‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 112 sur 468 · RAJSOKS POUR L'ÉCONOMIE DES RÉCOMPENSES · texte numérisé non relu

RAJSOKS POUR L'ÉCONOMIE DES RÉCOMPENSES

dépenses pécuniaires. A-Non donné une pairie, il fout souvent y ajouter une pension , ne fût-ce que pour en soutenir la dignité.

Cest ainsi que la noblesse héréditaire a haussé le taux de toutes les récompenses. Un simple citoyen a-t-il rendu de ces services éclatants qu'on ne peut se dispenser de reconnaître , il faut commencer par le tirer de la classe commune, et Télever auj niveau de la noblesse. Mais la noblesse sans dot n'est qu'un fardeau : il faut donc y «goûter des gratiftealions, des pensions. La redevance devient si grande, si onéreuse, qu'on ne peut pas s'en acquitter sur-le-eharop. fl faut en faire un fardeau dont on charge la postérité.

Jfel est vrai que la postérité doit payer en partie j^^mt^ervices dont elle partage le fruit ; mais s'il n'y F anut point de noble par naissance , la noblesse per- I ''loonelle suffirait. Chez les Grecs , une branche de t .pin , une poignée de persil ; — chez les Romains , quelques feuilles de laurier ou de gramcn , récompensaient un héros.

Heureux Américains , heureux à tant de litres , si, pour avoir le bonheur, il suffisait de posséder tout ce qui le constitue ! cet avantage est encore à vous. Respectez la simplicité de vos mœurs ; gardezvous d'admettre jamais une noblesse héréditaire : le patrimoine du mérite deviendrait bientôt celui de la naissance. Donnez des gratifications , élevez des statues, conférez des titres, mais que ces distinctions soient personnelles; conservez toute la force, toute la pureté de l'honneur; n'aliénez jamais ce fonds précieux de l'Étal en fafeur d'une classe orgueilleuse qui ne tarderait pas à s'en servir contre vous.

Voilà le langage des hommes qui, passionnés pour le mérite, voudraient allumer une émulation généreuse dans tous les rangs de la société. La noblesse héréditaire leur parait une usurpation d'où résulte un découragement funeste ; mats celte insli- Vltion se présente à un observateur politique soirs d'aulrês rapports. Ceux qui regardent la stabilité d'on gouvernement comme le plus grand bien , ceux qui sont effrayés des orages si fréquents dans lesjiènstilu lions républicaines, ceux qui redoutent pTtn.^a fpjie qui ne connaît point de frein que l'égoïsmc qu'd est facile d'.enchalner par lui-même,

' UTpriAdpe d^ Vé§êiii renferme en soi Panarchie. Ce •oui 4oote9 les peltle^ basses <l*inf!Hcnce particiUière qui sonQeBOeiu ta graoïta digue des luis contre le (cfrrent des paijdtei. Cest pour avoir méconnu rmiliKi, pour ne pas «i^e U néccssilë de celle suboidinaUon, que les Français lombèient dans col «^icèf «e folio qui les a livrés à des maux Inouïs, cl qui a porté la désolation dans les. quatre P^tUn du monde. CeH parce qu'il n'y avail plus de 8u|^- ^iori(é i^ôonue eo France qa'il n^ araJt plQs de rtrelé.

estimeront qu'il est avantageux à un grand État de posséder un ordre de citoyens naturellement intéressés, par leur prérogative , à maintenir la tranquillité publique, et qui retienne dans la carrière des travaux une foule de gens qui, sans cet obstacle, se jetteraient dans celle de l'ambition. Sous ce point de vue , rinslilulion de la noblesse héréditaire est une espèce d'opium qui calme ou endort l'inquiélude fiévreuse et les jalousies dont les hommes sont tourmentés lorsciu'ils se regardent tous comme égaux ^.

Il est des États où les récompenses ne sont accordées qu'avec la plus grande économie : tels sont en général les gouvernements républicains , quoique , même dans les démocraties , l'histoire fournisse des exemples frappants d'abus et de prodigalité. Ce que le peuple donne sans trop d'examen à ses favoris , c'est le pouvoir , plus précieux et plus dangereux que les titres d'honneur et les gratifications pécuniaires. Cette maxime , débitée de nos jours: Malheur aux peuples reconnaissants! ne peut avoir un sens raisonnable qu'en la prenant comme un avertissement contre cette disposition du peuple à conférer une autorité illimitée à ceux qui obtiennent pour un moment sa confiance.

Après tout ce que j'ai dit contre la prodigalité des récompenses , je ne, veux pas dissimuler ce qui tend à la justifier.

On peut considérer le superflu en ce genre comme un fonds destiné à une loterie. Avec une dépense comparativement petite, on crée une grande masse d'expectatives, on multiplie dans la société les chances favorables que chacun peut se flatter d'obtenir; et tous les biens, pris ensemble, que sont-ils en comparaison de l'espérance seule? Elle donne la vie et le mouvement au monde moral ; elle remplit les jours et les années , dont les plaisirs n'occupent que des instants fugitifs. Mais cet argument irait-il jusqu'à justifier des impôts qui n'auraient pour but que d'accroître le superflu des grâces? Il serait absurde de faire un mal réel, de dépouiller le peuple de ce qu'il acquiert à la sueur de son front, pour augmenter un luxe de bonheur. Enfin , quoi qu'on pensât de cette loterie , il faudrait toujours en tirer parti pour obtenir des services utiles. L'espérance active vaut mieux à l'individu lui-même que l'espérance oisive. L'une développe

Ce que je dis d même de destruc avec les modifia principaux de la cas où il n'y pas i

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Voyez Traitée

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