu'on examine »rè8 les
règles générales posé de ce
Traité, on trouve qu'il possède de grands'avantages sous le rapport de la prévention , de la divisibiliié et de la simplicité; mais qu'il est sxtrêmettient défectueux en ce qui regarde Végalité, et que, de la manière dont il est généralement réglé , il n'est ai très-profitable ni irh-exemplaire. Les deux derniers de e des améliorations propose r cette branche importante les apparlienneot à une aul
On p< is , et toujours pour
un tem] avantageusement à
l'empris , Yoàscurilé et la
diète. I que les explicatidte
données >yens pour réformer
les disp Hinquant. Cet obje^
est traité de main de maître. L'exposé des inconvénients qui résultent d'entasser ensemble une multitude de délinquants est également satisfaisant. Les effets que produit cet entassement, d'augmenter les inclinations criminelles , d'affaiblir les freins qui peuvent encore arrêter l'homme non encore par?enii< au dernier degré de la perversité , et (fenseîgnef les arts qui servent à la oonsommation des crimes, sont exposés en détail, avec une plénitude de démonstration extrêmement satisfaisante pour totfl esprit ha-
Ml y a dans Tanglais exhaustive hbthod, méthode épuisante, parce qu^en effet, en pareil cas, M. BenUiam a pour habitude d^épuiser son sujet.
EXTRAIT DE LA REVUE D'EDIMBOURG
bilué à 1i marche régulière des recherches scientifiques. On n'a {dhiais pu rien alléguer contre les conclusions irréfragables en faveur de la séparation des prisonniers que l'iAigmentation de dépense que cette méthode entraînerait. La réfutation de cet arguaient , c'est-à-dire le remède à cet inconvénient, oole moyen d'atteindre le but désiré avec économie, a été l'objet de quelques-unes des améliorations de M. Benlham, auxquelles nous arrivons ainsi par une autre route, qui, de même que la première, se présente en cherchant à appliquer les règles fon* damentales concernant les qualités désirables dans les peines.
Après l'exposé du sptème absurde des frais de prison {pn'sofi fées), l'auteur arrive à l'importante conséquence des principes généraux, qu'il devrait y avoir trois sortes de prisons adaptées aux divers objets de la détention simple , de l'emprisonnement temporaire, et de l'emprisonnement perpétuel. La première espèce de prison n'étant applicable qu'aux débi^ttrs insolvables, coupables d'impructince et de prciéigalité^ et aux accusés en attendant leur jugemeoF^la détention n'y devrait être accompagnée d^aucune espèce de rigueur. Le principe fondamental pour distinguer les deux autres espèces , c'est que itants de la seconde sont destinés à rentrer i société , tandis que ceux de la troisième en I jamais exclus, c'est à la nature exemplaire de leurs souffrancesqu'on doit principalement avoir égard. Les noms des trois prisons devraient être différents , de même que leur a^ect extérieur , et tout ce qui peut frapper l'imagination sans éveiller la compassion devrait être réuni , tant dans la construction de la prison perpétuelle que dans la condition de ses habitants. M. Dumont développe cette idée d'une manière éloquente , et l'appuie d'exemples heureusement choisis. Il dit à ce sujet : « Je sais que les beaux esprits rient de toutes ces idées emblématiques; ils les admirent en théorie et les méprisent dans la pratique ; mais il est plus aisé de les attaquer par des railleries que par des raisons. » Des quatre autres espèces de restrictions apportées à la liicalté locomotive, YitUerdiciion locale a été traitée avec les défenses simples. Le quctsi-empri' sonnemenlesi très-peu connu en pratique ; on n'en trouve des exemples que sous les gouvernements arbitraires, et il y est appliqué aux délits politiques. La relégalîon et le bannissement sont d'un usage beaucoup plus fréquent, bien que, chose singulière, ils soient inconnu^à présent dans la législation anglaise. La déporlàtlon est une peine d'une nature toute différente. Le bannissement àt l'espèce nommée indéfinie çxiste dans les lois écossaises.
Examinés d'après les règles générales , la relégation et le bannissement se trouvent extrêmement
défectueux dans presque toutes les qualités essentielles aux peines. Ils ne se recommandent guère que sous le rapport de la réformalion des délinquants ; mais leur grande et manifeste défectuosité souscekii de l'égalité et de l'exemple, les rend applicables à très-peu de cas aux yeux d'un sage législateur. Pour l'économie , ils sont supérieurs à l'emprisonnement tel qu'il est réglé aujourd'hui. On peut dire qu'ils ne coûtent presque rien , mais aussi ils ne rendent aucun profit.
4. L'auteur nous a amenés par 4ifi^érentes routes à un point unique , la convenance de faire en sorte que les délinquants soumis à des peines ne deviennent plus que des objets passifs du châtiment de la loi. Là , nous entrons dans la quatrième classe de peines , celles nommées actives ou laborieuses. Cette classe comprend nécessairement la partie la plus importante de la troisième , le confinement , dont elle est une addition. Les exemples ordiAaires de ces peines, en Angleterre, comprennent l'emprisonnement et la relégation , et dans la plupart des pays étrangers , il y a des cas où elles sont ajoutées au quasi-emprisonnement ; comme lorsque les condamnés sont employés aux travaux publics.
Quand on examine les peines de cette classe d'après les règles générales , on trouve qu'elles réunissent la plus grande somme d'avantages avec le plus petit nombre de défauts. Elles procurent un profit, elles sont suffisamment divisibles , quoique , à cause de l'ignominie qui y est attachée, elles ne puissent être appliquées aux délits très-légers. On peut les rendre extrêmement exemplaires ; elles peuvent, par dessus toutes les autres , contribuer à la réforroation des criminels , et jusqu'à un certain point être rendues analogues au délit , par la raison que ceux qui les subissent sont généralement conduits au crime par des habitudes d'oisiveté et de vagabondage. Sous le rapport de l'égalité , elles ont moins d'avantages; mais on peut obvier à ce défaut par des dispositions judicieuses. Enfin elles sont rémissibles, préventives, et simples dans leur description. Ces avantages sont , jusqu'à un certain point , communs à toutes les espèces de peines actives ou laborieuses , quelque imparfaites que soient aujourd'hui la plupart d'entre elles, pour la conception , comme pour l'exécution ; mais le législateur habile et éclairé est parl%ulièrement intéressé à tourner son attention vers cette classe de peines , parce qu'elles sont susceptibles d'un perfectionnement presque illimité , en observant les principes posés antérieurement.
L'examen de cette branche importante du sujet ne pouvait être mieux amené que par la discussion de ce qu'on peut justement appeler le cas extrême de mal-administration des peines actives; d'un cas où l'on a échoué si complètement , qu'il peut être
EXTRAIT DE LA EEVUE D^ÉDHIBOURG.
excepté de la concludoo générale qu^on Tient de tirer en fa?eur de ces peines. Le lecteur doit Toir tout d'un coup que nous voulons parler de Botanj-Day. Il serait bien à désirer , que le chapitre admirable qui traite de ce sujet fût traduit dans notre langue et publié avec quelques additions tirées des ouvrages précédents de M. Bentham sur la même matière. Il forme, en effet, un tout par lui-même, et contient un tableau tracé de main de maître , de cette déplorable expérience , jugée d*après les principes généraux : il en résulte un<tdémonstration évidente de Terreur signalée qu*on a commise , démonstration appuyée sur des faits , et qui prouve la sagesse des principes en question.
Nous ne pouvons que passer rapidement sur les principaux points de la discussion, et nous désirons sincèrement qu'elle ait pour effet d'appeler sur cette criante atrocité une plus grande portion de ratlenlion publique , qu'elle n'en a encore obtenu jusqu'ici. Nous disons donc que c'est une atrocité que nous commettons plutèt-qu'un mode de punition que nous mettons en pratique , parce que , quelles que puissent être les intentions, le résultat est manifeste : nous fondons , au moyen d'une dépense énorme d'argent, de travail et de souffrance, une société radicalement vicieuse et misérable , et qui devient d'année en année plus perverse et plus dépravée.
La déportation en Amérique, qui se pratiquait avant l'adoption du système actuel, malgré de grands désavantages, était en somme infiniment préférable. Cétait une peine extrêmement inégale, en ce qu'elle devenait exil et servitude pour le pauvre, tandis qu'elle n'était que simple relégation pour ceux qui pouvaient payer leur passage. Elle était aussi défectueuse en ce qui concernait la prévention , parce que les focilités d'évasion étaient nécessairement fort grandes. Sous ces deux rapports , la déportation pratiquée aujourd'hui a évidemment l'avantage; mais, sous tout autre point de vue, elle est ou aussi mauvaise ou bien pire. Elle est exemplaire aussi peu que possible : la disproportion entre la souffrance réelle et apparente, c'est-à-dire l'excès de la première sur la seconde , est effectivement portée au maximum. Le peuple de notre pays voit envoyer un condamné dans une contrée fertile et située sous un beau climat : voilà pour l'exemple. La réalité est que ce malheureux , après avoir pourri dans les pontons pendant un an ou deux , est jeté au milieu de plusieurs centaines d'hommes de son espèce entassés dans une prison flottante ; et s'il échappe aux dangers de la famine, de la peste, de la révolte, enfin du naufrage ou d'une explosiou , qui le menacent pendant une pénible traversée de dix mois, c'est pour mener une
vie marquée tour à tour par la servitude et lÉ T€Mr lion, où des excès de crime et de bfrbarie succèdent è des souffrances inouïes , et , quelque chose qu'on fosse, on est toujours misérslile. Tout cela se passe à l'autre extrémité du diamètre de la terre, et n'opère pas plus sur les habitants de l'An^terre que si cela se passait dans la lune.
On peut facilement apprécier la tendance de la discipline de la colonie pour réformer les condamnés , en les y supposant arrivés. Ils ne sont point séparés des autres criminels, n'ont pas de meilleurs exemples sous les yeux , ni personne pour les surveiller.
L'historien partial de iétablissement naissant, dont il occupait la première magistrature civile *, nous a fourni les détails de ce qui s'y passait, et, en dépit de son penchant à voir tout sous le i^us beau jour, a tracé dans les pages d'un journal de seize années le tableau le plus sombre qu*on ait jamais présenté d*une société humaine. Son livre est un catalogue de crimes , et le serait de^hâtîments, si le parjure n'avait pas ét^assezj^éral pour assurer l'impunité de quiconque nlî< pis pris sur le fait. Le vice était enraciné partout, ainsi qu'une passion pour les liqueurs spiritueuses qui allait jusqu'à la frénésie , et qu'on ne pou«iÉ ni guérir , ni empêcher de se satisfaire. Loin ^Hks condamnés se corrigeassent par leur séjour à Botany-Bay, ce ne fut que dans les premiers temps de rétablissement qu'on aperçut quelques signes d'amendement. 4ussitùt que les premiers arrivés eurent fini leur temps de servitude, leur alGranchissement amena dans la colonie un esprit de désordre et de dépravation qui sembla s'accroître d'année en année.
D'après cela , si ce système de déportation empêche le délinquant de répéter ses crimes , ce n'est qu'en eu transférant le théâtre dans un lieu éloigné, où sa perversité ne fait qu'augmenter ; et si , par rapport à une partie de l'empire , on peut appeler cela prévention, le législateur, dont les soins doivent embrasser le tout , n'a pas le droil'de lui donner un pareil nom. Quant aux dépenses par lesquelles on achète une si grande somme de mal, nous les trouvons estimées , dans les rapports parlementaires, à plus d'un million sterling en dix ans, ce qui fait trente-huit livres sterling par an pour chaque condamné, outre la valeur de son travail. Enfin , il fout dire que la peine infligée est tout à foit différente de celle portée dans la sentence deia loi. Sans parler de la détention qui précède la déportation , ni de l'arrivée , quelquefois ,
t N.Gollins. Son livre contient de« renieigoemenU trètprécieux, et surtout trèt-authentiques.
EXTRAIT DE LA REVUE D'EDIMBOURG
lorsqite le terme de la peine est presque expiré , la faculté de rerenir après Texpiration D*est accordée qu'à fort peu d*hommes , et à aucune femme. On peut se faire une idée des horreurs et des dangers du Yoyage , d*après le taux moyen de la mortalité de 1787 à 1795, qui s*éleva à dix sur cent, et une fièTre de prison , chose toujours probable , qui , en 1799, enleva cent individus sur trois cents. Si nous examinions rétablissement comme spéculation coloniale, nous trouverions ses profits dans la même proportion ; mais cette appréciation serait aussi superflue , après ce qui vient d'être dit , qu'elle serait étrangère au plan de cette enquête.
Étant arrivés, en premier lieu , à la base des perféct^nnements pratiques de M. Bentham , par la roure directe, nous y voilà parvenu^maintenant par un cêté opposé , par le contraste avec le cas où tous les principes sont le plus fortement violés. Les dé|iiils les plus amples concernant ces perfectionnements ayant été publiés dans des traités «éparés et dans le premier ouvrage de M. Dumont, De 80|| point répétés dans le livre que nous examinons; mais on y donne une esquisse générale du plan , pour faire voir sa liaison avec les principes exposés antérieurement, et démontrer ses prodigieux avantages sur le système actuel.
Le panoptlque se distingue par trois qualités principales :
V D'après la forme de l'édifice , et la disposition des cellulesr, l'idspecteur peut à tout moment voir chaque prisonnier sans en être vu , et peat le diriger tans quitter son poste.
S^* IjRministration de l'établissement est donnée à l'entreprise, le gouvernement payant un prix fixé pour toi^s le» dépenses de chaque condamné et l'entrepreneur se réservant tous les profits. Il a la charge Ihtière et la direction du travail ; mais il alloue à chaque condamné une por09>ii du produit.
5* L'entrepreneur est constitué assureur de la fie et de la garde des prisonniers. On lui alloue aoouellement une certaine somme pour chacun de ceux qui doivent mourir, d'après le taux des tables ordinaires de population, et il doit rembourser à la fin de l'année une somme égale pour chacun de ceux qu'il a perdus par décès ou par évasion.
. Si nous ne nous trompons pas, M. Bentham, par son contrat avec le gouvernement, s'était de plus engagé à payer tant par chaque prisonnier qui, après sa libération , se serait feit condamner pour quelque nouveau délit. L'entière publicité de ses comptes était une autre condiliqq sur laquelle il avait insisté. Le panoptique devait être ouvert en tout temps â tous les magistrats, et au public à certaines heures.
En examinant ce plan d'après les règles générales applicables aux peines , on est frappé de la manière dont il s'accorde avec elles toutes. Nous ne nous arrêterons que sur les points les plus saillants de la comparaison. J^ peine y est exemplaire au plus haut degré ; elle est vue et comprise dans son entier ; elle paraît beaucoup plus rigoureuse qu'elle ne Test en réalité , parce que les commodités dont jouissent les prisonniers dans leurs relations mutuelles suivant leur amendement, et qui consistent aussi dans la vie laborieuse , la propreté et le régime sain , contre lesquels ils ont échangé leurs anciennes, habitudes, quoique trèsréelles , ne sont pas de nature à frapper la multitude des observateurs, qui ne voient c(ue le confinement , le travail forcé et l'ignominie. Les effets de ce plan pour réformer les prisonniers sont de toute évidence ; le travail , vers lijquel les prisonniers sont ( ir l'allocation d'une portion de
] ) tempérance de lein* régime , la
I T en classes suivant les divers
4 nduite , les moyens d'Instruction
1 ) qu'offre l'établissement ; toutes
( eut autant de chances pour ra-
cheter ceux de ces malheureux qui ne sont pas encore endurcis dans le crime, qu'on peut raisonnablement l'espérer d'une semblable discipline. Pour ce qui regarde la prévention des délils , l'effet du pano^îgue est complet, tant que les prisonniers y sont rUrerraés ; et comme ce n'est que par la réformation du prisonnier qu'on peut se garantir d'une rechute dans le crime , après la libération , on a imaginé un établissement auxiliaire , admirablement combiné pour parer aux premiers dangers de l'élargissement d'un prisonnier. On le transfère dans cette succursale, où il est plutôt surveillé que gardé , où il jouit de divers degrés de liberté d'après sa conduite , et d'où il finit par pouvoir sortir tout à fait.
Quant aux dépenses nécessitées par ce plan , on peut s'en former une idée par les conditions du contrat de M. Bentham. Chaque prisonnier devait coûter au gouvernement 13 liv. 10 sterling, y compris les frais de construction de l'édifice et l'achat du terrain. Il devait assurer une indemnité aux parties lésées , allouer un quart des profits aux prisonniers , et , après le premier essai , réduire les frais du gouvernement. Des hommes très-versés dai^s les affaires ne doutaient pas qu'on ne pût promptement faire une rlSduction considérable, et qu'au bo^t de très-peu d'années les profits ne couvrissent entièrement les dépenses de rétablissement, de manière que les prisonniers ne coûteraient plus rien à l'État.
Tandis qu'en Angleterre on entravait cette expé-
EXTRAIT DE LA REVUE D'EDIMBOURG
rknet par toutes sortes de délais et d'obstacles, qae des frondeurs et des gens intéressés , qui se qualifiaient de praticiens et d'ennemis des théories et des nouveautés , s'appliquaient à décréditer ce système, on essayait en Amérique des maisons de pénitence organisées d'après des principes semblables, quoique d'une manière beaucoup moins parfaite , et sans quelques-unes des principales dispositions de M. Bentham. On trouve la preuve irréfragable de leurs succès dans les intéressantes relations du duc de La Rochefoucauld Liancourt et du capitaine Tumbull ; le premier très-versé dans le régime des hôpitaux e| des prisons , et l'autre simple observateur ne possédant que les connaissances relatives à sa profession de marin. Tous deux s'accordent à rendre témoignage des résultats avantageux du plan dont il s'agit ; et si nous voulions établir un contraste parfait avec la triste narration de M. Collins , nous ne pourrions certainement mieux faire que de lui opposer les descriptions que ces deux voyageurs ont tracées de la situation des condamnés enfermés dans les maisons de pénitence de New-Tork et de Philadelphie.
5. Les peines capitales composent la cinquième classe. D'autres auteurs ont traité ce sujet beaucoup plus en détail; et comme nous avons eu occasion de le discuter assez amplement en parlant des bills de sir Samuel Romilly , nous lui accorderons ici un peu moins d'attention qu'autrement son immense importance l'aurait exigé. Les' peines de cette classe consistent, ou à infliger simplement la mort avec le moins de souffrance possible, ou à accompagner de tourments la destruction de la vie. La dernière méthode, gui fut générale à une époque, et qui est encore pratiquée dans la plupart des pays , a été heureusement presque abolie chez les deux nations les pins civilisées. En France , le codci Napoléon ne l'autorise que dans les cas de parricide et' d'attentat contre la vie du souverain : à la peine de mort est ajoutée celle du poing droit coupé. En Angleterre , il n'y a que le seul cas tle haute trahtson où de semblables additions soient autorisées. La peine portée par la loi est sans doute barbare à l'extrême ; mais elle est toujours remise, c'est-à-dire réduite à la mort simple. Toutes les cruautés de ce genre ont pour effet d'inspirer la pitié envers le criminel , et de rendre les criminels plus endurcis et plus féroces.
Si l'on examine la peine de mort d'après Jes règles générales , on troute qu'elle a sur toutes les autres peines plusieurs avantages 'importants : par exemple, sous le rapport de la prévention des crimes et sous cekii de l'exemple. Nous tombons d'accord avec l'auteur relativement à ses objections contre la doctrine de Beccaria, qui soutient qu'une
peine de longue durée est plus terrible pour k spectateur. Il est clair que rien n'est aussi terrible que la mort. M. Dumont ajoute que la peine apparente est plus forte que la souffrance réelle. D'un autre côté la peine de mort se distingue par quelques défauts oiajeurs : non-seulement elle est dispendieuse , mais encore elle commence à devenir impopulaire ; elle est tout à Mi irrémissible , et au plus haut degré inégale , et n'est pas susceptible de proportion.
On trouve dans ce chapitre une dissertation trèsbien faite sur la pernicieuse tendance des fréquentes exécutions, sur l'espèce de raisonnement par lequel les criminels, au moment de la tentation, se débarrassent de la crainte de la mort, et sur FéiionBe différence tntre se livrer à une mort certaine et céder à des impulsions qui peuvent y conduire. Les conséquences fâcheuses qui résultent de ce que cette peine est irrémissible sont aussi trèd^iabÛement exposées. Cependant nous trouvons que l'auteur a négligé de foire remarquer combien le défaut de rémissibilit^ ajoute à l'horreur de la p#ie de mort. Il est mamfeste qu'aucune autre peine nxxdut entièrement Tespérance.
En comparant les peines capitales avec les autres, notre auteur donne la préÂ^rence aux dernières presque à l'exclusion des premières. 11 base cette préférence principalement sur ce que, quelque exemplaire que soit en général l'application de la peine de mort , et quelque profonde (|«e soit l'impression qu'elle fait sur l'esprit de la masse des hommes , die n'a pas les mêmes terreurs pour la classe de ceux qui sont dans le cas de conlmettre les crimes les plus odieux , celle des voleurs et des brigands de profession. Nous admett^ps volontiers que l'application de cette peine devrait être extrêmement limitée ; mais nous différons d*alèc l'auteur quand il dit que, pour cette classe d*hommes, l'emprisonnement perpétuel et laborieux aurait plus de terreur que la mort. L'extinction totale de l'existence , sans aucune chance d'évasion , de pardon ou de mitigation , doit toujours être la punition des crimes les plus atroces , et en la bornant à ceux*là , il est hors de doute qu'elle deviendra doublement terrible. Les mauvais effets collatéraux de Tabus de la peine ca[^ale ont été si habilement exposés par sir Samuel RomiNy, que notre auteur passe rapidement sur ce sujet, en renvoyant à l'ouvrage de ce savant criminaKste. Nous en avons nous-m^és parlé très-longuement dans un précédent article.
Dans beaucoup de cas , les peines portées par la loi ne apuraient être infligées. Ainsi^ par exemple, 011 ne peut imposer une amende à l'homme qui ne possède rien. Dans d'autres cas le condamné refuse
EXTRAIT DE LA REVUE D'ÉWMBOURG
de se soumettre à la sentence, comme lorsque le traTaîl en foit partie ; de là la nécessité de peines suppiémentaireseisuàsidim'res. La première doit toujours être aussi égale que possible à la peine primitiTC ; la dernière doit toujours être plus forte que celle à laquelle on Fajoute. Les peines qui confîennent le mieux dans le cas le plus ordinaire , celui du refus de se soumettre à la peine primi- Utc, sont les corrections et autres châtiments corporels. Pour le cas le plus commun d'impossibilité de se soumettre à la peine, celui d'une amende , ce qu'il y a de plus convenable , c'est l'emprisonnement. On prétend qu'une table ou échelle de comparaison entre l'argent et l'emprisonnement peut être établie, en proportionnant la durée du temps de prison à celui qu'il faudrait pour que le revenu ordinaire du délinquant, ou des personnes de la même condition, acquittât l'amende imposée. L'examen des peines subsidiaires termine le second livre de ce traité.
11L Nous voici arrivés à une autre grande division des peines, celles que notre auteur appelle peines prineUîves , et qui consistent plus particulièrement en privations. Elles sont évidemment aussi variées que les objets dont on peut avoir la possession; mais, de même que ces objets, elles sont susceptibles d'être rangées en trois classes, selon qu'elles emportent la péf'te de la réputation , de la propriété ou de la condition. L'auteur adopte de nombreuses divisions et sous-divisions qui se rapportent toutes à cette triple classification, et que par conséquent on peut négliger.
1 . Les peines qui affectent la réputation d'une personne consistent dans des appels à l'opinion publique , et sont des mesures que prend le législateur pour diriger l'opinion contre celte personne^ lia simple c4flj|re à laquelle elle est exposée est uoe souffrance , quoique rien autre chose ne doive s'ensuivre; mavs la conséquence naturelle de cette punitkln, pour celui à qui on l'inflige, est de changer la conduite de ses concitoyens à son égard , et de Texposer à des outrages ou trop fugitif^ ou trop universels nonr être prévenus par la loi , et de le priver de b^ offices qui n'ont aucun rapport avec la loi.
Les peines infligées de la sorte par la spciété sont vivement senties par quelques classes, et quoique trop \|y*nées dans leur action pour être généralement alÉtÎptives , ou pour tenir lieu tie toute autre peine , on peut les employer avec un grand avantage, en les renfermant dans des limites convenables. Le législateur peut les infliger, ou plutôt exposer le délinquant à ce qu'on les lui inflige, soit en déclarant , avec l'aotorité inhérente à Ses fonctions , que certains actes seront regardés comme
infâmes, ou en traitant juridiquement le délinquant d'une certaine manière. On trouve fréquemment des exemples de la première méthode dans les actes des anciennes républiques; la dernière est celle usitée dans les (emps modernes. Elle est mise en I^fatique de différentes manières : par la publication du délit ; par une admonition judiciaire ; en infligeant des peines des autres classes, corporelles ou privatives , dont l'objet immédiat n'est pas la perte de la réputation ; en infligeant ce qu'on peut appeler des peines quasi-corporelles dont le seul objet est Tin fa mie; par la dégradation^ c'est-à-dire en privant le délinquant de son rang naturel ou conventionnel ; en le décréditant, ou en empêchant son témoignage d'être admis* appartenantes à la classe que n celles dont l'unique objet est tioïi , ou dont un des objets e claré tel par la loi.
Ces peines ont quelques gra découvre en les examinant d'à] raies. Le principal est qu'elli proportionnent elles-mêmes. U ressante appartient à cette part les limites delà puissance du lég et former l'opinion publique. C plusieurs délits , quelque se punisse, sont considérés comme peu ou point infâmes; et cependant, parleur nature, ils appartiennent à la classe de ceux qu'on tient le plus généralement pour ignominieux. La contrebande en est un exemple rems que la législature, an mmense pouvoir , et i gnité^oit avoir une ai mander les sentiments semblables préjugés. 1 l'acte criminel , ou plut voque, et où les motif^
pas nécessairement honteux, comme celui de libelle, c'est en vain que le législateur voudrait lutter contre l'opinion bien fondée de la masse du peuple. Le délit est d'une nature trop mixte pour être passible d'une peine ignominieuse.
â. La classe des peines affectant la propriété se compose des peines pécuniaires et quasi-pécuniaires, comme les confiscatfbns de terre, etc. Cette classe ne nous arrêtera pas longtemps. Les peines qu'elle renferme possèdent de grands avantages sous le rapport de la divisibilité , de l'égalité et du profit; mais eHes sont sujettes à quelques défauts graves, en ce qu'elles tendent à affecter d'autres que le délinquant, et qu'elles sont peu exemplaires, excepté dans le cas des confiscations , contre lesquelles d'autres objections seront élevées
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EXTRAIT DE LA REVUE D'EDIMBOURG
ci-après. Quand la peine est infligée par le payement tics frais de justice , Texemple est tout à fait perdu. 5. La perle de la condition ou status est une classé très -étendue , théoriquement parlant, mais, en pratique, restreinte dans d*étroites limites. Toutes les conditions qui naissent de relations crééq^ par les institutions civiles , et même les qualités annexées par ces institutions aux relations naturelles , peuvent être détruites par le magistrat civil. Le mariage peut être dissous , les enfants déclarés bâtards ; le sang peut être corrompu ^ ; les différentes espèces de confiance peuvent être enlevées; une personne peut être réduite en servitude ; une commune ou une corporation peut perdre ses droits y a une autre peine qu*on peut lême chef , mais qui doit être sévèie, à cause de la manière dont elle nt appliquée ; nous voulons parler la loi , soit dans les procès crimies causes civiles. Son extrême Inétnme elle est mitigée aujourd'hui , 1 occasionner des infractions aux le l'homme envers son semblable, nt évidentes , et réclament hautees modifications.
[)ous nous sommrs occupés des peines qui , moyennant quelques restrictions convenables, méritent plus ou moins l'attention d'un sage législateur, à l'exception d'une ou deux, qui, par suite d'une imperfection inévitable dans la classification, nous ont, pour ainsi dire, barré le
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aucune idée fixe et définie. La première classe forme
le sujet dû quatrième livre , et la seconde , celui du
cinquième. La dis|)osilion des matières aurait été
peut-être plus concise et plus satisfaisante, si ces
deux livres eussent été condensés e» un seul.
Il faut observer que quelques peines qui , au premier coup d'œll, paraissent déplacées, ne le
1 F^oyez plus haut, dans ce volume, p. 03 et 99et suiv., des dôlails sur ce que les Anglais appellent la corruption du sang, ■ * Les actes rendus à certaines fpoques par la législature ,
sont point en réalité. Ainsi celles qui , suivant les règles de la responsabilité civile , sont infligées à une personne pour la faute d'une autre sur laqoeile die avait autorité, ne sont réellement que des peines appliquées à la première pour sa négligence coupable à remplir ses devoirs. On doit remarquer en outre que presque toutes les peines affectent plus ou moins d autres personnes que le délinquant; mais le législateur doit faire tous ses efforts pour restreindre ce malheureux débordement, si l'on peut parler ainsi , dans les limites les plu% étroites possibles. Ainsi Ton devrait tenir compte de la condition du délinquant , par rapport â ses relations ^ famille ; et , dans tous les cas où une peine pécuniaire esiifeAigée , on devrait préférer les droits des créanciers à ceux du fisc.
La classe des peines qu'on appelle proprement déplacées renferme celles que le législateur établit dans l'intention de punir une autre personne que le délinquant , soit conjointement avec lui , soit â sa place. Elles sont de quatre sortes : vicaires^ quand elles n'atteignent pas le délinquant ; transitives ^ quand on punit à dessein une personne liée avec le délinquant ; collectives , lorsqu'on frappe un corps*d'individus innocents , sur la présomption que le coupi|ble es fait partie ; fortuites, lorsqu'un innocent est puni de même que le coupable , quoique étraf%er à celui-ci.
Le seul exemple (lu'on donne des peines vicaires, et le seul qui existe , à ce que nous présumons, ^ celui de la peine appliquée aux familles et aux créanciers des suicides par la loi anglaise^. De même que les autres lois absurdes et injustes, celle-ci est presque toujours éludée par le parjure des témoins, ou Texercice de la prérogative du souverain.
L'exemple donné des peines transitives est la corruption du sang. On ne saurait tr^pter nulle part, en aussi peu de lignes, un meilleur exposé de l'absurdité de cette peine. Elle doit souvent être impraticable , dit notre auteur, faute de parents iUr qui elle puisse tomber. En pareil cas , on est forcé de la remplacer par quelque autre augmentation de la peine principale. Alors, pourquoi ne pas préférer cette augmentation dans tous les cas^Getle peine suppose au délinquant des sentiments que ft>uvent il n'a pas. En pareil cas , elle manque totalement son effet , sans qu'il y ait possibilité de le prévoir. Elle est exorbitante par l'étendue de son a^on et la variété de mkix qu'elle produit. Finalement, elle est en opposition directe avec les sentiments populaires , et les tourne promptement en faveur de
et qui portaient condamnatloir de ptrsonnes mortes, appartiennent peut-être à la classe des peines vicaires. L^Anfleterre, TÉcosse et Tlrlande en ont fourni des exemples; rirhnde très-récemment, et l'Angleterre à la restaaraUoo.
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ceux que, dans les seuls cas où elle est applicable, FÉtat est le plus intéressé à rendre odieux. L'ensemble des sciences morales ofPre-l-il une démonstration plus claire et plus concise? Les cas principaux de Tapplication des peines collectives sont ceux où des corporations sont punies pour les fautes de certains de leurs membres ; mesure qui n*est jaÔAais justifiable , excepté dans le cas difficile à supposer où , les délinquants étant inconnus, le mal résultant de Timpunilé serait plus grand que celûfde punir des innocents.
La classe des peines fortuites est plus féconde en exemples , et trois bien connus sont tirés de la loi anglaise. Le plus remarquable peut être la confiscation^ de^ biens-fonds (free^liolds) ^ dans les cas de ha^é'' trahison et de félonie. La confiscation, dans ce ca8,4HP^te jusqu'à Tépoque où le crime a été commii^Ploutes les ventes, cessions et transferts sont amiulés ; de sorte qu'un homme peut commettre secrètement un crime et vendre ensuite son domaine à un innocent acquéreur, entre les mains duquel la couronne ou le seigneur le saisit ensuite, en vlïtu de la coudamnation du vendeur; et, comme ses propriétés mobilières et personnelles sont également confisquées , il n'y a pas de compensation à espérer. Les déodandes sont une autre espèce d'injustice d'une nature semblable ; et la peine à'inadmissibUitë à témoigner est manifestement une de celles qui peuvent tomber plus fortement sur des personnes tout à fait étrangères au coupable, que sur le coupable même. D'un autre côté, elle n'est nullement infligée dans l'unique vue de mettre les cours de jusl^ en garde contre les dépositions de mauvais témoins , car c'est souvent la puniliojukkcrimes qui n'ont aucune relation particulièrei^c la violation de la vérité. Un des exemples les ^us frappants s qui peuvent résulter de| QS le cas cité par rauteinj à un fonds de terre fut cass que le légataire en avait ol u'on découvrit qu'un des t a loi était frappé de cette . , ]iue , comme de raison , ê\i testateur, et probablement de tous les habitants du lieu où il résidait.
îS. Dans le dernier livre, après avoir exposé brièvement las vices des peines comjjflexes , et fait reinarquer que'^eux d'ejître. elles , la mise hors la hiti VinadmissibiUté*à témoigner ^ ont déjà été examinées , l'auteur procède à l'examen dçs deux restantes, V excommunication et la félonie.
Rela|4vemti|jiBI la preiKère , depuis la publication de l'iMfi^ge^il est heureusement arrivé une circonstance qui dispbnse^de lui accorder toute Fattenlion qu'autrement elle aurait exigée. Frappés de
quelques abus extrêmement graves dans l'application de cette peine , plusieurs hommes distingués ont entrepris de lui substituer quelque autre genre de punition. Sir William Scott a présenté un bill au parlement dans cette vue, et il n'y a pas de doute que le mal ne disparaisse bientôt.
Sous la dénomination de félonie y c'est-à-dire, dans le langage du jour, la punition des individus considérés comme félons , se trouvent compris un grand nombre de châtiments très-différents les uns des autres , et notre auteur se plaint de ce que , lorsqu'on dit qu'un homme est coupable ^t félonie, on ne donne aucune idée précise ou intelligible du crime qu'il a commis. Ceci est vrai sans doute; mais nous pensons qu'il pousse son objection trop loin, quand il soutient que la punition d'un individu comme félon est une expression également vague et indéfinie.
La félonie comprend deux sortes de peines : l'une capitale, avec confiscation des propriétés mobilières et immobilières ; l'autre qui n'est pas capitale, mais qui consiste dans la confiscation des biens meubles , et l'application d^ne marque à la main, et à laquelle on peut ajouter , par sentence spéciale, l'emprisonnement , la déportation ou toute autre peine. Il n'y a pas de doute que ie terme de félonie est devenu tout à fait inutile'et même plus qu'inutile , car il semble signifier quelque chose, lorsqu'en réalité il ne présente aucune idée distincte. Tout le monde doit convenir qu'une manière beaucoup plus simple et meilleure de statuer la peine portée contre un délit serait de dire tout d'un coup de quoi elle se compose, et au lieu de déclarer que certains actes sont des félonies , ce qui n'apprend rien , les défendre, et donner l'idée précise de ce que doit souffrir celui qui les commet.
Dans l'analyse que nous vêtions de terminer , il nous a été imposable de donner même un simple échantillon des développements intéressants répandus avec abondance dans tontes les parties de ce traité. 11 ne manque jamais dexemples tirés de l'histoire de tous les siècles et de toutes les nations,
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bien peu Tilluslre président a rhabittide de considérer la valeur des fails qu*il rapproche les uns des autres. 11 s'inquiète également peu du degré d'évidence de ces faits ; il les trouve dans un ouvrage imprimé , et c'est assez. 11 les note sur ses tablettes, et ils Y restent jusqu'à ce qu'il leur trouve une place dans quelqu'un des compartiments du traité , et s'il n'en trouve pas, il faut en faire une, afin qu'ils ne soient pas perdus. Qu'ils viennent de France, du Japon ou du royaume de Bantam ; qu'ils soient évidemment possibles, ou. bien qu'aucun témoignage ne soit capable de nous les faire croire (comme, par exemple, que dans certains pays il y a dix femmes pour un homme ) , tout cela ne signifie rien pour lui ; ce sont également des faits , et ils doivent être mentionnés avec le même respect ^.
Le lecteur de l'ouvrage de M. Benlham p'a jamais à se plaindre de pareille chose. 11 ne rencontre pas non plus des épigrammes et de belles sentences substituées à des propositions philosophiques. En effet, un sens clair, rendu par une expression énergique et même souvent rude , forme le trait caractéristique de ses doctrines.
Si nous considérons combien peu de chose avait été fait , dans cette branche de la science de la législation , avant la publication du présent ouvrage et des parties correspondantes des Traités de législatiouj nous apercevrons encore mieux toute l'étendue de nos obligations envers sqp auteur. Si l'on rassemblait , dit M. Dumont, toutes les remarques sur le même sujet qui se trouvent éparses dans V Esprit des lois y elles rempliraient à peine douzç pages. Beccaria , dont le plan embrasse toute la science de la jurisprudence criminelle, n'a donné qu'une simple esquisse de quelques-unes de ses parties détachées ) et nonobstant la grande libéralité, la hardiesse et souvent la nature judicieuse de ses observations, on est forcéxle regretter qu'il ne traite jamais un sujet complètement , et qu'il n'ait pas été un légiste pratique , défaut presque irrémédiable. Le grand mérite de M. Bentham est d'entrer pleinement dans son sujet, et de n'en
Sa méthode de manier un sujet qui, par analogie mathématique très-peu applicable , a été nommée épuisante (exhaustive ) ^ , est sans doute admirablement calculée pour eu assurer la discussion soigneuse et complète. En l'analysant avec attention , séparant toutes ses parties , et les observant chacune isolément , on évite certainement tout risque de confondre ensemble des idées dfll^ntes, et de négliger aucune des prémisses qui' doivent eontribuer à déterminer la conclusion. Toutefois ceux qui attendent davantage d'un semblable mode d'investigation (efnous vivons souvent cru apercevoir des symptômes de celte attente chez M. Dumont) se trompent , probablement par Ve^i de quelques idées vagues d'une comparaison avec la marche analytique des sciences mathé iqati ques et {liysîques. Mais dans les sciences 4Bil>k qui traitent de la matière et des quantités abstra^ , l'investigateur doit se borner à rechercher les^ssemblances et les différences ; il ne peut comparer les choses qui n'ont pas de commune mesure.
Le chimiste peut dissoudre un corps et le ramener à ses parties constituantes , et le ri^oraliste peut examiner de quelles sortes de souffrances une disposition pénale se compose. Mais si les relations communes de poids et de volume fournissent toujours au premier les moyens d'évaluer les proportions relatives de divers ingrédients simples, le dernier n'a pas de semblables termes de comparaison ; il ne peut dire de combien de parties de douleur et de combien d'anxiété se compose l'ensemble d'une peine. De même on peut tout d'un coup savoir combien il fau(0*ait prendre de parties d*un corps léger pour surpasser en poids une portion donnée d'un corps spécifiquement pl^ pesant; mais on chercherait en vain une réponse précise à la questionjde savoir léSmbien on doit ajouter à une sorte ée peine ou en retrancher pour la rendre égale à une peine d'une autre ^rte. En effet, nous ënumérons et examinons ^ d'après la méthode de M. Bentham , toutes le§|^irconstancc8 qui militent en faveur d'une certaine peine; nous exposons ensuite toutes celles qui lui sont contraires ; mais nous n'avons aucun moyen de comparer exactement les avantages avec les désavantages, ni de retrancher les uns des autres et d'établir la balance. Ainsi en choisissant deux genres de peines , nous pouvons énumérer les circQjustanceç.qui doivent faire pencher pour l'une et pour l'autre , mais nous ne
tt |)éDétré dans les palais de tant de princes de TAsie 7 » OEuvreSf tom. xxxv, pag. SJcrUne cro|Mice implicite de loul ce qu^on Ht dans i!hi8toire anci^^ffiTlest également iqdigne d'an homme a^i^ux.
* Anatylique est un terme plus approprié.
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pouvons calculer la supériorité de celle-ci sur celle-là , ou de celle-là sur celle-ci , et nous pouvons encore moins trouver quelque ligne moyenne exactement déterminée par Topéralion combinée de différentes imitations. Nous sommes dans la situation d*un malhémalicien qui , d'après les données qu*oflFre l'énoncé d*un problème, entrevoit vaguement et généralement les relations qui doivent déterminer la solution , qui aperçoit , par la nature de son équation , que cette solution est renfermép dans certaines limites, qui sait de quelles conditions elle dépend , mais ne peut achever le calcul et arriver au résultat. Qu*on ne pense pas, néanmoins, que cette conséquence nécessaire de la nature différente du sujet enlève rien au mérite de M. Bentham, ni que sa méthode soit de peu d*ulilité, parce qu'elle De peut exécuter des choses impossibles. Elle présente à notre vue tout ce qui exige considération , nous remémore perpétuellement des points sujets à être omis dans les promptes et tranchantes déductions d'investigateurs plus ambitieux , et assure à chaque détail Tattention qui lui est due. Ce n'est pas non plus un petit mérite , que de n'avoir point poussé la méthode plus loin que la nature du sujet ne le permettait. Des esprits inférieurs se seraient facilement laissé entraîner à quelque tentative d'une union extravagante du calcul avec Ténumération , comme ils l'ont été à de bizarres applications des mathématiques à la nosologie et à la morale.
La disposition de toutes les branches du sujet forme une partie nécessaire du plan de l'ouvrage , et prouve une très-grande habitude. Elle fournit des moyens de comparaison , assiste la mémoire , conduit à se former des idées claires , et en préparant les plans que doivent occuper les faits , enseigne à les observer et à se les rappeler, La classification, particulièrement dans la dernière partie de l'ouvrage, est peut-être poussée un peu trop loin , quelques divisions n'étant en apparence composées que tt'exero pies uniques, et un certain défaut d'harmonie se faisant remarquer entre les diverses parties du sujet. En effet, M. Dumont appuie souvent autant sur les di stériles que sur les plus fécondes Toutefois ce^ imperfections sont p elles-mêmes , et elles résultent en ture de la méthode employée par en partie, sans doute, de l'état d dans lequel il a souvent trouvé ses matériaux.
Les gens qui ne font que parcourir un ouvrage ont souvent le malheur de tomber tout d'un coup au milieu d'une des recherches de M. Bentham , et le trouvant occupé à établir une proposition claire et même de toute évidence , ferment le livre comme n'étant qu'une collection de démonstrations d'axio-
mes. Nous dirons, une fois pour toutes, que ce n'est pas en s'y prenant de cette manière qu'on peut aimer ni même comprendre son système. Les parties en sont entièrement liées , et l'évidence et la simplicité de ses propositions prises isolément sont précisément ce qui donne aux conclusions leur justesse extraordinaire.
Un bel esprit pourrait demander pourquoi le géomètre l'arrête pour lui dire que le tout est plus grand que la partie ; et quelques philosophes , amateurs de paradoxes , ont tourné en ridicule la peine que s'est donnée le père de la science pour prouver que la somme de deux côtés quelconques d'un triangle est plus grande que le troisième. Cependant, à l'aide de cette proposition si simple, l'habileté des géomètres qui lui ont succédé nous a amenés à la magnifique découverte que , par des méthodes élémentaires, on peut déterminer la place d'une pbnète dans le ciel pour un temps donné ^; et la chaîne qui lie les axiomes avec la comparaison des solides , les propriétés des courbes , et l'exposition du système du monde, n'est ni interrompue ni surchargée d'aucun anneau inutile.
Dans l'examen analytique du système des peines que nous avons présenté au lecteur , nous nous sommes efforcés de rendre apparente la connexion entre les premiers principes de M. Bentham, et ses inductions pratiques ou ses résultats définitifs. Nous pensons que personne ne soutiendra que sa méthode est un simple enchaînement de vérités triviales ou une vaine parade de classiflcalion stérile, lorsqu'elle nous conduit à une démonstration claire et palpable des imperfections de la principale branche de dispositions pénales connue dans notre pays, et nous met en possession d'un autre mode à y substituer, lequel est inattaquable par le raisonnement, et que l'expérience a prouvé être très-efficace. Et si quelqu'un prétendait que les notions relatives à iadéporiation et la connaissance du panoptique auraient pu être obtenues indépendamment de la théorie, la réponse est facile ; car, en admettant cette assertion, il serait encore vrai que celui qui possède les méthodes indiquées par la théorie est toujours à même de les appliquer à chaque cas nouveau qui se présente à son examen. Ici du moins l'analogie entre les sciences morales et les sciences exactes est parfaite. Le géomètre peut, sans employer les méthodes perfectionnées d'invention moderne , réussir heureusement à résoudre un problème difficile ; mais qu'il s'en offre un autre à son attention , il n'est pas plus avancé d'un pas vers la solution de ce dernier : tandis qu'un mathématicien très-inférieur, à l'aide
1 Forez la solution du problème de Kepler parle docteur
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de ces précieux instruments d'analyse , est prêt à traiter toute question qui peut se présenter, sans éprouver le moindre embarras , et a?ec une certitude raisonnable d'en trouver facilement la réponse. Nous examinerons plus tard la seconde partie de Touvrage de M. Benlham , qui, en effet, forme un traité séparé. En attendant, nous le prierons instamment, de même que son habile coadjuteur, de ne pas différer à publier celles des autres parlies de son grand système de législation qui sont terminées. Le traité de Vévidence * est peut-élre celui qu'on
1 Mot qui, daos Tacceplioa anglaise, 9igDtfio U masse des preuves juridiques dans un procès.
attend avec Timpatience la plus vive et la plus g^énérale. Les recherches de cette nature procurent un plaisir qui fait plus que contre-balancer la peine qu'elles demandent. Outre le charme attaché aux spéculations abstraites , celles-ci ont une relation intime et constante avec les plus précieux intérêts de l'espèce humaine ; et à une époque où , de toutes parts, on ne voit guère que démoralisation et corruption , qu'apostasie ou bassesse , il y a peut-être plus de sagesse que d'égoisme à partager l'apathie générale avec laquelle on parait envisager tout cela, et à diriger notre curiosité sur des siècles écoulés ou des objets différents de ceux que nous avons sous les yeux.