PRIMES SUR L EXPORTATION
Dans le cas des primes sur PesportcUion ^ l'erreur n'est pas aussi palpabk que dans ctfut des primes sur ^a production f mais le i^^^Lf'"' grand. Dgns les detix cas , l'argent est^^pHRut perdu ï la différence est dans Jes personnes ^ le reçoivent.' Ge que vous payez pour la production,
PRIHPS SUR L'EXPORTATION.
les geDf de votre pays en profitent; ce que vous pgrcz pour r.exportaUon, vous le donnez aux éiran- ^s* .Cest un stratagème ingénieux pour engager une nation étrangère à recevoir un tribut de j^re part , sans en avoir la moindre notion : à pcuÇrës GiKnnrK^Virki|dais, qui, pour faire passer une guinée 1^^ , b gUssa subtilement entre deux demi-sous.
£n effet, la nation ^mI paye ces primes n'en retiv« anciin avantage : tout en est perdu « comme si on Teût jeté dans la mer , ou du moios «onune si on %j^eût donné aux étrangers.
Sans cette' prime , Tarticle aurait été exporté , ou il ne Tauraitpas été. Il Vaurait été sî les étrangers avaient voulu en donner un pri^jjul eût acquitté les frais de la fabrication , avec le profit ordinaire du commerce; il ne l'aurait pas été , s'ils n'avaient pjf^offert un prix suffisant. Dans ,1e premier cas, ibaiiraient obtenu l'arlii^e en le payant à sa valeur ; dans le seconcniàs , on n'eût point fait avec eux un eommerce à perle.
Ajoutez une prime à l'exportation et suivez ses effets. !«eséiranger8,f)ui jtisqu'alors avaient trouvé l'aflicm^ipcfaer, pourront être disposés à l'acheter: pourquoi? PafDpe que vous les payez pour les y "'epgager. Plus le gouvernement donne à celui qui I^|K»rte , moins l'étranger qui les reçoit a besoin 4% donner. Of , il est bien clair qu'il ne le pay/^ra fftkvi plus bis prix dont l'exportateur puisse se conienter; il n'a pas besoin de 4onner davantage, gjuiaque , si un marchand reliusait de 4e {purnif à ce prix , un autre serait tout prêt à le faire.
osavt qti'un article de nos manufactures fAt Hé par les nations étrangères avant qu'on entpQs uive prime sur son exportation , que résulterait;;! d*en mettre une? Tout simplement la baisse da prix chez les étrangers. On doqne un» prime d^tfs ptr Cvre de poids sur un article qui se vend cmç par^Iivre de poids : le manufacturier n'aurait pas Ironvé son compte à le vendre à moins de cinq ; il trouvera maintenant le même profita le donner pour quatre y parce que son pr^re gouvernement t conqians^Ja différence. Il le <)oqnéra pour quatre ^ àwce que , s'if ne le faisait pas , un autre le^ ferait , érque, dV>s ce cas, au lieu de le vendre pour cinqj il sertit possible qu'il ne le vendit pas du tout. Afoiif tout «que donne le gouvernement est une épargne nette que font 1^ étrangers : l'effel de Tencouragement est nul : tout ce qui est exporté avec m^^Rme n'est ni plus ni ^oins que ce qui serait expÂSti^ânselTe <.
Qéol(fu^tne prise ne rende^s cette branche de comider^e plus flori^saft^ qu*elle n'aurait été sans
I L^ miftme chose a lieu quand on croit Favoriser une iod' portation de blé, par exemple, en donnant une pr.nie aux
cela, elle jpe la rendra pas moins Borissante : mal^ plus elle deviendi'ait fioiissante, plus la perte qu) en résulterait pour la nation serait grande (c).
On parle souvent de commerces désavantageux ; on en est inquiet; c^est une erreur; il n'est pas possible qu'un commerce laissé ^ lui-même devienne désavantageux à la nation , il faut , pour produire cet effet, l'intervention du gouvernement par des primes et des faveurs ; car , au moment où le négociant ne verrait rien à y gagner , il se garderait bien d'y persévérer : mais s'il est payé par la nation pour le continuer, la quotité de la prime est Texacte mesure de la perte pour le public.
L'Irlandais qui faisait passer sa guinée légère était très-rusé ; mais il y a eu des Français et des Anglais plus rusés que lui , et qui se sont bien gardés de se laisser prendre A sa finesse. Qu'un homme fin s'aperçoive que vous avez à gagner quelque chose avec lui, son imagination commence mécaniquement à travailler pour vous prévenir , sans examiner s'il ne trouverait pas mieux soa compte à vous laisser feire. Paraissez- vous croire que la chose en question est un avantage pour vous, le voilà convaincu qu'elle est un désavantage proportionnel pour lui-mâme , et que le parti le plus sûr est de se laisser guider par votre opinion , sans consulter son propre jugement. Bien instruit de cette disposition du cœur humain , un Anglais fit une gageure, et se tint sur le Pont-Neuf, le passage le plus fréquenté de Paris, offrant aux passants un écu de six francs contre une pièce de deuze sous.. Dans une 3emi-joiirnée , il n'en débita que deux ou trois.
Puisque les individus , en général , sont tellement dupes de leur propre défiance , est-il étrange que les gouvernements , ayant à manier des intérêts qu'ils entendenFet.peu , et dont ils sont si Jaloux , soient tombés dans la même erreur? Un gouvernement , se croyant bien habile , a donné une prime sur un article de son exportation , pour en forcer le débit ohez une nalion étrangère. Qu'a fait cette autre nation en conséquence ? Alarmée' à la vue de ce danger , elle a pris toutes les mesii^s possibles pour le repousser. Quand elle a osé proMber l'article , ellH'a fait , c'est-à-dire qu'elle a refusé les pièces de six francs contre douze sous* Quand elle n'a pas osé prohiber , elle a balancé cette prince par ; une contre-prime sur quelque article de sa propre exportation. N'osant pas refuser lesécusdesix francs pour douze sous, elle<e glissé subtilement quelque petit diamant entre les pièces de monnaie , et par là le trompeur s'est irouvéjittrapé.* ^ ,
precpiers imporlaleurs : e>i^ a Pe£^l d*aogmenter le prix au dehort. , ,
PROHIBiflON DES MANUFACTUBfS RIVALES.
Une émulation de ce genre, peinte 8ou%ses vraies couleurs , dépouillée de cet éclat qui éblouit par la grandeur de Tobjet et la dignité îles agents, semble trop absurde pour être possible : mais , pour un acemple entre mille , je renvoie à ce qui s*ett passé entre TAngleterre et l'Irlande pour le commerce des toiles.