CHAPITRE V
PRIMES SUR Lk PRODUCTION.
Ce mode d'encouragement.va beaucoup plus loni que les deux premiers dans la carrière de l'absurde.^ En effet, dans les deux cas précédents, c'était une dépense, un risque, sans raiion snffisante pour compter sur le succès, et même^sans raison suffisante, en cas de succès. Mais la prime est une dépense encourue avec la certitude de ne pas atteindre
A U est vrai que ce qu^on ue devrait pas faire pour soutenir une branche dMndnstrie improfilable, on peut le faire pour préreoir la détresse des ouvriers actuellemcfii an-
l'objet qu'on se propose , et même parce qaH est certain qu'on ne peut pas l'atteindre.
Ici ce n'est pas seulement le but qui est absurde, mais encore le moyen ; il a ce caractère particulier de ne contribuer en rien au but.
C'est uniquement parce que le commerce en question est désavantageux qu'il faut donner de l'argent pour le maintenir; car, s'il était avastageu^ il se maintiendrait de lui-même. Le fabricant ne pouvant obtenir pour sa marchandise, de la part de l'acheteur, un prix qui donne le profit ordinaire, le gouvernement lui accorde une gratification pbm compenser la différence.
Que le genre du produit tait avantageux ou Din, la prime n'a point d'effet pour augmenter le pouvoir du producteur. Puisqu'elle est suflléqueiM à la production, puisqu'il la reçoit quand la chose est faite , il est évident qu'il a eu d'autres ressources pour la foire. La prime a pu influer sur son indU nation f mais elle n'a pas contribué à son pouvoir.
On a donné des primes à tel ou tel commerce par toutes sortes^de raisons, à cause de son ancienneté , à cause de sa nouveauté ; — parce qu'il était florissant, parce qu*il tombait en lanfueui^;— parce qu'il était avantageux ; — parce qu'il était onéreux ; —parce qu'il y avait des espértfhces de l'améliorer; —parce qu'il y avait des craintes qu'il n'empirât ; en sorte qu'il n'y a aucun commerce qui ne puisse, par l'im ou l'autre de ces motifs, réclamer ce grnre de faveur dans tous les périodeMe son &istence.
C'est dans le cas d'un vieux commerce que le mal de cette mesure est le plus Horme. Un commerce établi depuis longtemps est en général très-étenda : cette étendue fournit la meilleure raison ^ceux qui sollicitent des faveurs pcAur le soutenir ; ti pour la faire valoir, il doit être représen'ft tout à la focs comme gagnant et cdtome perdant : — gagnant ^ pour disposer à le conserver; perdant y pour disposer à le secourir *.
Pour une branche nouveUe de commerc(ij||Ki d'industrie , rinutilité de la prime est Dans ce cas , pcjint d'apologie qui^orte l^ i d*une apparente nécessité, pi^'^e de pompeuse de son étendue. Tout ce gu'on jftiA alléguer, c'est qu'une fois établi , il senét^^an^il lucratif ; mais ce dont fl a b^oin, c'est de s*âab1lr. Or, pour Téloblir, qutf fa^-on ? On prend des mesures qui ne peuvent avoir leur effet qu'après qu'il sera établi. Que le commerce 4^ question soit en
ployés dans c^lç carrière; mais et sont H djh^hleis piffaitemenl distincts.