DE LA DÉPORTATION A BOTJCNY-BAY
vicis f aTant la fin de leur terme , se sont échappés de la colonie , malgré toutes les précautions possibles.
Les érasions doivent se multiplier encore à mesure que le commerce s'étend , et que les convwls, plus nombreux, ont plus de moyens pour en tenter l*entreprise.
Il ne fout pas même un vaisseau pour ce voyage. Sept ou huit convicis, des plus déterminés, se sont embarqués sur un petit bateau de pécheur et ont IraTersé l'immense intervalle entre Botany-Bay et Tlmour. Les Iles voisines leur offriront des retraites plus assurées. Dopnez du temps à celte funeste population, elle formera des nids de pirates, et Ton aura fondé une nouvelle Alger dans les mers du Sud.
IV. Jjt quatrième but est de foi^nr ^ne cornpefuaii'on aux parties lésées.
Il n*y a qu'un mot à dire : la jfeortation est absolument nulle sous ce rapportflCettg, otijection , il est Trai, n'a de force que par comparaison avec un genre de peine qui assurerait quelque 4^dommagement à la partie lésée , pr^ sur le travail de l'auteur du délit.
y. Le cinquième but qu'on doit avoir en vue est Véconomie pour l'État.
S'il s'agissait d'un établissement pénal bon à tous autres égards , un certain surplus de dépense serait une faible objection ; mais le système le plus défectueux en lui-même est en même temps le plus dispendieux.
Les rapports du comité des finances laissent peu de choses à^ésirer sur ce chef. On voit que les f^ais de Botany-Bay , pour dix ou onze ans , jusqu'au 10 mai 1798, montaient à un million trente-sept mille livres sterling. En divisant cette somme par le nombre des convicis y on trouve qu'ils ont coûté par tête, dans les différents voyages, de trentetrots à quarante-six livres sterling, à quoi il faut ajouter toute la valeur de leur travail , pulsqu\>n peut la considérer comme ayant été déduite de leur dépense.
Considérez Botany-Bay comme une manufacture : le maître manufacturier, dédup|i6j|^JaUe de ses profits, trouve un» balance de perte d'environ trente-huit livre^^erliq^p^^^t^té d'ou^ripr.
Ce qui rend cette nt^façlure plus di qu'elle ne le serait dans la métropol^ !• les frais nécessaires pour transporterj â une distance de deux ou trois mittâ 2* l'entretien d'un état civil , gouvernei inspecteurs, officiers de police, etc.;-* tien d*UD état militaire^ qui n'a d'autr» ^^j^.. .,^^ de maintenir la subordination et la sûreté dans la manufacture ; — 4<» la dispersion des ouvriers , leur
infidélité, leurs viq^ favorisés par les circonstances locales, et le peu de valeur d'un travail arracnë par contrainte à des hommes qui n'ont aucun intact dans le produit; — 5<> l'accroissemeAt du prix {$i]r tous les arlicles dont la manufactui*e § besoin , et qu'il faut porter d'Europe avec tous les risques d'une longue navigation.
S'il n'y a P4S un commis de Manchester ou de Liverpool qui n'eût fait entrer toutes c%s considérations dans son calcul, s'il n'y a pas un individu sensé qui eût voulu se charger d'une telle entreprise, il faut dor férentepourceu et pour ceux c publique.
On peut fairi graves , c^lre d'après les lois c tagne *. Je n'ent étranger à mon sidération qui d( ce système.
La peipe de déportation est sujette à recevoir un grand nombre d'aggravations accidentelles , qui ne sont point dénoncées par la loi, ç^\x\ n'entraient point dans l'intention du législatear.
Quand le législateur ordonne une peine, il est censé la choisir comme la plus convenable au délit : il veut cette peine telle qu'elle est ; il la croit suffisante; il n'en veut ni une plus faible ni une plus rigoureuse ; il sait que la pein^ dénoncée par la loi produit un effet, mais qu'une autre peine qui s'y joint, par accident, ou par négligence, ou par intérêt de la part des agents , allant plus loin que la loi, est une injustice, et qu'étant nulle pour l'exemple, elle est un mal à pure perle.
La peine de déportation , qui , dans l'intention de la loi , est une peine modérée , presque toujours limitée à sept ans ou quatorze , est souvent commuée dans le fait en peine capitale. Il y a plus : il est à présumer que cette terrible aggravation tombera prindpalenieqit sur les plus faibles, les moins coupables, ceux qui, par leur sensibilité, leurs habitudes antérieures , leur sexe , leur âge , sont le moins en état de résister à toutes les causes de ■^ortalké.qui agissent sur eilx dans ce funeste
ijet. Les faits, à cet égard , sont aussi authen-
[ues qu'effrayants.
j^ans un espace de huit ans et demi, depuis
9 msiî 1787 jusqu'au 31 décembre 179$, sur cinq
Mé cent quatre-vingt-seize convicts embarqués ,
« Voyez Touvrage de M. Bentbam.— ^Pfea for Ihe Coniiituthn, thewîng the enormitiei committed, etc., ekc*. In New South Walet.