DE LA ETÉPORTATION A BOTANY-BAY
cinq cent Tingt-deux e ; et
ce n'^st pa« tout, car c< plète.
Sur vingt-huit vaisse^ m de
ctiHlf dont la mortalité
Une navigation , qi soit ,
n'est point défavorabl capi-
taine Cook a fait le toi . re un
seul homme. Il faut donc qu'il y ^t des circonstances pirrticulières pour rendre compte d'une mortalité qui va au point de décimer les hommes dans le passage à Bolany-Bay. Ceir circonstances
espèce des prisonr traitement. Leur tout à craindre de Les tient-on renlaladies mortelles, iont-ils chargés de nt insumsantes et ul prisonnier a-t-il res le germe d'une levient d'abord gé- ortait des convicts en 1799 (le Hillsboroug) ^ sur trois cents passagers en perdit cent un. Ce n'est pas, dit M.' CoîUnSy qu'on eût négligé aucune des précautions nécessaires ; mais la fièvre des prisons , qui avait inFecté l'habillement d'un des convicts ^ causa tous ces ravages.
Qu'on multiplie les règlements tant qu'on voudra, il ne faut qu'une négligence , qu'un accident pour faire entrer la mort sons ses formes les plus hideuses dans ces prisons flottantes , qui ont à traverser la moitié du globe avec la contagion dans leur sein , avant de pouvoir séparer les pestiférés et les mourants , d'avec ceux qui n'ont échappé aux maladies que pour traîner une existence débile dans un état de servitude et d'exil.
Peut-on reconnaître l'intention de la loi dans cette accumulation de rigueurs imprévues? Le législateur paratt-il savoir ce qu'il fait , quand il ordonne une peine qui, dans son exécution, ne dépend plus de lui , — qui est soumise à une infinité d'accidents, — qui change de nature dès qu'elle est prononcée, — et devient tout autre dans le fait, qu'elle n'était dans sa volonté? La justice, dont le plus beau caractère est la certitude et la [précision , la justice, qui doit tout peser dans la balance, parce qu'elle distribue des maux , ne devient-elle pas , dans ce système pénal, une sorte de loterie dont on ne saurait prédire l'événement? Qu'on essaye de traduire en sentence judiciaire ces hasards compliqués : — u Je te condamne, dira le juge, mais je ne sais à quti , — peut- être aux tempêtes et aux t|i^^rages , — peut-être à la contagion , -— peut-être Wllpimine , — peut-être au massacre (>ar la main
des sauvages , — peut-être aux bêtes féroces. Va, prends ta chance , péris ou prospère , souffre ou jouis, je t'éloigne de mes yeux; le vaisseau qui t'emporte me dérobe Taspect de tes misères , je ne m'inquiète plus de toi. »
Cet établissement, dira-t-on peut-être, quoique très-défectueux sous le rapport pénal, produira des avantages politiques : c'est le berceau d'une colonie, il s'y formera peu à peu une population considérable ; les générations futures vaudront mieux que lès fondateurs , et l'on aura enfin , après des siècles , une possession britannique d'une importance majeure.
Je répondrais d'abord , s'il faut répondre à tout, que, de tous les moyens qu'on pouvait prendre pour fonder jme colonie dans ce nouveau continent, et le moins favorable au succès , comme fondateurs , des homm ivés. S'il est une situation qui d< ence , de la sobriété , de l'indu e colons transplantés loio de chez e|;[, exposés à toutes sortes de privations, qui ont tout à créer, et qui, dans un établissement nouveau, ont à se ménager avec des habitants sauvages et farouches , justement jaloux d'une invasion qui menace leur propriété. Des hommes vicieux, des malfaiteurs, ont toutes les passions destructives qui anéantiraient la société la mieux établie, si on ne les réprimait pas ; ils n'ont aucune des qualités morales et industrielles qui servent à former une communauté naissante, et à surmonter les obstacles nombreux que leur oppose la nature dans son état brut et inculte. ^
Étudiez l'histoire des colonies qui ont prospéré; Ce sont des quakers bienfaisants et paisibles , des émigrés religieux qui se transportaient dans un autre monde pour y trouver la liberté de conscience; des cultivateurs pauvres et honnêtes, qui savaient vivre de peu , et supporter de grandes fatigues.
Les flibustiers, enrichis du pillage des nations, et qui, par leur nombre et par leurs richesses, auraient dû fonder des États , se sont anéantis par leurs vices , et n^qnt laissé que dans l'histoire une trace de leur existence.
S'il était conforme â la saine pMitique de fonder ie dans la Nouvelle-Zélande, il fallait jG^er de bons laboureurs, d'industrieux t;bonnêtes familles ; et il fallait apporter ands soins à en écarter les nfhlfaileurs, t avec eu;[ la semence de tous les désqui doivent détourner d'un pareil éta-
tous ceux qu'on aurait dû y inviter de
préférence.
Il est rididule, au moins dans l'état actuel de
MAISON DE PÉNITENCE. — PANOPTIQUE
celte colonie, d'en parler comme d*an objel^k commerce. Loin de produire un surplus échangeable, elle ne produit pas assez pour ses besoins. Elle a beaucoup à acheter, et presque rien à Tendre. Son seul moyen de commerce est le numéraire ; ce numéraire, enyoyé parla métropole pour Tentre- Uen cÎTÎl et militaire du gouvernement , passe tout entier aux marchands nationaux ou étrangers qui vont vendre leurs denrées à Botanv-Bay, à cinq cents pour cent de bénéfice. Faut^pc numéraire , le gouvernement a déjà été réduit à créer un papier -monnaie, c'est-à-dire à fonder une dette coloniale.
£o voilà sans doute assez pour montrer que Tobjet politique n'est pas mieux rempli par cet établissement que l'objet pénal.