CHAPITRE Vif
CU<IQUlfeME RiùGLE POUR LES SALAIRES»
Rans les emplois qui expoêent le ranoUonualfe imblie ft des Wmlatloiis particulières. Il faut que le salaire soit soAsant pour le garantir contre la corruption.
Abstraction faite du bonheur de l'individu , fintérèt du service exige qu'on le mette an-dessus da besoin dans tous les emplois qui lui donnent des moyens d'acquérir par des voies préjudiciables aa public. Si on néglige cette précaution essentielle, peut-on s'étonner que des hommes, pressés par des besoins toujours renaissants , abusent des pouvoirs de leurs places? S'ils se rendent coupables de concussion et de péculat , le reproche en est moins à eux qu'au gouvernement , qui a tendu à leur probité un piège presque inévitable. Placés entre la nécessité de vivre et l'impossibilité de subsister bon* nètement , ils doivent regarder l'extorsion comme un supplément légitime, tacitement autorisé par les chefs de l'État. Les exemples de cette économie mal entendue , et des inconvénients qui en résultent , sont plus fréquents en Russie que dans aucun autre gouvernement.
u M. de Laiinay ( fermier général de Frédéric II ) t( représenta au roi que ses commis visiteurs avaient <( des appointements trop foibles pour vivre, et u qu'il était de sa justice d'augmenter leur salaire; « il ajouta qu'il osait répondre à Sa Majesté que tt chacun alors remplirait mieux ses devoirs, et « que la recette , dans tous ses bureaux , en serait i( beaucoup plus forte à la fin de l'année. — Vous <c ne connaissez pas mes sujets, lui dit Frédéric; « ils sont tous fripons, quand il s'agit de mes inté- «( rèls : je les ai bien étudiés, et je vous réponds qu'ils u mevoleraient sur l'autel. En les payant plus cher, « vous affaiblirez mes revenus , et ils ne m'en volc- (( ront pas^ moins. — Sire , répliqua M. de Launay, u comment pourraient-ils ne pas vous voler? Vous (c ne leur donnez pas de quoi payer leur chaussure! u Une paire de bottes leur cot^le les appointements «( d'un mois; cependant la plupart sont mariés : et u d'où peuvent-ils tirer dequoi se nourrir, eux, leurs «c femmes et leurs enfants, si ce n^est de leur con- « nivence avec les fraudeurs? II y a, sire, une « maxime bien essentielle que l'on perdf|rop faci- <: lement de vue , surtout en matière d'administra- K tion ; c'est qu'en général les hommes ne demaa-
Mais i*aboIiUoD de la dlme, lorsqn*ciIe est établie, «otrat- Derail de grancfes difiBcultés. M. Howlelt a présent4s9ir ce |ioin( des observaUoa» qui méritent bien d*étpe pdMî.