CHAPITRE PREMIER
ims PELNES AFFLICTIVES SIMPLES.
J'appelle ainsi les peines corporelles qui -consistent prii^cipalèment dans la douleur physique immédiate, pour les distinguer d'avec d'autres peines corporelles , dont l'objet est de produire des CiOïï%é(\\xtxict^ permanentes *.
Ces peines seraient susceptibles d'une variété infime, parce qu'il n'est aucune partie du corps
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sèment , et qu'il lire dont on ne ouffrance. Mais er le catalogue , t ne serait pas
{ naturellement, le livrer le corps nsiste à frapper le mode le plus té dans l'instru- »eines , qui connalgré la diver-
m en Italie , et 'estrapade. Elle le certaine hau- , et â le laisser ; toutefois ^i^ e acquise par le
corps dans la chute porte )uf lesl)ras, et la consé quence ordinaîr^^est leur dislocation. Un cbirui* gien est présent pour les remeUre.
Il y a eu deux peine» pftitiquées aytrefois^n
* Affliclif dans ce seos est conforme au mol latin doni f
il dérive; >^^*cia//o^ dit Cicéron d^D^ses TiisciilJ argnludo cum vexalhne corporîs. * ^
le» f est
Angleterre, maS qui sont tombées qgj^ésuétuae f* même dans le département ifiilitaire vffme était le piquettement , qui s'opérait par suspension^: le poids du corps portait entièrement sur la pointeur d'une pique; l'autre était le cheval de boiêgimde fer; c'était une pièce de bois ou de fer Croite , sur laquelle le patient élâit plgBé à califourclyD. On augmentait l'effet par d^ poids attachés aux jambes. il
Une autre peine, qiH existe encore dans les anciens statuts de la loi anglaise, et qui n'est plus pratiquée, consistait à plonger le corps du patient dans l'eau froide à plusieurs reprises : c'es^l^ qu'on appelle en anglais ducking. Il n'y avait point là de douleur aiguë. Le malaise physique venait en partie du froid , et en partie de la suspension temporaire de respiration. Cette peine, qui avait quelque chose de burlesque , était surtout mise en usage pour des femmes grondeuses , dont les cris importunaient le voisinage : communis rixatrix. On voit que cela est du vieux temps. Le peuple, fort attaché aux anciennes ipoutumes, exerce encore quelquefois cette espèce de justice sur de petits filous pil^ en flagrant délit dans quelque rassemblement populaire, comnlft les foires.
Le génie d'invention pour la variété des instruments de douleur s'est surtout manifesté dans une branche ût logique , dans cette logique des tribunaux qu'on appelait la guestion. Il y en avait pour toutes les parties du corps , selon qu'ojyroulait les allonger, Iwtordre ou les dislQ|uer. Lflvt*tui^e des " ' les serrer IWc des cordelettes ; roites, a faire entrer d^lMoins s de marteau. Danilji, torture atÎM^I^ couebé sur une vec m^^^des qfl^on serrais ; une vis , de^anière à produire sibles de dO'tMux, #
1^ Jkau (drenctiing) seT^ralin liBge, moOljfiif^ar une in}w ippliqi|^ sur la bouche et les
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DES PEINES AFFLlCTlf ES SIMPLBS.
narines du patient , de manière qu'à chaque moufement d'inspiration il faisait entrer une certaine Quantité d'eau 4aiis Pestoraac , qui se distendait au point de produire un gonflement sensible. Danvla i^meuse transaction d'Amboine , les Hollandais se ârrirent de ce genre de tourment CQjatre leurs iNnsonniers anglais.
Ne ponrsuifons pas plus loin une énumération si désagréable ; ee qu'il y a de commun entre toutes les peines afflicti?es duigenre aigu , -c'est la douleur organique. Mais elles diffèrent beaucoup par deux points essentiels : — les degrés de leur intensité , — les conséquences plus ou moins graves qui en sont le résultat.
^ Ces conséquences se rangent soua trois cheft : ' l» li continuation de la peine organique au delà du temps de son exécution ; 2*> les différents maux physiques d'un autre genre qui peuvent en provenir ; Z^ l'ignominie plus ou moins grande qui y est attachée. Dans le choix de ces peines, toutes cestjconsidérations sont de la plus grande impor> tance.
Il serait bien inutile d'en admettre une grande variété dans le code pénal. La pUis^ commune, la flagellation , variable dans tous tes degrés d'inten- '*sité dont on a besoin , pourrait suffire à elle seule , si Tanalogie en certains cas ne recommandait l'emploi de quelques autres : à eela près, multiplier les instruments de douleur , c'est risquer , sans aucun fruit , de rendre les lois pénales odieuses.
L'impératrice Marie-Thérèse, entre autres ouvrages qu'elle entreprit pour l'amélioration des lois, fit compiler une description de toutes I^s tortures et de tous les supplices. C'était un gros volume in-folio , dans lequel non-seulement toutes les machines étaient décrites et représentées par des gravures, mais on allait jusqu'à spécifier toutes les manipulations de l'exécuteur. Ce livre ne fut en vente que très-peu de jours. Le prince Kaunltz , alors premier ministre , le fit supprimer. Il pensa , et avec raison , que la vue d'un pareil ouvrage ne pouvait;)^'inspirer une sorte d'horreur pour les lois. Cette objection tombait avec une fofl^e particulière sur les machines employées à la torfure. Jkpul^f elle a été abolie dags tous les États du domaine autrichien ; il est assez probable que la pîÉkcation de cet ouvrage eut quelque part à cet heuPeux effet.
Il serait â désirer qu'un homme de l'art voulût examiner les effets plus ou moins dangereux qui peuvent résulter des divers modes de cette punition, les contusions produites par les coups de corde , les lacérations des fouets , etc. En Turquie , la parffe qu'on frappe, c'est la plainte des pieds. Les conséquences en sont-elles plus ou moiqs graves ,
je l'ignc/re. C'est apparemment par un sentiment de pudeur que les Turcs n'ont pas voulu exposer à la vue les parties supérieures du corps humain.
Si cette peine était modérée au point de ne produire que la douleur du moment, ou à peu près, elle ne serait ni assez exemplaire pour les spectateurs , ni assez efficace pour intimider les délinquants : il n'y aurait presque plus dans le châtiment que l'ignominie. Or, il faut considérer que sur la classe commune des malfaiteurs, à qui ces peines sont destinées, Tignominle pourrait bien n'avoir aucune prise.
En Angleterre , la flagellation est exécutée avec une extrême inégalité. Le plus ou le moins est laissé au caprice intéressé de l'exécuteur. Il dépend de lui de rendre la peine beaucoup plus légère qu'elle ne devrait l'être dans l'intention du juge ; et il fait de cette vente d'indulgence une branche de son revenu. Ainsi le délinquant est puni, non en proportion de son délit, mais de sa pauvreté. Le plus coupable , celui qui a su mettre en sûreté une partie de ses larcins, jette un gâteau dans la bouche du Cerbère, et celui qui a tout restitué subit toute la rigueur de la loi.
Il serait possible d'obvier à cet inconvénient. Il n'y aurait point de difficulté à construire une machine cylindrique qui mettrait en mouvement des corps élastiques , comme des joncs ou des côtes de baleine. Le nombre des lours serait déterminé par l'ordre positif du juge. Il n'y aurait plus rien d'arbitraire. Un officier public, d'un caractère plus responsable que Texécuteur , présiderait à l'exécution ; et dans les cas oii il y auiait plusieurs délinqpntsà punir, en multipliant les Qiachines, leur opération simultanée ajouterait considérablement à la terreur de la scène, sans rien ajouter à la peine réelle.