‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 177 sur 468 · PRIMES SUR U PRODUCTION · texte numérisé non relu

PRIMES SUR U PRODUCTION

traÎB y il rapportera , dtt-en , 50 pour cent ; mis , pour le mettre en tfïiin, il faut beaucoup d'avances: it en faut de si gi-aiAes, que les capitalistes, à cause du risque de touté^uvelle entreprise, ne le feront Pf9. Que fera le gouvernement? Donnera-t-il un capital? Non , ce serait folie. Prêtera4-il? Non , il courrait trop de hasard; il donnera one prime sur la cho$& c^nd eUe sera fabriquée : jusque-là ,

«-il , nous ne donnons point d'argent. Ainsi aux pour cent que vous gagnerez en vendant votre maroliandise , nous ajouterons une gratification de fb pour cent. Fort bien ; et , au moyen de ce raiéittoement, dans quel période refusez-vous ce accours? Vous le refusez tant qu'il peut être utile ëe le donner ; vous riccordez pour obtfntt qu'une eboee se fasse, et vous ne le donnez que lorsqu'elle est déjà faite par des moyens indépendants de vous»

La déiance et les courtes vues , une disposition soup^inAlSuse et une tète confuse , sont irès-suscepiibles de s'allier, Pourquoi aime-t-on mieux dMiner des primes que faire des avances de capitaux? Par la peur d^tre dupé dans le dernier cas. Si nourf*Uonnons-dix mille livres eterling tout à la fois avant que la cbose soit faite, elle ne «se fera peut-ètrf pas. Pour éviter ce risque, que font*ils? Ils donnent, quand la chose est faite, dix mille livres sterling par ann^ , qui ne leur rentrent jamais.'

Au lieu de produire un bénéfice , la dépense de l'État devient plus onéreuse à mesure que ce commerce prand plus d'étendue. L'encouragement institué est continué par la raison contraire ; d'abord, c'était pour l'obtenir , ensuite c'est de peur de le perAre, Ce qu'il fallait donner en première instance, pov^pwblir était peu de chose ; ce qu'il faut payer pour 1^ maintenir n'a point de terme.

Le capital donné à une nouvelle branche d'industrie, pour une expérience, est toujours comparativement une fritte somme; — mais ce qu'on dj^nne pour prime est toujours , ou du moins 'on ^^père toujours que ce sera une somme considérU>le ; car , à moins qu'il ne se fabrique et ne se vende une grande quantité de cette marchandise , et^par conséquent, à moins qu'on ne paye une g^pde prime pour la faire produire et la vendre , l'objet esl^gardé comme manqué : on estime que la prûj^^P pas répondu à l'attente.

Lors^reParticie est un de ceux qu'on n'ai pas manufacturé sans la prime , autant jtrd^nl autant de perdu; mais si c'est un de ceux que, même |a||s prime, les fabricants auraient- trouvé leurjijSl à fabriquer, il n'y a qu'une partie de la priflirillwoti ]|erdue. Comme elle fait une a<^tion tris^iensible au profit ordinaire du GpdRnerce,elle attire un grand nombre de gens vers cette

entreprise particulière; par leur concurrence , cet article est vendu à meilleur marché , en proportion de la prime même. Dans cet état de chos^, il semble au premier coup d'oeil que la prime ne h^ ni bien ni mal; les individus gagnant par ia réduétion du prix autant qu'ils perdent par l'impôt, qui est la eaiise effective de cette réduction.

Cela serait vrai , si les personnes qui contribuent dans un cas étaient les mêmes qui profitent dans l'autre , si la mesure de ce profit était exactement la mesure de la contribution , et si tout le travail perdu pour toutes ces opérations ne coûtait rien. Mais toutes ces suppositions sont précisément le contraire du fait.

D'après ce qu'on ifient de dire, il est clair qu'une prhne sur la pro^clion ne peut jamais, à la longue, augmenter l'abondance de l'article en question, quelle que soit la diraiaution qui en résulte dans le prix. La récompense que retire le productelr n'est pas plus grande qu'auparavant ; la seule différence e^ qu'ellt lui vient d'une autre main. Ce ne sont pas les individus qui la dpnnent d'une main immédiate , c'est le gouvernement. Sans la prime , ceux qui payent pour l'article sont ceux qui en jouissent ; avec la prime , ils ne payent qu'une partie du prix directemeni, le reste esl payé par le puj)lic en général ', c'est-à-dire plus ou moins , par plusieurs de . ceux qui n'en retirent aucun avantage *.

Quoique la prime sur la production n'ajoute rien à l'abondance d'im article de consommation universelle , elle en diminue le prix pour l'acheteur. Supposez qu'en Ecosse il y eût une prime sur la production de l'avoine, et que la prime fût payée par un impôt sur la bière faite avec ce grain, l'avoine ne sera pas plus abondante qu'auparavant, mais elle sera vendue à un prix plus bas ( quoique le marchand fasse le môme profit), tandis que la bière faite avec ce grain sera proportionnellement plua chère; le consommateur d'avoine ne se trouvera pas plus rithe qu'auparavant; mais, pour le même ' prix , il aura une plus grande quantité de ce graivsous la forme d'aliment , et il en aura nioins sous la forme de boisson.

Je parle ici de l'abondance relative , en propor«( tion de la' consommation ordinaire; je parle du superflu comparé au besoin habituel. Plus cette denrée est à bas prix en comparaison des autres , plus la demande en sera grande. On en produira donc davantage à raison de cette plus grande demande ; mais on n'en fera pas plus que la quanta demandée : la denrée restera donc , pour l'abon-

* Soiilh a fait uae méprise en disant que la prime sur la producliOQ étail uo moyen d'abondance , par où elle valait mkiix que la prime sur PexportatioQ.

PRIMES SUR L'EXPORTATWN.

dance, sur le tflème pied qu'auparavant. SMI faut du sufferflu, c'est-à-dire s'il faut une certaine quantité par delà la quantité produite ordlnaironent , il faut avoir recours à d'autres mesures qn'aux primes de production. On peut insister. •— Mettez une prime sur un objet de consommation universelle, par exemple, sur l'avoine, en Ecosse, vous n'augmenterez pas l'abondance de cette denrée^ mais vous en ferez baisser le prix ; vous prendrez aux classes riches , et vous donnerez aux classes pauvres : car Tavoine, denrée des pauvres, étant l'objet non d'un impôt mais d'une prime , et les artick^s consommés par les riches étant les objets non d'une prime , mais d*un impôt , au moyen duquel la prime sur la production de Tavoine est payée, il en résulte que les pauvres auront à meilleur marché la denrée dont ils font le plus grand usage.

J'ea-eonviens. Mais s'ensuit-il 4^e leur condifion serait améliorée? Point du tout. L'avoine serait vendue au pauvre à plus bas prix, mai» il aanit moins d'argent pour l'acheter. Tous les moyens de subsistance de cette elasse ^e réduisent aux gages de leur travail. Or le taux des gages dépend nécessairament du degré d*opulence que le pays po^ède, i;'est-à-dire de la quantité du capital^ disponible pour acheter le travail en proportion du noMibre de ceux dont le travail est à vendre. Le bas prix résultant de la prime ne sera donc d'aucun avantage pour les salariés , puisque l'opulence du pays * restant la même, si la denrée baisse, ils seront moins payés. Ou , cq qui revient au même, comme il9 travaillent pour une ration d'avoine, ils seraient obligés de donner plus de travail pour cette ration , si elle était à plus bas prix.

On peut résumer en peu de mots tout ce qui concerne ce mode d'encouragement.

Le cours naturel des choses donne une prtVTie pour l'application de l'industrie aux branches les plus avantageuses , pr/m^ dont la répartition sera 4oujours faite de la manière la plus équitable. Si les primes artificielles prennent le même-cours que les primés naturelles, c'est un su|ierflu. Si elles' f)renniiit un cours différent , 'c*est un mal positif.

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