‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 191 sur 468 · Augnentation de PefflcacUé du Iravail · texte numérisé non relu

Augnentation de PefflcacUé du Iravail

Ce sujet pourrait fournir les détails historiques les plus instructifs et les plus agréables : nous nous bornerons à une simple énumération.

L'effet du travail s'augmente :

1» PaHl'augmentation de la dextérité et du savoirfaire ;

2<* Par l'épargne du temps dépensé en allées et en Tenues, en mouvements superflus ;

DES MOYENS D'ACCROISSEMENT DE LA RICHESSE

S<» Par rinvention des machines ;

4<> En remplaçant la main de l'homme par des premiers moteurs plus puissants et moins coûteux, Teau , Tair, le feu , la Tapeur, les poudres explosives, les bètes de somme, etc.

Les deux premiers avantages tiennent à la division du travail : le troisième en résulte nécessairement. Smith a développé ce grand moyen de perfeclionnement avec une attention et, pour ainsi dire, une affection particulière. Il fait voir que du procédé nécessaire pour convertir en épingles un morceau de fil d*archal on en a fait dix-huit manipulations, et autant de métiers différents dont la plupart empruntent le secours des machines :

moyennant quoi, dix ouvriers qui n'auraient fait séparément que S40 épingles par jour en font 4,800. Voilà donc cette petite branche de la richesse na-: tionale qui s'accroît à proportion , et qui donne un ajustement plus commode que les fibules des Romains , et les brochettes que portait ki reine Élisabelh. Le rebut de nos paysannes aurait été le luxe des femmes de Darius ;

5<*^ Par la simplification des procédés intermédiaires ;

^ Par l'épargne des matières. L'extension de la parcelle d'or dont on se sert pour recouvrir le fil d'argent est un exemple également propre à étonner le physicien et à charmer l'économiste.

La chimie a donné un icono-

miques dans tous les ar >er un

phis grand parti des c ire de

plus grands effets avec elle a

substitué des matières m es qui

fêtaient davantage. On de la

cire blanche et du veri el est

devenu le rival du diamaiu ^

?• Par l'amélioration des matières, c'est-à-dire à proportion du prix. C'est ainsi que la porcelaine a remplacé la grossière poterie des temps antérieurs : les poteries de Wedgwood et de Bentley ont renchéri sur la porcelaine de la Chine.

8"* Par la diminution des frais de transport, en multipliant les chemins de terre, les canaux et les routes ferrées. L'avantage que les Ps^fllKs ont tiré de leurs canaux est incalculable. Le gouvernement peut y intervenir, soit en avançant des capitaux et en participant au bénéfice , soit en accordant aux particuliers intéressés les pouvoirs nécessaires pour s'arranger entre eux , et se dédommager des frais de l'entreprise. Quand le gouvernement est réduit à s'en charger lui-même, c'est une preuve que la confiance n'existe pas , je veux dire la confiance dans la stabilité de l'ordre actuel , et dans la protection des lois. Rien ne fait plus l'éloge du gou-wfi4 vernement britannique que cette disposition des

individus à se réunir pour ces grandes entreprtes de canaux, de chantiers et de ports, auxquelles «on oe peut se livrer qu'avec ce sentiment de sécarîté qui unit l'avenir au présent, et embrasse un horixon d'une grande étendue.

L'avantage des machines est dans l'augmentation de IVfficacité du travail. — Ce qui était foît par deux mille étant fait par mille , il vous reste mille hommes disponibles pour les mêmes travaux, on pour d'autre-

Mais ceci lus super-

flus pour h lonnée de

travail , son is emploi,

la quantité la même

après l'inve ivant.

Si un m i en état

d'exécuter it aupara-

vant avec <1 . ier aspect

que le résultat naturel sera d'employer les deux mille ouvriers à produire le double d*ouvrage. Mais à moins que son capital pécuniaire n'ait été augmenté, il lui sera impossible d'en occuper le même nombre. Les nouvelles machines, les nouveaui magasins dont il aurait besoin pour ce surcroît de produit exigeraient une augmentation proportionnelle de capital. Le cas le plus ordinaire sera donc la réduction du nombre de ses ouvriers , et pour ceux-ci la conséquence est une détresse temporaire.

Voilà sur quoi est fondée l'opposition populare au perfectionnement des machines, opposition trèsraisonnable de la part des manouvriers. Ce sont eux qui sont en souffrance , tandis que le bénéfice, au premier moment , est pour le manufacturier, et n perpétuité pour le public , qui obtient à meilleur marché une fabrication rendue moins coûteuse.

II y a deux sortes de pays où cette objection n'aurait point de force, les pays mal peuplés , et ceux où le peuple est esclave. « Vous voulez que la population s'augmente. Vous avez besoin d'enfants, je vous donne des hommes foits. Vous avez besoin de travailleurs futurs , je vous donne des ouvriers actuels. Vous vous chargeriez des frais de leur éducation, je vous en soulage. Vous vous accommoderiez d'étrangers, je vous donne des indigènes. » Voilà ce que l'inventeur pourrait dire au souverain; et voici ce qu'il pourrait dire au propriétaire particulier : « Avec cent serf^, vous exploitez tant de minerai : avec cinquante , vous en exploiterez la même quantité. Dussiez-vous nourrir les autres sans rien faire, où serait la perte 7 »

11 y a des pays où cette objedtion ne serait pas sans force. Ce sont les pays rétrogrades ou stationnaires, où l'ouvrier congédié ne trouverait pas aisément à s'appliquer à une nouvelle industrie, où 'il n'y aurait point de capital prêt à lui faumir

DES MOYENS D'ACCROISSEMENT DE LA RICHESSE

l'emploi qui lui cooTient. G'eU un mal paMifer auquel il faut remédier par des mesures passagères.

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