‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 45 sur 468 · DE LA DÉPORTATION A BOTANY-BAY · texte numérisé non relu

DE LA DÉPORTATION A BOTANY-BAY

Bay. Point de familles pour recevoir les convicts j point d^arrangement praticable pour les tenir séparés , point de surveillance assidue. Gomme leur principale occupation est Tagriculture, il faut nécessairement qu'ils soient distribués sur un grand espace, et isolés dans leurs habitations. Il est vrai que des officiers de police vont faire leur ronde , pour maintenir, autant qu'on le peut , Tordre et le travail : mais qu'attendre d'une inspection accidentelle , interrompue , imparfaite à tous égards, aussi désagréable aux inspecteurs qu'aux inspectés? Est-ce là un préservatif bien efficace contre l'aversion pour le travail , la passion du jeu , l'ivrognerie , l'incontinence , l'insouciance de l'avenir, l'absence de tout sentiment d'honneur ? I/inspecteur s'éloigne , et tous les désordres que sa présence avait suspendus recommencent aussitôt. Qu'on se représente combien l'autorité a peu de ressources avec des hommes entre lesquels la complicité est tout établie, et qui se font un triomphe , un jeu malin de s'entr'aider à déjouer toute surveillance.

T^e public est en possession d'un document bien précieux , c'est une histoire complète des seize premières années de cette colonie; histoire qui ne laisse rien à désirer pour la fidélité des faits , et qui les raconte, sous la forme d*un journal , avec toutes les circonstances nécessaires. Pour comble de sûreté , l'historiographe de l'établissement en est le panégyriste : il en occupait la première magistrature civile; et s'il a peint une scène continuelle de dépravation , c'est une preuve que la candeur de l'écrivain Fa emport ' politique *.

L'impression de cet ouvrage e et de dégoût : c' rhumanité , un de châtiments. | le gouvememei désobéir à leurs| ment entre eux une société de r qui sont partou humaine, font à tion. L'historien I sont pires que 1 une transaction

Voilà les mères ne m uuiumc : ir5 uc^JUdiidircd ucs

mœurs de la génération naissante !

liCS reproches d'immoralité sont vagues et susceptibles d'exagération, les délits sont des faits constants. Ceux qui se commettent à Botany-Bay, malgré la présence immédiate du gouvernement et

1 CoUin's Account of Botanx-Bax^ ctr."

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viole

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des

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voca

3 la justice, suraginer : il y a peu récit de quelque lût des dépréda- )sistaiices , tan tût particulières^ La iduisent des proinats et les meior-

tres sont dap une proportion efPrayante. Le crime le plus dangereux , Tincendiat , n'a été nulle part aussi fréquent que dans cette colonie naissante. Toute la force des lois n'a pu prévenir les agressions de ces sauvages d'Europe contre les paisibles indigènes qu'on aurait gagnés jpâr de bons traitements, et dont on a fait des ennemis redoutables. Loin de s'amender dans cet établissement , plus les individus y prolongent leur séjour, plus leur dépravation s'accroît. Quel que soit le degré de vice que l'historien attribue aux convicts durant leur servitude, ils paraissent, dans son récit, demi-honnètes , demi-sobres, demi-rangés , en comparaison de ceux qui, après avoir achevé leur terme de captivité , sont affranchis , et s'établissent dans la colonie. Audacieux et turbulents , ils sont les grands moteurs des désordres , la source principale des embarras du gouvernement.

L'auteur allègue a cet égard une observation

probante : pendant les cinq premières années , oii

cette classe d'affranchis n'exislait pas encore, la

conduite ûes convicts était beaucoup plus soumise,

et donnait des espérances ; mais a mesure que , pac

on des termes, le nombre des colons

îs s*est accru , tous les freins de la loi se

ibiis : non-seulement ces nouveaux libres

bandonnés à toutes sortes d'excès, comme

lédommager de la contrainte passée, mais

mcouragé au mal les convicts mêmes:

^ant trouvé parmi leurs anciens camarades

eurs pour le vol , des protecteurs pour le

ui les accueillent dans leur fuite, *qui les

dans leur retraite, sont devenus plus

et plus réfractaires , et n'aspirent qu'au

de rciprendre cette sauvageindépypodance.

digue élever «outre un torrent dont la

c ' s les moyens em-

s lefficaces , et il est

1 ont toujours. I^s

lUMiuciio es demeurent sans

effet : la ] ivent des obstacles

invinciblei de la population :

et la cause principale de tous les désordres, lacircu-

lation des liqueurs fortes, est tellement favorisée

par les circonstances locales, qu'il est impossible de

la prévenir. Entrons dans quelques détails sur ces

dii^rents points.

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