‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 190 sur 468 · Emploi le plus avantageux des capitaux · texte numérisé non relu

Emploi le plus avantageux des capitaux

Nous avons déjà ru i|ue , sous la conduite de Tintérèt individuel , les capitaux prendront une direction plus avantageuse que sous la conduite du gouvernement.

De tous les emplois des capitaux , le plus avantageux à la nation , c'est la culture des terres : il est à la fois , comnie l'a démontré Smith , plus grand enlui-Aèmeet plus inhérent à l'État. Plus grand: car le capitalis te ne s'y vouerait pas s'il ne le troufait à peu près aussi avantageux qu'un autre , et cek, après aToir déduit la rente qu'il paye au propriétaire, montant ordinairement au tiers du produit. Yoilâ ce que l'État gagne à cet emploi , par delà ce qu''il peut gagner à tout autre. De plus, c'est une richesse moins amovible : l'artisan peut emporter son industrie, le marchand ses magasins, le rentier ses capitaux ; le fermier ne peut pas eduporter la terre (à).

Pour concourir à cet objet , que doit foire le gouvernement 7 Rien ; c'est-à-dire , rien comme encouragement positif; car il ne saurait trop ôter les entraves , trop écarter les obstacles mis à l'aliénation des biens-fonds * , ni trop favoriser la conversion des biens communaux en propriétés individuelles *.

La condition la plus favorable à la prospérité de Tagriculture existe quand il n'y a point de substitutions, point de fondations inaliénables, point d'impôt sur les ventes ou les échanges, point de terres communales, point de droit de retrait, point de dîmes , ou de taille , ou de redevances qui mettent l'industHe à l'amende , et lèvent sur le cultivateur une contribution d'autant plus forte qu'il a fait plus d'avances et donné plus de soin à la culture.

' Vojei, sur cet otijet, Traités de iégUlaiion , 1. 1. f * Ibld

A parler en général, les grands terriens s'appliquent peu à l'amélioration de leurs domaines. Les uns laissent en friche pour le plaisir de la chasse une étendue de pays qui nourrirait des centaines de familles ; les autres , prodigues à proportion de leur opulence , donnent tout aux jouissances actuelles, et s'occupent peu de l'avenir. Là où le système des baux et des fermes est sur un bon pied , le mal n'est pas grand ; mais il en est tout autrement quand la régie est entre les mains d'un intendant, encore moins intéressé que les seigneurs à l'amélioration du revenu. Que la grande propriété soit divisée en trois ou quatre parties , les proprié* taires seront animés d*un tout autre esprit. L'aiguillon du besoin les rend intelligents et industrieux. Le seigneur employait vingt jardiniers à produire des ananas, à soigner des boulingrins : cinq fabricants emploieront vingt cultivateurs à produire du blé pour eux et pour cent artisans. Mais qu'on n'imagine pas que je recommande des lois agraires et des divisions forcées : ce serait couper un bras pour le sauver d'une égratignure.

Dans l'échelle de l'utilité publique, en tant qu'elle dépend de la richesse générale, après l'agriculture, viennent les manufactures dont les produits se vendent dans le pays; après celles-ci, les manufactures dont les produits s'exportent, et en dernier lieu vient le commerce de fret. Smith l'a démontré. ' nais il ne s'ensuit pas que ,

< »ive fovoriser une branche

< dans l'écheHe aux dépens

< ve plus bas. Elles exercent t lutres une influence réci- ] s se partagent entre elles i si pour un moment une 1 rantageuse que les autres, un plus grand nombre se porte aussitôt vers ce côté-lâ , et l'équilibre ne tarde pas à se rétablir. Si tel genre d'industrie est plus constamment utile à l'État , c'est parce que le bénéfice lui reste plus sûrement , parce que la richesse qui en provient est plus stable.

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