DE LA DÉPORTATION A BOTANY-BAY
Bay. Point de familles pour recevoir les convicts j point d^arrangement praticable pour les tenir séparés , point de surveillance assidue. Gomme leur principale occupation est Tagriculture, il faut nécessairement qu'ils soient distribués sur un grand espace, et isolés dans leurs habitations. Il est vrai que des officiers de police vont faire leur ronde , pour maintenir, autant qu'on le peut , Tordre et le travail : mais qu'attendre d'une inspection accidentelle , interrompue , imparfaite à tous égards, aussi désagréable aux inspecteurs qu'aux inspectés? Est-ce là un préservatif bien efficace contre l'aversion pour le travail , la passion du jeu , l'ivrognerie , l'incontinence , l'insouciance de l'avenir, l'absence de tout sentiment d'honneur ? I/inspecteur s'éloigne , et tous les désordres que sa présence avait suspendus recommencent aussitôt. Qu'on se représente combien l'autorité a peu de ressources avec des hommes entre lesquels la complicité est tout établie, et qui se font un triomphe , un jeu malin de s'entr'aider à déjouer toute surveillance.
T^e public est en possession d'un document bien précieux , c'est une histoire complète des seize premières années de cette colonie; histoire qui ne laisse rien à désirer pour la fidélité des faits , et qui les raconte, sous la forme d*un journal , avec toutes les circonstances nécessaires. Pour comble de sûreté , l'historiographe de l'établissement en est le panégyriste : il en occupait la première magistrature civile; et s'il a peint une scène continuelle de dépravation , c'est une preuve que la candeur de l'écrivain Fa emport ' politique *.
L'impression de cet ouvrage e et de dégoût : c' rhumanité , un de châtiments. | le gouvememei désobéir à leurs| ment entre eux une société de r qui sont partou humaine, font à tion. L'historien I sont pires que 1 une transaction
Voilà les mères ne m uuiumc : ir5 uc^JUdiidircd ucs
mœurs de la génération naissante !
liCS reproches d'immoralité sont vagues et susceptibles d'exagération, les délits sont des faits constants. Ceux qui se commettent à Botany-Bay, malgré la présence immédiate du gouvernement et
1 CoUin's Account of Botanx-Bax^ ctr."
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3 la justice, suraginer : il y a peu récit de quelque lût des dépréda- )sistaiices , tan tût particulières^ La iduisent des proinats et les meior-
tres sont dap une proportion efPrayante. Le crime le plus dangereux , Tincendiat , n'a été nulle part aussi fréquent que dans cette colonie naissante. Toute la force des lois n'a pu prévenir les agressions de ces sauvages d'Europe contre les paisibles indigènes qu'on aurait gagnés jpâr de bons traitements, et dont on a fait des ennemis redoutables. Loin de s'amender dans cet établissement , plus les individus y prolongent leur séjour, plus leur dépravation s'accroît. Quel que soit le degré de vice que l'historien attribue aux convicts durant leur servitude, ils paraissent, dans son récit, demi-honnètes , demi-sobres, demi-rangés , en comparaison de ceux qui, après avoir achevé leur terme de captivité , sont affranchis , et s'établissent dans la colonie. Audacieux et turbulents , ils sont les grands moteurs des désordres , la source principale des embarras du gouvernement.
L'auteur allègue a cet égard une observation
probante : pendant les cinq premières années , oii
cette classe d'affranchis n'exislait pas encore, la
conduite ûes convicts était beaucoup plus soumise,
et donnait des espérances ; mais a mesure que , pac
on des termes, le nombre des colons
îs s*est accru , tous les freins de la loi se
ibiis : non-seulement ces nouveaux libres
bandonnés à toutes sortes d'excès, comme
lédommager de la contrainte passée, mais
mcouragé au mal les convicts mêmes:
^ant trouvé parmi leurs anciens camarades
eurs pour le vol , des protecteurs pour le
ui les accueillent dans leur fuite, *qui les
dans leur retraite, sont devenus plus
et plus réfractaires , et n'aspirent qu'au
de rciprendre cette sauvageindépypodance.
digue élever «outre un torrent dont la
c ' s les moyens em-
s lefficaces , et il est
1 ont toujours. I^s
lUMiuciio es demeurent sans
effet : la ] ivent des obstacles
invinciblei de la population :
et la cause principale de tous les désordres, lacircu-
lation des liqueurs fortes, est tellement favorisée
par les circonstances locales, qu'il est impossible de
la prévenir. Entrons dans quelques détails sur ces
dii^rents points.