DE LA DIFFUSION DES SCIENCES
Les sciences, comme les plantes, ont un accroissement en deux sens, superficie et hauteur. Pour les plus utiles, ce qui les répand vaut encore mieux que ce qui les avance. D'ailleurs, plus le nombre de ceux qui les cultivent est grand , plus il est probable qu'elles s'enrichiront de nouvelles décou- Tertes. Elles profiteront de mille hasards, qui se perdraient dans un pays où les connaissances seraient rares ; et la subdivision dans les travaux de Tesprit, conséquence naturelle du grand nombre d^hommes éclairés, sera un puissant moyen de perfectionnement.
En supposant un ^iat divisé, pour les sciences, en districts de cinquante milles de diamètre , je Toudrais placer les établissements suivants dans la ville la plus centrale de chaque province :
1* Chaire de médecine ;
â* Chaire de chirurgie et de l'art ({'accoucher ;
5» Hôpital ;
4* Chaire d'art vétérinaire ;
5** Chaire de chimie;
^ Chaire de mécanique et de physique expérimentale ;
7«KIhaire et jardin de botanique et d'horticulture expérimentale;
S" Chaire pour les autres branches de l'histoire naturelle;
9^ Ferme expérimentale.
Le premier bon effet de ce plan serait de fournir à chai|ue district un praticien instruit dans toutes les branches de l'art de guérir. Un hôpital , nécessaire en soi-même, servira de plus aux démonstrati<|iis des professeurs de cette science.
L'art vétérinaire, Tart de guérir appliqué aux animaux de service , exige une partie des mêmes études que l'art de guérir appliqué à l'espèce humaine. Cçt art, cuHiv^n France, est entièrbment négligé en Angleterre. La langue anglaise, en général si abondante, n'a pas même de terme pour
1 Je laisse tubtisler ceci comme faii historique: Celan^est plos vrai : le gouvernemenl a établi , à Loudres , un professeur A<AHt vé(érÎD«ire , et cet établissement , dam lequel il s*estw^ formé beaucoup d^élèves, a le plus f rand suecès.
le désigner. QUialques parlicitHers zdlés ont commencé un ou deux établissements. pour cet objet, mais le^ouvernement n'en a pas senti FiiQporlance. Ainsi le cultivateur reste sans secours contre les pertes si fréquentes auxquelles est sujette la partie la plus précieuse de ses fonds *.
Ceux qui ont quelques notions de chimie savent ccnnbien d'usages domestiques on peut en tirer. Le célèbre Bergman a fait un petit traité sur Fapplication de cette science au service familier de la vie *. Dans les cours que je propose , on s'attachera principalement à cette partie pratique ; on l'appliquera , par exemple, aux travaux de la laiterie , à la conservation des grains et autres produits de l'agriculture; aux moyens de conserver les provisions de toute espèce, de se garantir de la putridité, cette ennemie si cruelle de la santé de l'homme et des parties corruptibles de ses richesses ; aux soins nécessaires pour se préserver des poisons , si sujets à se mêler dans les matières alimentaûes et dans les ustensiles qui les préparent ; à tous les métiers qui travaillent sur les métaux ; aux brasseries , à la préparation des suif^, des cuirs, «les sarons, etc.
La botanique, nécessaire jusqu'à un certain point à la médecine , a de grands rapports avec la chimie et les arts qui en dépendent. Les recherches combinées du botaniste et du chimiste perfectionneront la connaissance des matières végétales et de leurs usages; c'est à eux qu'il faut s'adresser pour trouver, s'il est possible, des matières qui fournissent, à moindres frais ou à un degré plus fort, la ténacité du chanvre et du lin pour les toiles , le cordage et le papier; la qualité astringente de l'écorce de chêne pour la préparation des cuirs ; la qualité colorante de la garance , des galles , des lichens, et ainsi à l'infini." Enfin, c'est le botaniste qui enseigne à l'agrieulteur à distinguer dans* les gramens et d'autres herbes celles qui ont des qualités plus ou moins utiles pour les bestiaux.
Le professeur d'histoire naturelle fournirait bien son contingent de service. C'est lui qui apprendrait au cultivateur à distinguer, dans toutes les provinces du règne animal , ses mis. C'est lui qui , en faisant de tant d'insectes, dont 1< souvent les espérances de d'être, leurs métamorphoses les plus efficaces de les c< enseignerait quel est l'oisq^ii campagnes , et quels sont ci utile anx insectes. Si nous sj
* Ce traité Eut traduit en anglais par M. Beutham. L^ouvrage de M. Chsptal sur le même sujet présente les résultais des connaissances acquises depuis le temps où le savant suédofi a donné le sien.