CHAPITRE II
DES PEINES DE LÀ SANCTION MORALE
Pour se représenter comment un homme est puni par la sanction morale, il fout observer le changement qui s'opère à son égard , après qmfl a fait une chose condamnée par le tribunal de l'opinion publique. Dès ce moment, il perd une portion de l'estime, de l'afiFection, et, par conséquent, de la bienveillance dont il jouissait. Dans toutes les relations de la société , habituelles ou occasionnelles , il s'aperçoit qu'il n'est plus traité comme auparavant, que la disposition à lui rendre de bons offices n'est plus la même chez les uns , et que , pour d'autres , il devient l'objet d'une malveillance active , qui agit sourdement ou à découvert.
Qui pourrait calculer ou prévoir tous les résultats d'un tel changement? La dépendance de cii^i}Me individu par rapport aux autres homme que leurs dispositions à son égard toutes les sources de ses plaisirs ou de \ A chaque instant, la vie se colore ou le reflet des sentiments de nos semblables ; à chaque instant ^ le, cœur s'épanouit ou se resserre pai' les téipoignages de leur estime. ou par la dure expression de leur dédain. Un acte de bienveillance peut sauver la vielle refus d'iin service peut causefla'mort.
Kaîs quoique la peine de la Sanction morale tffi^ brasse tous les maux pos^bles, on pciTt toutefois
d'argent ott de revenu de tel fonds de terre; une part dans tel office conférant d)i pouvoir; uc^ exem^lon de telle taxera autre faVdeau publU ; te privilège exclusif de telle ou telle occupation.
DES PEINES DE LA SANCTION MORALE
la eoosidërer comme divisée en deux paris , dont rime est à l'autre ce que la cause est à l'effet.
La première renferme tous les maux contingents ou casueis que la personne disgraciée peut éprouver par les suites de cette maheillance.
La seconde consiste en cette peine immédiate, cette aniiété qui constitue le sens de la honte, et qui a son principe dans une appréhension confuse de ces maux casueis. Cette souffrance aiguë est la peine caractéristiqu^de la sanction morale : on ne peut même la raiBter qu'à cette cause, car il n'appartient à laMBince politique de la produire que par Tinfluenée^i'elle exerce sur l'opinion. Qu'un individu fût déclaré infime par un tribunal , cette déclaration ne serait rien , si le public n'en tenait aucun compte et continuait à l'honorer.
Ce sentiment de honte s'éveille dans le cœur du coupable, tout au moins au moment où son délit est découvert. Il est très-variable dans ses degrés , mais il est universel : les exceptions, s'il y en a, De sont que pour des individus imbéciles ou dégradé;, sans prévoyance de l'avenir.
Les maux casueis seront plus ou moins grands selon deux circonstances : l*" YMensitéûe la malvdllance ; ^ son étendue : — distinction qu'il ne tot pas oublier.
Ces deux lots de maux , quoique faciles à distinguer, s'entremêlent et s'aggravent l'un par l'autre. J*ai feit un acte immoral, je suis découvert, je m'en aperçois. Avant que je sois dans le cas de recourir aux t>ons offices de quelques personnes instruites de ma faute, et d'essuyer de leur part quelque marque de malveillance à raison du blâme que j'ai encouru, j'ai déjà le triste pressentiment de la diminution de leur estime ; ma confiance est aAublie ; uo air d'embarras et de crainte est empreint dans mes relations avec eux; ma langue bégaye ou mon front rougit : tel est l'effet naturel de la honte. Si je me dérobe à la société , je me punis moi-même ; si , après ma faute connue , je m'y présente comme auparavant, j'éprouve les reproches des uns, la froideur des autres, les dédains marqués de l^lusieurs ; et , pour me servir do langage systématique que j'ai hasardé , là commence pour moi l'expérience des maux casueis de la sanction morale.
Mouaavonadéjà vu que la malveillance avait deux moyens de nuire, — les uns posittft , — - les autres Dégalife;ëjes uns consistant en mauvais offices rendus , las autres en bons offices refusés. Quant" aux* ^rAnt^s /C'est te devoir et même la principale affiire*4}i| idagisirat politique de les prévenir., n n'y a poini de goRvernement régulier qui permette aux fndiviâus'.^î^unir L'homme le plus immoral par des (rMleAients semblables ^ ceux dont
la loi se réserve l'usage. Les mauvais offices positifè sont de deux espèces , les actions et les discours : les actions violentes sont défendues ; les discours injurieux le sont également : mais, à cet égard, la protection de la loi est limitée et même très-imparfaite : quand tout un public se répand en propos outrageauts pour un individu, comment faire le procès à tout ce public ?
Mais la loi fût-elle assez forte pour prévenir tout mauvais office positif, sa puissance s'arrête là ; il y a un nombre infini de bons offices qu'elle ne pourrait prescrire sans porter une atteinte destructive à la liberté et à la propriété. Or, quand les peines de la sanction morale se borneraient à ce que la loi ne peut empêcher, ce mal serait considérable ; il n'admet aucune évasion , il tombe sur un individu de toutes parts , il rétrécit le cercle de tous ses plaisirs , il le poursuit dans toutes ses entreprises. Dans cet état de disgrâce , un homme se sent aux prises avec un ennemi invisible qui le précède ou l'accompagne partout : ses amis et ses protecteurs s'éloignent, ses connaissances le délaissent , son nom même devient contagieux pour sa famille. Toutes les sources du bonheur tarissent pour lui, et sa vie peut n'être plus qu'un fonds d'amertumes.
Ces maux casueis embrassent tous les maux possibles, et ceux mêmes qui découlent particulièrement de la sanction politique. Vous êtes accusé devant les tribunaux ; un individu prévenu contre vous, à raison de quelque immoralité réelle ou supposée dans votre conduite , s'abstiendra de témoigner en votre faveur, et la seule omission de ce service peut entraîner pour vous les conséquences les plus rigoureuses de la loi.
D'un autre c6té, tous les maux qui dépendent de la sanction morale, non-seulement les maux casueis, mais la honte, peuvent être le résultat d'une sentence prononcée par le magistrat. C'est un fait que nous avons indiqué par anticipation , et sur lequel nous serons bientôt appelés à nous étendre.
Les maux qui dérivent de ces deux sanctions ne diffèrent donc que dans la manière dont ils sont produits. Par rapport*aux peines qui ressortent de la sanction politique, Fespèce, le degré , le'temps, la place, là personne qui las inflige, sont tous •également assignables. An moment du délit, le délinquant sait ou peut savoir que , s'il est découvert , il subira telle peine précise , par l'ordre d'un juge, par la main d'un exécuteur; et ceux qui verront infliger la peine sauront qu'elle l'est en con- ' séquence d'un tel délit. Aprè»^ceîa,-rœilvre dû magistrat est finie ; la peine, autant qu'elle dépend de la sanction politique, est terminée; mais, quant
DES PEf5ES DB LA SAXCnO!^ MORALE.
mn mmtfm oAfes poûtih ou uéçMt qae pcat éprmifcr le définqiijot de la part de b sociélé, «■ i^^Dore de qoelle oaUire îb seroat , daof quel tenps ils aorooi lieu , par quelles personnes ib seront rendas;é eetégsîrdy tout est ioeertaio» Laperfee- (loo des pefoes de la saoetioo politique eoosisle co ee poiot : — elles sont déterminées et précûes. Vtneneedeê peines de la sanction morale est d*étre Indétermktéet et vague$.
Il ne sera pas inotile de faire id mention de b oomenefatare usitée en pariant des peines de b sanction morale, f^es eipressions qui les désignent sont trés-rariécs. D 7 a , pour ainsi dire , une légion d*ètres fletift qui représentent b même idée foudamentab sous divers aspects : — blâme , censnre , déshonneur , mésestime , mépris, honte , disgrâce , ignominie 9 inbmie. En parbnt d*un homme qui souffre sous b sanction morak, il peut être plus 9ii moins con? enaUe , selon les degrés et les circonstances , de dire quil a perdu ou terni sa réputation, que son honneur a reçu une tache, quil s'est exposé au mépris, qu'il est derenu infâme, qu'il est un objet d'arersion , etc. Épuiser le catalogue de tt% expressions est plutôt Tafl^ire d'un lexicographe que d'un juriste.
Ces peines de la sanction morale sont antérieures é b formation des goufemements. Avant d'avoir Mt une association politique, avant de s'être donné des magistrats et des lois, les hommes, vivant entre eux en tribus et en familles, avaient di^'à des notions de bien et de mal , et des règles morales de conduite, auxquelles ils donnaient un certain degré de force, en soumettant les infracteurs à ces peines tirées de la malveillance ou de l'aversion. C'est en ce sens qu'il faut entendre ce que disent les moralistes concernant les lois naturelles et la sanction de ces lois. C'est le fonds sur lequel les premiers législateurs ont travaillé, le modèle qu'ib ont suivi. La sanction morale était alors, comme elle est encore et comme elle sera toujours , un levier puissant pour seconder les lois ou pour les contrarier. Il n'est donc pas étonnant qu'ils aient eu recours à une grande diversité de moyens pour s'emparer de cette force et la plier à leurs vues. Préparée et mise en œuvre par le magistrat , ^Iq devient partie de ce vaste système de mécanisme- auqyel* nous avons donné le pom (le sanction politique, et nous sommes maintenant en état de discuter *Ia nature« de ces différents modes de punir, connus sous les noms «le déshonneur ou d*fn/amie.
Examen des peines de la sanction murale. ,
rH»5ons maintenant à Vexamen des |>eines qui dérivent dd In sanction morale , agissant par elle
dn magistrat pour ifiiigcf on aggraver ses jngcflMnts.
Ces peines, noos Tavons déjà dit, n'ont point d'espèces dtstiarles ; eOcscosprcnnent tontes sortes de maux : b mahcibBcc se manifeste par une infinité d'clliets qn*6a ne saurait ni calculer ni prévoir. Elles édnppent donc à tonte description , car on ne décrit qu*une peine dctenûnée. Seront-^Hes analogues aux dÂts? Seront-elles économiques ou excessives? On n'en sait rùn.
Tfos observations rouleroi^LgÉf trois chefe : leur divisibifilé , leur égalité , leurSfempbrité.
1* Ces peines sont certainement irès-^ visibles ; elles ont tons les d^rés possibles du simple blâme jusqu'à nnbmie, du refroidissement passager de b bienveilbnce jusqu'à une malveillance active et soutenue ; mais tous ces degrés dépendent de causes accidentelles, inapprécbbles par avance. Les peines pécuniaires , les peines chroniques , comme l'emprisonnement, sont susceptibles d'une mesure exacte; les peines qui dépendent de la sanction morale ne le sont pas. F/estime qu'on en peut faire avant de les éprouver sera toujours très-imparfaite. En fait à^intensitéy elles sont inférieures à b plupart des peines de b sanction politique; elles consistent plus en privations de plaisir qu'en maux positifs. C'est là leur principale imperfectioi ; et c'est uniquement pour suppléer à leur faiiblesse qu'il a fallu fonder un système de lois pénales.
S» Une des circonstances qui les affaiblit, c'est la /oco/i/^deleur opération.Un individu se trouve-t-il exposé au mépris du monde dans lequel il vit , il peut s'en affranchir par un simple déplacement. La peine se réduit à une espèce de bannissement demivolontaire , qui n'est rien moins que perpétuel. Il conserve Tespoir du retour, quand le temps aura effacé le souvenir de ses transgressions , et afbibli le ressentiment public.
5<> Sous le rapport de V égalité y ces peines sont plus défectueuses qu'on ne le croirait au premier aspect. Chaque individu, dans son état, a son cercle naturel d'amis et de connaissances. Devenir un objet de mépris et d'aversidn pour cette société , est un malheur aussi grand pour un homme que pour un autre : voilà ce qui se présente d'abord à l'esprit, et qui est vrai jusqu'à un certain point : mais , en examinant de plus près , on aper^it que ces peines se modifient très-differemmênt , selon l'état, la fortune, l'éducation, l'âge, U^sexe, et ^'autres circonstances : les maux bastsels qui iépevtieui de la sanction morale peuvedt Varier à j^niini : la honte varie selon toutes le»^ causes qui affectent la sensibilité.
I^s femmes, surtout cbcz «les nations civilisées, ont le sentimentale la hontt plui prompt et plus
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délicat que les hommes. Leur éducation première leur pd^it des règles de pudeur avant même qu^eiles^ connaissent Tobjet; et elles ne tardent pas à sentir que celte sauvegarde des vertus de leur sexe est aussi le talisman de leur pouvoir; d'ailleurs , elles sont plus faibles , plus dépendantes que les hommes , plus assujetties au besoin de la protection ; il leur est plus difficile de changer de société , et de varier le lieu de leur résidence.
Dans un âge tendre , le sentiment de la honte n'a pas encore atteint toute sa force : dans la vieillesse , on observe assez souvent qu'il s'affaiblit beaucoup. La passion de l'avarice , la seule qui se fortifie par l'âge, domine alors le sentiment de l'honneur.
Un état débile de santé , une irritabilité morbide, quelque défectuosité dans les organes, quelque infirmilé naturelle ou acquise, sont des circonstances qui aggravent les peines de la honte, comme de toute autre calamité.
La richesse , à la considérer en elle-même , indépendamment du rang et de l'éducation, tend à émousser la force des impressions de ce genre. Il est plus facile à un homme riche de se déplacer , de changer le cercle de ses liaisons , et de se procurer, â prix d'or , des plaisirs indépendants de l'estime et de la bienveillance . Malheureusement encore , il existe une disposition naturelle à respecter l'opulence pour elle-même , à lui accorder des services gratuits , surtout les témoignages extérieurs de la politesse et de la considération.
Le rang est une circonsti^ce qui augmente la sensibilité pour tout ce qui tient à l'honneur : mais les règles de l'honneur ne sont pas toutes calculées sur les principes de la morale : cependant les classes élevées sont en général plus sensibles à l'influence de l'opinion que les classes inférieures.
U profession ou l'occupation habituelle influe beaucoup sur les peines qui dérivent de cette source. H est des conditions dans lesquelles il y a un point particulier d'honneur , et tout ce qui discrédite un individu sous ce rapport le touche plus vifement que toute autre espèce de honte. Le courage , dans le militaire , est la qualité indispensable ; le plus léger soupçon de lâcheté expose à dy HÎronts continuels ; de là cette délicatesse de sei^imentsur ce point parmi des hommes qui mon- |0efois, '^d'autres égards, la plus graqde Qoraie. •
litoyens sont Ijs plus vertueux : c*e$t par rapport à eux que "les règles de l'honneur colDcidehlJe plu^ avec lo principe de l'utilité ; c'est aussi dans ces conditions moyennes qu'on peut le moins ^e ilk9^e%^e l'estime, et qu'on éprouva toutes les conséquences fâcheuses de la mauvaise réputation.
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Dans les classes inférieures où l'on ne vit que du travail journalier, la sensibilité à l'honneur est moins grande en général. Un ouvrier de campagne passe-t-il pour laborieux , il trouvera de l'occupation quoique sa réputation ne soit pas sans tache. Il a des compagnons de travail et non de plaisir : il a peu de chose à attendre de leur part , peu de services à leur demander. Tout se borne pour lui au nécessaire de la vie; sa femme, ses enfants lui doivent l'obéissance , et ne peuvent pas la refuser. Les plaisirs qui résultent de son autorité domestique remplissent les courts intervalles de ses travaux.
4'' La plus grande imperfection des peines de la sanction morale, c'est d'être peu exemplaires : elles le sont moins que toutes celles de la sanction politique. Ce qu'un homme est dans le cas de souffrir, en conséquence d'une mauvaise réputation, peut être ignoré de tout le monde , ou du moins n'est connu que de ceux mêmes qui sont les instruments de sa punition , et dans le cercle immétiiat de ses amis et de ses connais ne sont témoins que d'une i souffre. Ils s'aperçoivent qu férence ou dédain ; ils obser' de la protection ou de la con observations sont fugitives, signes de froideur ou d'aver compagnie des auteurs ou di il se dérobe dans la solitude secrètes , et plus il est malt spectateurs de ses peines.
5<> Les peines de la sai tage sous le rapport de homme souffre en consé règles morales établies e porter qu'à sa véritable ( la honte, plus il craindra donc ou plus prudent pc ou plus attentif à méuc prendra le parti de se so
peut enfreindre sans danger. L'opinion publique, â l'exception d'un petit nombre de cas , a'est point implacable. Il y a parmi les hommes un besoin réciproque d'indulgence, et de plus, une légèri^té et une facilité à oublier qui tient lieu de pardon , quand le souvenir des fautes n'est pas renouvelé par des récidives.
Quant aux actes déshonorants dont il n'y a point d'appel ni de agréée , la peine d'infamie opère comme un découragt:yient, et non comme un motif de réformatidn. F9emo dignitati perditœ pareiL
Ce oui compense lesi désavantages de cette sanction , ce qui [ui donne même un degré de force qu'on ne trouve pas dans la sanction politique, c'est
Si
DES PEhNES AFFECTANT L'HONNEUR,
la certitude : il 0*7 a point d'impunité. Manquer à une de» lois de l'honneur , c'est armer contre soi tous ceux qui en sont les gardiens. Les tribunaux réguliers sont assujettis à des procédures , ils ne prononcent que sur des preuves , qui sont souvent en défaut. Le tribunal de l'opinion publique a plus de liberté et de pouvoir : il est sujet , il est vrai , à commettre des injustices; mais cette crainte ne l'arrête pas , parce qu'il peut en revenir , et qu'il casse ses arrêts avec autant de facilité qu'il les porte. L'instruction de la procédure et l'infliction de la peine marchent , pour ainsi dire , ensemble ; jamais de délai ni de défaut de poursuite : il y a partout des personnes prêtes à juger, prêtes à exécuter le jugement : le tribunal incline toujours à la rigueur. Les administrateurs de la sanction morale trouvent même un intérêt de vanité et de sagacité dans la sévérité de leurs sentences , et plus ils se montrent rigides, plus ils se flattent de donner bonne opinion d'eux-mêmes; il semble que la dépouille des uns fasse la richesse des autres. Ainsi,
*ale soient indémt, la plupart leur certitude , ation , à raison de les infliger , [>ermet à aucun soit son carac-
Q morale varie
tt plus civilisée, es, par conséssont dans une de leur estime; re dans un plus à des privations
loins favorables gouvernement ré ; un gouvernement despotique la réduit à peu de chose.
La facilité des communications et des informations, au moyen des papiers publics, en augmentant l'étendue du tribunal, accroît la soumission des individus à l'empire de l'opinion.
1 Infamie est un terme eitrème : il ne 8*applique qu*aux plus hauts degrés de la peine en qoestion. Perte de réputation est une eipression appliciblf à tous les degrés possibles. La réputation peut être cooxidérée comme une quantité susceptible d*é(rc diminuée plus ou moins.
On peut m'ôler tous mes bieiA à la foisf parce que mes biens sont d*une nature déterminée et certaine. Mal».ma réputaUon dérive immédiatemeiil des personnes , dç toutes lea personnes qui peuvent être dans la diipf sition de me rendre quelque service. C*est un fbnds que le magistrat
Plus il y aura d'unanimité dans la san<^ion morale, plus elle aura de force. Est-elle comoâfe divisée en un grand nombre de partis et de sectes , soil politiques . soit religieuses , elle s'affaiblit , ses arrêts se contredisent. Le vice et la vertu n'ont pas la même mesure commune; et il existe , pour ainsi dire, des lieux de refuge après des disgrâces : le déserteur d'un parti ou d'une secte est ordinairement accueilli dans l'autre.