‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 464 sur 468 · L. XII , chap. 15. {Ceci se rapporte à VexclusUm · texte numérisé non relu

L. XII , chap. 15. {Ceci se rapporte à VexclusUm

c Auguste établit que les esclaveft^ui auraient conspiré contre lui seraient vendus au public , afin qu'ils pussent déposer contre leurs maîtres. On ne doit rien négliger de ce qui mène à la découverte d'un grand crime. Ainsi , dans un État où il y a des esclaves, il est naturel qu'ils puissent être indicateurs; mais ils ne sauraient être témoins* >

L. XII , chap. 5. {Ceci a rapport au sujet de Vimprobable ou impossible.)

c Maxime importante : il faut être très-circonspect dans la poursuite de la magie et de l'hérésie. L'accusation de ces deux crimes peut extrêmement choqua la liberté, et être la source d'une infinité de tyrannies, si le législateur ne sait la borner; car elle ne porte pas directement sur les actions d'un citoyen, mais plutôt sur l'idée que l'on s'est faite de son caractère : elle devient dangereuse à proportion de l'ignorance di peuple, et pour lors un citoyen est toujours en danger, parce que la meilleure conduite du monde, la morale la plus sûre , la pratique de tous les devoirs ne sont pas des garants contre les soupçons de ces crimes.

t L'histoire de Constantinople ' nous apprend que, sur une révélation qu'avait eue un évêque, qu'un miracle avait cessé à cause fie la magie d'un particulier, lui et son fils furent condamnés à mort. De combien de choses prodigieuses ce crime ne dépendait-il pas? Qu'il ne soit pas rare qu'il y ait des révélations ; que l' évêque en ait eu une; qu'elle fût véritable; qu'il y eût eu un miracle ; que ce miracle eût cessé ; qu'il y eût eu de la magie; que la magie pût renverser la religion; que ce particulier fût magicien ; qu'il eût fait enfin cet acte de magie , etc.

c L'empereur Théodore Lascaris attribuait sa maladie à la magie. Ceux qui en étaient accusés n'avaient d'antre ressource que de manier un fer chaud sans se brûler. Il aurait été bon chez Jes Grecs d'être magicien pour se justifier de la magie. Tel était l'excès de leur idiotisme, qu'au crime du monde le plus incertain ils joignaient les preuves les plus incertaines.

« Je n'ai point dit ici qu'il ne fallait point punir l'hérésie; je dis qu'il faut être très-circonspect à la punir. B

L. XII, chap. 12. {Ceci se rapporte aux preuves inférieures.)

c Les paroles ne forment point un corps de délit , elles ne restent que dans l'idée. La plupart du temps elles ne signifient point par elles-mêmes , mais par le ton dont on les dit. Souvent en redisant les mêmes paroles on ne rend pas le même sens; ce sens dépend de la liaison qu'elles ont avec d'autres choses. Quelquefois le silence exprime plus que tous les discours. Il n'y a rien de si équivoque que tout cela...

* Elles le sont donc enfin!

^ Histoire de l'empereur Maurice , par Théophilaete. ch. XI.

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