CHAPITRE PREMIER
DIVISION DBS ARTS BT DBS SCIENCES.
Les arts et les sciences n'ont point entre eux ëe démarcation bien précise. Dans l'usage ordinaire, ar^est le mot propre quand il s'agit desopérations pratiques : science , quand il s'agit des .principes spéculatifs, des connaissances intellectuelles: mais il serait difficile de trouver un art sans mélange de science, ou une science sans mélange d'art.
Les arts et les sciences, pris collectivement, et CDTisagés dans leur rapport avec le bonheur, se rangent sous quatre grandes divisions : l'^ arts et scM-nces ^agrément ^ — 2» àeéuriositij — 5" d'tttflUé immédiate, — i'' à'utilité éloignée. Ces quatre branches des connaissances humaines demanilent des soins différents de la part des administrateurs.
1» Sous le nom d'arts agréables , Je désigne ceu» qu'on nomme ordinairement beaux-arts : la musique, la poésie, la peintai^e, la sculpture, l'art dvvmatique, l'architecture et l'art des jardins (considérés dans lenrs parties ornementales), etc. : je ne chercherai pas à compléter cette énumérati^n ; il faudrait entrer dans dis discussions métapl^ysiques qui nous détourneraient du but pHncIptfl. bes Jeux pourraient être compris sous cette classe^
Quoique l'usage ait , pour ainsi dire , forcé de distinguer les arts agréables d'avec lès arts utiles , il ne fout pas regarc us
de toute utilité ; ai nt
Tutililé soit plus ii ic-
cordera-t-on le c [ui
doqne le plaisjr ? en
diminution de leur utililé, c'est qu'elle se borne au plaisir présent ; ils tendent à satisfaire le besoin d'amusement, mais ils sont ixuls|K>nr(eiis les autres besoins de Thomme ; sans aucune valeur pour ceux
qu'ils n'amusent pas, ils n'ont de prix que relative* ment à ceux qu'ils amusent;
â<> Par les arts et les sciences de pure curiosité j'entends , il est vrai, des arts agréables , mais auxquels on serait tenté de refuser d'abord cette qualité, parce qu'elle se cache sous une écorce jBèohe et rebutante. Ce n'est pas que ces arts curieux ne puissent donner autant de plaisir à ceux qui les aiment que les beaux-arts ; mais le nombre de leurs amateurs est plus petit, et , par conséquent, leur goût parait extraordinaire, ou même bizarre. Tels sont le blason, la science des médailles, la pure chronologie , la (^nnaissance de ces langues antiques ou barbares qui n'offrent que des amas de mots, -espèces de clefs qu'on s'amuse à dérouiller, et qui n'ouTrent rien ; enfin , l'étude des antiquités , sans aucun rapport, ni à la politique, ni à la morale, ni à d'antres connaissances agréables ou utiles, etc.
L^utilité , le mérite de tous ces arts, est exactement en proportion du plaisir qu'ils donnent: toute antre prééminence qu'on voudrait établir entre eux serait fantastique. Préjugé à part, le jeu d'épingles, à plaisir serait pc de tout 1 noiibre cent ; qu Elle est fausse, ] le poète vraî , il j le faux chose , enflamm populair est mort( le poète Je sais q ,1a poésie peu près pas ce q