BB LA FERME ET DE LA RÉGIE
Le premier point, avons-nous dit, est d'établir la llaispo la plus étroite entre l'intérêt d'un fonctionnaire et son devoir, et de s'assurer de sa capacité pour le remplir ; après cela , il ne reste plus qu'à réduire les fraisli leur plu^bas terme. Si quelque individu digne de confiàlii^ c'est-à-dire en état de tenir ses engagements, se présente au gouverne-
ment et dit : u Ce service , qui vous
d'hui telle somme , j'entreprendrai
moins de frais, » |Kut-il y avoir
raison pour rejeter cette offre? X
découvrir aucune. Voilà donc deux
posés , l'un par lequel le gouveraen
pour le service en question, avec un
ou un fermier; l'autre par lequel il le fait exécuter
par ses commissaires ou ses régisseurs»
De ces deux systèmes, lequel doit être préféré? Les raisonnements généraux à cet égard ne peuvent jamais être concluants. Il faut savoir de quel service particulier, de quel département il s'agit. Tel service sera mieux exécuté par la ferme^ tel autre par la régie.
A s'en tenir aux principes généraux , on déciderait pour la ferme contre la régie; car, sous le système de la ferme, les intérêts auxquels l'employé veille sont devenus , par le contrat qu'il a fait, les siens propres ; tandis que , sous le système de la régie, les intérêts auxquels l'employé veille restent les intérêts de l'État, c'est-à-dire les intérêts d'autrui. Dans le premier cas , les sous-employés sont les serviteurs mêmes de l'employé principal ; dans l'autre cas, ils ne sont que les serviteurs du public. Or, tt les serviteurs du maître le plus négligent , dit M. Smith, sont mieux surveillés que les serviteurs du prince le plus vigilant. » Si cette observation n'est pas une règle infaillible, elle peut passer au moins pour une règle générale.
Cependant l'opinion publique est peu favorable au système de la ferme. Les épargnes qui en résultent pour l'État ne sont point en vue, tandis que les profits faits par les fermiers sont visibles et très-susceptibles d'être exagérés. Ainsi c'est un point sur lequel le peuple et les philosophes , ceux qui jugent d'aprèa le sentiment et ceux qui font profession de juger d'après l'examen, sont assez d'accord. Les objections contre les entrepreneurs et les fermiers ( car elles portent plus sur les personnes que sur la chose) sont spécieuses.
1« Les fermiers sont opulents. — S'ils le sont trop , il ne faut pas s'en prendre au système même, mais aux conditions du marché qu'on fait avec eux.
2» Les fermiers sont fastueux et orgueilleux. — Qu'importe ? De tels maux inappréciables , ou , pour mieux dire , imaginaires , ne sont pas de ceux que l'on doit admettre dans les calculs politiques. Leur faste appelle beaucoup d'individus à partager leur fortune ^ leur orgueil trouve son contre-poids et sa punition dans l'orgueil de ceux qu'il incommode.
5" Les fermiers excitent l'envie du peuple. — Autre mal incertain et toujours exagéré. Contre la peine d'envier, mettez le plaisir de médire. D'ailleurs, ces sentiments d'antipathie, s'ils existent.