LF'HE'D •DE MUSSET
UNpoètecstp,rtL;s Pas un chant, pas un n Dont k douceur divine Seul, un pauvre arbre t Le saule qu'il rêvait, av
ur sa tombe fermée .o.d.ns cette langue aim, ici-bas l'enivrait, riste, à U pile verdure, i vent du soir, murmure
Surs
an ombre iplorée
un tendre et long regret.
Ce n'est pas de l'oubli ; nous cipétons encore. Potte de l'amour, ces chants que fit iclore
Dans ton Jme éperdue un éternel tourmeni, Et le Temps sans pitié, qui brise de son aile Bien des lauriers, le Temps d'une gtdce nouvelle Couronne en s 'éloignant ton souvenir charmant.
Tu fus l'enfant choyé du siècle. Tes caprices Nous trouvaient indulgents. Nous étions les compl De tes jeunes écarts; tu pouvais tout oser.
De la Muse pour toi nous savions les tendresses. Et nos regards charmés ont compté ses caresses. De son premier sourire i son dernier baiser.
Parmi nous maint poète à la bouche inspirée
Avait déjà rouvert une source sacrée ;
Oui, d'autres nous avaient de leurs chants abreuvés.
Mais le cri qui saisît le cœur et le remue.
Mais ces accents profonds qui d'une lèvre émue
Entre nous, lîls soufrants d'une époque troublée. Le doute et la douleur formaient comme un lien. Ta lyre en nous touchant nous était douce et chère ; Dans le chantre divin nous senlians tous tin frire ; C'est k sang de nos cœurs qui coonit dan« le tien.
D« quelles profondeurs d'une Jme ivie et blessée 5oilail-il, cet aveu de ta fièvre insensée?
l'andis que vers le ciel qui se voile el se clbt De U foule monUÎt une lumeur confuse. Fier ei beau, tu jetais, jeune amant de la Muse, A travers tous ces bruits ton immonel sanglot.
Lorsque le rossignol, dans la saison brûlante De l'amour et des fleurs, sur la branche tremblan Se pose pour chanter son mal cher et secret.
Rien n'arrête l'essor de sa plainte infinie.
Et de son gosier frêle un long jet d'harmonie S'élance et se répand au sein de la fotét.
La voix mélodieuse enchante au loin l'es
Sous la feuille des bois sent un frisson c De l'oiseau qu'entraînait une ivresse imp L'ime s'est envolée avec la note ardente.
Hélu I chanter ainsi c'était vouloir moui
i^sa^s$«^?â8®
7)EUX VEfiS D-ULCÉE
Aleit.
Quel éuii ton désii et la criiate secrète?
Qpoi I le vœu de ton cœui, ti Muse tiop discrète
Rougit-elle de l'eiprimerî AlcJe, on ceconnait l'imour ï ce langage :
Sapho feint Tainement que ton discours l'outrage,
Tu l'entendais chiiitei, tu la voyais sourire, La fille de Lesbos, Sapho, qui sut ia lyte
Répandit sa giîce «t ses feux.
Sa voix te double, Alcée, «t son regard t'enflamn Tandis que ses accents pénétraient dans ton Inie,
Sa beauté rivissaic tes yeux.
Que devint ton amour ? L'heure qui le vît nailn L'a-t-elle vu mourir ï Vénus ailleurs, peut-être,
Emporta tes vccux fugitifs.
Mais le parfum du coîur jamais ne s'évapore; Même après deux mille ans, je le respire encore
Dans deux vers émus et craintils.
L^ L^HiCPE •D'HÊ%0
VJe son bonheur funif lorsque, maigri l'orage, L'arnsnt d'Héro courait s'enivrer loin du jour El dans la nuit lentiii de giguei 1 la nage Le bord olï l'anendail l'amouc,
Une lampe envoyait, vigilante et fidÉle, En le péril, vers lui, son rayon vacillant ; On edc dit dans les cieuK quelque étoile immortelle Qpi dévoilait son front tremblant.
a buu mugir et heurler ses rivages, ts au sein des airs déchaîner leur eâbit, auï effrayés pousser des tris sauvages in voyant approcher la Mon,
Tant que du haut sommet de la tour solîtai Brille le signe ùmé sur l'ublme «n fureur, Il ne sentira point, le nageur téméraire, Défaillir son bras ni sou cœur.
Comme à l'heure sinistre où la mer en sa rage Menafail d'engloutir eet enfant d'Abydos, Autour de nous, dans l'ombre, un éternel orage Fait gronder et bondir les âots.
air
aulD
n de ses clame
rs funèbres.
Chaque vagu
en
passa
nt nous entr'ou
vre un tombea
Dans les mén
dange
rs et les mêmes
ténèbres.
Nous
ïO
tiéme flambenu
Le plie et doux rayon tremble encor dan: la brume. Le vent l'assaille en vain, viunement les flots sourds La dèrobeni parfois sous un voile d'écume :
La clarté réparait toujours.
El nous, les yeuï levés -vers la lueur loinla Nous fendons, pleins d'espoir, les vagues ei Au bord du gouffre ouvert, la lumière Semble d'en haut veiller sur non
O phare de l'Amour I qui dans h nuit
Nous guides i travers les écueils d'ici -l
l'oi que nous voyons luire entre le ciel
Lampe d'Héro, ne ['éteins pas [
.-.rlKCoO^^lc
VVCX^LIOti.
Do chef-d'œu
ivre toujours
un cœur
fut le berceau.
Uarl, au fond.
n'est qu'amc
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le ciseau,
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arme a ravie.
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palpiter t
lans ses bras.
LHYOCÉ'KËE ET V^MOVR.
Dur le seuil des enfers, Eurydice éplorée S'éïïpoiait légète ; et celte ombre adorée A son époui en vain, dans un suprême effort, Avait tendu les bras. Vers la nuit éternelle. Par delà les flots noirs, le Destin la rappelle ; Déjà la barque triste a gagné l'autre bord.
Tout entier lux legreis de si perte fatale, Orphie erra longtemps sur la riv« infernale.
Sa voix du nom cbiii remplit ces lieux déserts. Il repoussait du chant la douceur et les charmes ;
Enfin, ks d'y gémit, il quitta ce rivage Témoin de son malheur. Dans la Thrace sai Il ï'urfte ; et là, seul, secouant la torpeur Où le désespoir sombre endormait son géni< II laissa s'échapper sa tiistesse infinie En de navtanu accords arrachés à son cœur
Ce tut le premier chant de la douleur humain< Que ce cri d'un époux et que sa plainte vainc La parole et la lyre étaient des dons récents. Alors la poésie émue et colorée Voltigeait sans effort sur la lèvre inspirée.
Dans la grâce et l'ampleur de si
Des sons harmonieux telle fut la puissance Qu'elle adoucit bientât cette amire souffrance, Un sanglot moins profond son de ce sein brisé : La Muse d'un sourire a caimé le poète ;
Il sent, tandis qu'il chante,
une venu secrète
Descendre lentement d»n> s
oncceurapaisl.
Et tout i coup sa loh
., qu':
ittendrissenl encore
Les larmes qu'il versa,
pren
d un accent sonore.
Son chant devient plu:
s pur
: grave et mélodieu».
I! célèbre i la fois daa
élan lyrique
L'Hyménie et l'Araou
r, ce
heau couple pudique
Qui marche heureux e
Cfier
sous le regard des Dieui
Il les peint dans leur force et dans la confiance De leurs vœux éternels. Sur le Temps qui s'avance Ils ont leurs yeux fixés, que nul pleui n'a ternis ; Leur présence autour d'eux répand un charme austire. Mais ces entants du ciel descendus sur U terre Ne sont vraiment divins que quand ils sont unis.
Oui, si quelque erreur triste un moment les sépare, Dans leurs sentiers divers hientât chacun s'égire. Leur pied mul aflérmi trébuche à tout moment; La Pudeur se détourne, et les Grices décentes Qui les suivaient, formant des danses innocentes, Ont i l'instant senti rougir leur front charmant.
Eux seuls en l'enchantant font i l'homme éphémère Oublier ses destins. Leur nuin douce et légère
Le soutient dans U vie et te guide au tambeiu. Si les temps sont manvais et si l'horiioa semble S'assombrir devant «ui, ils l'éclaicent ensemble, Appuyés l'un sur l'iutie et n'ajanl qu'un flambeau.
Pour mieux entendre Orphée, au sein < Tout se taisait; les vents aiiitaient leui Mime les habiunts de l'Olympe éihérf Oubliaient le nectar : devint leur coupe vii Ils écoutaient, cbarmés et d'une oreille avti Monter vers eux la voix du martel inspiré.
Ces deux divinités que chantait l'hymne antique N'ont tien perdu pour nous de leur beauté pudique : Leur front est toujours jeune et serein ; dans leurs yeux L'immortelle douceur de leur âme respire; Calme et pur, le bonheur fleurit sous leur soutire; Un parfum sur leurs pas trahit «ncor les Dieux.
Bien des siècles ont fui depuis l'heure lointaine Oà la Thtace entendit ce chant ; sur l'ime humaine Plus d'un souffle a passé; mais l'homme sent toujours Battre le même cœur au fond de sa poitrine.
Gardons-nous d'y flétrir la fleur chaste et divine De l'amour dans l'hymen éclose aux anciens jours.
L'dgc tst triste ; il pressenl quelijue prochaine crin Déjl plus d'un lien se reliche on se brise.
On se ttoable, an attend. Vers un but ignoré Lorsque l'orage est U qai bientôt nouj emporte,
Aht Un Cl
s'ils
peut,
■e le nûtre, et dans u
E-K'DYMIO'H.
IIndthion s'endort suc le monl solituire.
Lui que Pbcebè la nuit visite avec mysitie.
Qu'elle adoie en secret, un en&nt, un pasteut. n ta timide ei ûer, il est discret comme elle ; Un charme grive au chaii d'une amante immortelle A disigni 100 front rêveur.
C'est lui qu'elle cherchait sur li vaste bmyère Qjiand, sortant du nuage où tremblait sa lumiire,
Scintillait dans l'éttier
O Phcebé ! le Villon, Us bois et U Colline Docment enveloppés dans ta pâleur divine; A peine an pied des monts flotte un léger bronîllard. Si l'air a des soupirs, ils ne sont point sensibles; Le lac dans le lointain berce ses «am paisibles Qui s'argentent sous ton regard.
Non! ton amour n'a pas cette ardeur qui consume Si quelquefois, le soir, quand ion flambeau s'allume Ton amant te contemple avant de s'endormir, Nul éclat qui l'aveugle, aucun feu qui l'embrase; Kien ne trouble si paii ni son heureuse extase ; Tu r6:Iaires sans l'éblouir.
l'as pour le baiser que ton rayon timide, vers lui mollement glisse dans l'uii humide, ir sa lèvre pâle eipire sans témoin, is le beau pasteur, objet de ta tendresse, e rendra, Phcebé, ta furtîve caresse, Qu'il refait, mais qu'il ne sent point.
Il va dormir ainsi saus la voÛH éloîlie Jusqu'à l'heure où 11 nuit, frissonniuite ei Disparaîtra des cieui t'entiainani sur ses Peut-être i sou réveil te verra-l-il encore
Les yeuï baissas, rougissants et candide, Vers leur banquet quand Hébé s'avan;*!, Les Dieux chatmès tendaient leur coupe ïide, El de neclac l'enfant li remplissait.
Mous tous aussi, quand pisse la Jeunesse, Nous lui tendons notre coupe â l'envi, Qjiel est le vin qu'y vetse la déesse T- Nous l'ignorons; il enivre et ravii.
Ayant saurî dans u giice immanetle, H*bé s'éloigne ; on la rappelle en vaïn.
Longtemps encot, sur la route éternelle.
Notre œil en pleurs suit l'échinson divin.
(^îè^S$«^âeSQ
WN. ■jiUT'R^ CŒV%
:t-cb an autre cceur que U Naluic donne qu'elle pr^tèie et destine i. vieillir, II calme et glacé que toute ivresse ftonne, saurait aimer ec ne veut pas souffrir ?
Ah I qu'il ressemble peu, dans son repos tranquille, A ce cœur d'autrefois qui s'agitail si fortl Qeur enivré d'amour, impatient, mobile, Au-devini des douleurs courani avec transport.
11 ne reste plus rien de cet ancien nous-mêmes; Sins pitij ni remords, le Temps nous l'a sonslrait. L'asiie des jours éteints, cacbant ses rayons blêmes. Dans l'ombie qui l'attend se plonge et disparaii.
A l'horiïon clungeant moment d'autres étoiles. Cependant, chei Passé, quelquefois un instant La main do Souvenir écarte les longs voiles,
LU COUTE DV TiOI "DE THULÊ
Dit Aigtit tliàln iim irnitm, Triik ail litus Trtffm mi\t.
Galbt.
Au ïieui roi de Thulé, si maiitesse fidèle
Unit]ue souvenir qu'elle lui laissait d'elle. Cher et dernier trésor.
Le pauvre amini dès lors but à chaque festiji. La liqueur en passant par la coupe sacrée Prenait un godt divin.
Et quand JI y portait une lèvre attendrie.
Débordant de son cceur et voilant son r^rd, Une larme humectaic h paupière flétrie Du nobU «t doux vieillard.
n donna ions ses biens, sentant sa fin prochaine. Hormis toi, gage aimé de ses amours éteints 1 Mais il n'attendit point que la mort inhumaine Tarrachlt de ses mains.
Comme pour emporter une dernière ivresse.
Il te vida d'un trail, étouflànl ses sanglots. Puis, de son bras tremblant surmontant la Ëiiblesse, Te lanfa dans les flots.
D'un regard déjl trouble il te vit sous les ondes Tenibucer lentement pour ne plus remonter :
£l son cœur, abimi dans ses regrets suprêmes.
Subit sans ta sentir l'atteinte du trépas.
En sa douleur ses yeni qai s'étaient dos d'eui-mémet
Coup« des souvcni[9. qu'une liqueur brûlante Sous DOIie Jèvrc avide emplissaic jusqu'au bord, Q^'en nos derniers banquets d'une main dédillante
Vase qui conservais la saveur immotielle De tout ce qui nous Et rêver, souffrir, aimer, L'œil qui t'a vu plonger sous la vague éternelle N'a plus qu'à se fcnner.
Lorsque le dieu du jour, plein d'ar
Dédaigiimt tout i coup l'Olympe et si
Sans char, la lyre en main, s'élançait !
De la nymphe de ses désirs,
s'ig^re, c
ndes:
rentiers ingrats
ind il U s
alsit, l:
1 jeune fugitive
Un sort parti! atlcnd îd-bas le génie :
En l'Idéal qui fail l'anisle a mis sa fai.
Heureux qui ïoii de loin, dans l'arène infinie. Courir son rêve devint soi I
Cu il £int, d'un élin qn'iucun refus n'ir Poursuivre aussi Daphné, quand ce serait
(!^îi^8$«£^!^SS9
V^TEILLE
V^tiAMD l'abeille, au pTiatein[K, confiante el channfe. Son de la ruche et prend son vol au sein des airs, Tout l'invite et lui rit sur sa route embaumée. L'églantier berce au vent ses boutons entr'ouverts; La clocbelte des prés incline avec tendresse Sous le regard du jour son dont plie et léger. L'abeille cide émue au désir qui la presse:
Elle aperçoit un lys et descend s'y plonger.
Une fleur esc pour elle anc mer de délice!
Dans son enchintemeat, du fond de cent Elle sort trébuchant sous une poudre d'or.
Son fardeau l'aloardil, mais elle vole enco
Snr ce s
ein parfumé tandis
qu'elle s'oublie,
Le soleil
s'est voilé. PoQssé
par l'aquilon.
Un orage prochain menace
le -vallon.
Le tonni
;rre a grondé. Mais
dans sa qu*le mdente
L'abeille
n'entend rien, ne
voit rien, l'imprudente
Sut les 1
luisîons en fleur l'c
:au fond de toute part ;
Pour regagner la ruche il e!
it déjà trop tard.
La rose;
si fragile, et que l'o
uragan brise.
Refctme
pour toujours son .
calice odorant ;
U rose .
tst une tombe, et 1'
abeille, surprise,
Dana un
dernier parfum s'e
nivre en eupirant.
diidira
les destins dont si
mort est l'imige?
Ah 1 con
nbien parmi nous d
'artistes inconnus.
Partis dans leur espoir par un jour sans nuage. Des champs qu'ils parcouraient ne sont pas revenus ! Une ivresse sacrée aveuglai! leur courage ; Au gré de leurs désirs, sans craindre les autans, Ils butinaient au loin sur la (bi du printemps. Quel retour glotieui l'avenir leur apprête I A ces mille trésors ipars sur leur chemin L'amour divin de l'art les guide et les arrête : Tout est fleur aujourd'hui, tout sera miel demain.
Ils revenaient déji vers la ruche immortelle ; Un vent du titi soufflait, prêt i les soulever. Au milieu des parfums la Mort brise leur aile; Chargés comme l'abeille, ils périssent comme e Sur le butin doré qu'ils n'out pas pu sauver.