‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 43 sur 468 · DE LA DÉPORTATION A BOTANY-BAT · texte numérisé non relu

DE LA DÉPORTATION A BOTANY-BAT

Entre les avantages que l'indépendance a procurés aux Anglo-Âmérfcains , il en est un qui a dû

> Claudian.

* FrtDkUn, éù sa aualité d'agent des colonies, avait sollicité rabolttion de cet usage. Le ministre lui alléguait la nécessité de purger le sol britannique de ses malfaiteiin. « Que direz-vous, lui répondit Franklin, si par

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frapper tous ceux qui étaient sensibles à l'honneur national : elle les a affranchis de l'humiliante obligation de recevoir chaque année le rebut de la population britannique , de servir d'égout aux prisons de la mère patrie , et de laisser infecter la pureté des mœurs d'un peuple naissant par le mélange de toutes les dépravations possibles^. L'Amérique septentrionale a été délivrée de ce fléau qui avait duré plus d'un siècle; mais peut-on dire jusqu'où s'étendront les conséquences morales de celte imprégnation de tous les vices ?

Je reviendrai sur cette considération importante, lorsqu'en parlant des progrès de la Nouvelle Zélande et de la population qui s'y forme , j'aurai à montrer les inconvénients d'y envoyer des essaims périodiques de malfaiteurs. Mon objet , à présent , est de faire voir que la déportation , telle qu'elle est aujourd'hui , n'est plus ce qu'elle était autrefois , et que le changement de lieu a changé à plusieurs égards la nature de la peine : en bien , sous certains rapports ; en mal , sous plusieurs autres.

Par la déportation en Amérique, les convwts^ sortaient des mains du gouvernement ; Ils étaient livrés à des capitaines de vaisseaux , qui les transportaient à leurs frais , et les vendaient , à leur profit , aux colons américains. Cette vente n'avait lieu que pour ceux qui n'avaient pas eu de quoi payer leur passage. Ceux qui payaient se trouvaient libres en arrivant au premier port. La peine se bornait pour eux au simple bannissement. Us échappaient à sa partie la plus rigoureuse , la servitude jointe au travail. Ainsi , les plus coupables, ceux qui avaient su se ménager les profits du crime , étaient les moins punis. Les petits voleurs, les malfaiteurs novices ou maladroits , qui n'avaient rien gagné , portaient la double chaîne du l>annissement et de l'esclavage.

Dans la déportation à Botany-Bay , le gouvernement fait tous les frais : le gouverneur de la colonie conserve sur tous les convîcts l'autorité de maître ; il est chargé de pourvoir à leur logement , à leur nourriture , à leurs occupations ; il a toute la surveillance de leur conduite : il peut à son choix les appliquer aux travaux publics ou particuliers. L'obligation du travail forcé est pour tous : aucun d'eux ne peut s'en racheter à prix d'argent.. Sous ce rapport, la peine est plus certaine et par conséquent plus efficace. ».

L'Amérique, avait un autre inconvénient.. Elle offrait trop de facilités pour le retour des convicts,

la même raison nous vous envoyt>ns nos serpents à sonnettes?»

' Convhls est le mot anglais pour désigner les malfaiteurs, après la conviction du délit, pendant la durée de leur emprisonnement ou bannissement.

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