‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 167 sur 468 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce quatrième livre n^élait pas entré dans le pian de Tauteur comme partie du Traiié des récompenses. C'est toutefois l'application la plus importante des prin< i particulier dans > la concurrenc

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n décrit, d'une manière admirable, les progrès de la société depuis son état de pauvreté primitive jusqu'à son opulence actuefle; il trace la marche de l'industrie dans son cours naturel, de l'agriculture aux manufactures, des manufactures au commerce, et du commerce intérieur au commerce étranger. Au milieu de ces grands et intéressants tableaux, la ptrtie didactique n'est qu'incidente; il seivble «voir craint de former trop tôt un système : il a rassemblé les connaissances élémentaires, et il a laissé à la fermentation du temps le soin de mûrir et d'extraire les conséquences.

L'objet de Smith comportait une heureuse diversité : il a choisi la méthode la plus ornée et la plus facile; mais elle n'est ni la plus courte ni la plus favorable à l'enseignement. Son mouvement n'est point progressif: il revient sou vent sur ses pas ; les esprits \\h lui reprochent une argumentation diffuse, et prétendent que tous ses chapitres sont autant de traités séparés.

VL Benlham s'était fait une carrière plus difficile et plus étroite : il n*a considéré son sujet que sous le rapport de la législation , et s'est attaché unique-

ment à la partie pratique. — Ce que la loi doit être sur tel ou tel point, — ce qu'il faut faire et surtout ce qu'il ne faut pas faire pour que la prospérité nationale atteigne au plus haut degré possible : — voilà son objet. La marche a toute la rigueur didac tique. Il va toujours des définitions aux prîodpes et des principes aux conséquences.

Cette difFérence dans le but n'est pas la seule. M. Bentham a simplifié le sujet, en rapportant tout à un même principe, savoir , la limitation de Vindustrie et du commerce par la limitaUon du capital : principe qui ramène tous les raisonnements dans un 4rès-petit cercle, et qui sert à lier le faisceau des observations , sur lesquelles on a bien peu de prise quand elles sont éparses. Ce n'est point là une découverte. Ce principe est répandu , et, pour ainsi* dire, infusé partout dans Smith; mais on ne l'a énoncé nulle part comme principe dominant; il n'en a pas fait un emploi direct : s'fl l'avait eu nettement sous les yeux, il en aurait fait le centre où tout aurait abouti , et il se serait épargné bien des répétitions et des détours.

Le Manuel de M. Bentham n'avait point pour objet de dispenser de là lecture de la Richesse des nations. La partie historique , en nous montrant l'origine des choses, en nous faftant réfléchir sur les phénomènes de la société , en décomposant la machine pour nous la montrer pièce à pièce » est la véritable base de la science. C'est ainsi que la con- Iraissance de l'anatomie et ileSla physiologie doit précéder la médecine propraiient d ite. J^

J'ai pris de ce Manuel ce qui «ppIMhliaii é mon sujet, et que je n'aurais pu omettre sans y Iai>s9'«u quelque façon une lacune. Mais ce n'est |>as aux forts et aux savants que cette partie est destinée : ils sont au-dessus de ces éléments. L'étude de l'économie politique est devenue.iH>mmune et familière , en comparaison de ce qu'elle éliiit lorsque cet écrit fut composé. Cependant* on v attaque des erreurs qui sont bien loin d'être dllruites , et qui ont une tendance continuelle à se reproduire. Les

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