‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 165 sur 468 · DE LÀ DIFFUSION DES SCIENCES · texte numérisé non relu

DE LÀ DIFFUSION DES SCIENCES

laj^onesse distingoée. Il n'ajpparlient pas à un seul imlividu de changer à cet égard des lois établies par Topinion publique. Tout ee qui lui convient, c^est de resserrer dans les moindres bornes possibles une étendue comparativement stérile, pour avoir plus de temps à donii^ à celles d*iuie importance supérteure.

Mais si le souverain fondait pour les^ sciences réelles les divers établissements dont nous avons parlé, on verrait btentdt se former une nouvelle opinion , qui rivaliseraii "j^'abord afec le pr^gé classique , et ensiAe le si^juguerait.

On pourrait encore atteindre i^ même but par un autre moyen , moins coûteux , mais nouveau , et par conséquent alarmant. II consisterait à prescrire ces différents cours de sciences comme une condition nécetsaïKe pour obtenir de certaines diarges , et en particulier les emplois honoriliques. Ceux qui auraient complété leurs cours recevraient un diplôme , qui , dans les cérémonies publiques , donnerait un droit de préséance.

Dans les temps de barbarie féodale , la guerre étant la seule occupation de tout ce qui n'était pas peuple ou clergé, tes rangs étalent nécessairement militaires. Le chevalier était le guerrier assez riche pour combattre à cheval ; Téciiyer était celui qui , sans être aussi rtch« que le chevalier, avait zsseï de crédit pour être le premier de ses valets : et voilà ce qui constituait la noblesse.

Il serait possible que le savoir donnât les rangs en Europe , comme Tapparence du savoir les donne depuis longtemps à la Chine. La richesse , puissance réttlle , indépendante de toule convention , iniuera toujours sur ce qui détermine le respect. Le savant, à son titre d'honneur, réunira Tidée d'une personne assez opulente pour soutenir la dépense d'une telle éducation. Être dans la classe des lettrés , ce sera être dans la classe des riches. Le savoir, vrai ou présumé, sera la marque distinctive des classes supérieures, comme l'est à la Chine la longueur des ongles.

Mais, dto-t-on, pour apprendre ce fK'on enseigne dans des cours de sciences , il n» sufiRt pas d'y assister : or, tout ce que vous pouvez obtenir des élèves par cette loi , c'est l'assiduité et non pas l'étude.

* A Pauteur avait contenu à réviser des inaouscriif faits depuis ireoie ans , il aurait modifié plusieurs de ses olis«rvalions , qui pitrallronl un peu surannées an Angleterre , et heattcoup pèiis en France.

En Angleterre , il s'est fait, dans cet intervalle , un changement senïjble flans Topinion publique sur rimport4dce comparative des langues mortef etdes vraies connaissances. Les études classiques sont foit respectées : maU c'est un respect plus apparent que réel ; on ne les regard^ plus,

S'il s'agissait de fermer de vrais saTants , ^eette objection serait solide. Mais quel but se ppoposeH-oo? Celui de donner une autre (UrottioQ à l'eDseigDement , de changer une mesure de Avoir inutile contre une mesure égale de savoir utile. Et quand on aura substitué des objets intéressants et agréables à des études infructueuses et insipides , il eat certain que la jeunesse n'étudiera pas moins qu'die ne fait aujourd'hui; le nombre des éducations maoquées ne sera pas, à beaucoup près , dans la mêflie proportion que sous le système actuel.

Je sais quelle émulation on pourrait exciter parmi les élèves en les soumettant à des examens publics; mais je n'ai garde d'étayer par des supplices une institution que sa nouveauté ne rend que trop effrayante^ Ce projet , un peu romanesque , n'a pas besoin d'être surchargé d'un accessoire dont l'aspMt est repoussant et l'utilité problématique.

Les disciples les plus inappliqués , et même les plus stupides , ne peuvent guère assister à un long cours, sans y recevoir quelque teinture d'instruction. Ils se familiariseront du moins avec les termes des sciences , qui en forment non-seulement la première, mais la plus grandedifficulté. lisse formeront une idée générale des grandes divisions du pays qu'ils auront parcouru ; et si , dans la suite, il leur prend fantaisie d'en examiner de plus près quelque domaine particulier, ils connaîtront la route pour y revenir. Comme tout le monde s'occupera de ces sciences, ou fera semblant de s'en occuper, oo aura honte d'une ignorance absolue par rapport wsçl objets des conversations générales.

Rien n'est plus facile que de donner une direction nouvelle aux idées de tout un peuple par des institutions positives. Voyez en Russie , la noblesse de race n'y vaut plus rien. On ne l'a pas anéantie par des lois formelles ; mais on a tourné la considération vers le rang attaché au service. Tout cela s'est fait par des règlements assez simples. A moiiis d'êtire officier, un gentillhomme , quelle que soit sa naissance ou sa fortune , n'^ pas droit.iîe voter ni même de siéger dans l'assemblée de la noblesse. Aussi tout le monde s'empresse à entrer au seruce. Ceux qui ne veulent pas en faire un état, y reAent tout le temps nécessaire pour atteindre le grade qui leur donne ce privilège ^.

hors du collège , que comme un aaeessoire ; et les pèi%s Ni plus éclairés gémissant q«*el(es soient encoro PuniqucA^ d'enseignement dans les écoles publiques.

Il n'y a pas vingt ans que V Institution rcr^il^ a ^ fondée ; i'Éiat n*a rien fait pour elle. Ce sont des indif ida* qui Tonl établie , et desMouicr^tions annuelles qu%la sonliennent. D'autres ItaMitsemenU le sont fSr«i& sur re modèle«C'est une mère «ntourdiH Vvufontt. ht mime^siiHt s'est répandu dam plusieurs ville» où Tona^avait vu régner

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