POESIES PHILOSOPHIQUES
MO'K. LiyiiE
J E ne vous odrc plus poui Qjie des cris de lévolie el d Oui 1 Mais en m'écoutani si
Vous maudissiez li -
I si vous alliez pilir?
ma verve impcudenle, énergique et sliidenle 1 tressaillit ?
Pourtant, qaind je m'élive à des noies pareiltes, Je ne prétends blesser les cceuis ni les oreilles. Mime les plus craintif n'ont point 1 s'alumer; L'icceat d^spért sans doute ici domine.
Mais je n'iù pas tiii c«s sons de ma poitrine Pour le plaisii de blasphémer.
Gimmratf la Liberli déchaîne ses colères ; Pirtont, contre l'effon its erreurs séculaires, hi Vérité combat pour s'ouvrir un chemin ; Et je ne prendrais pas parti dans ce grand drame? Quoi 1 ce cceur qui bat lit, pour être un cœur de femmr En est-il moins un cceur humain?
Est-ce ma dute ji moi si dans ces jours de lièvre D'ardentes questions se pressent sur ma lèvre? Si votre Dieu surtout m'inspire des soupçons? Si la Nature »ussi prend des teintes funèbres, El si j'ai de mon temps, le long de mes vertèbres. Senti courir tous les frissons?
Jouet depuis longtemps des vents et de U houle. Mon bâtiment bit eau de toutes parts ; it coule. La foudre seule encore i ses signaux répond.
Le voyant en péril et loin de toute escale.
Au lieu de m'enféimei tremblante ï fond de cale. J'ai voulu monter sur le pont.
A réan, nuis debout, 1i, dans leur lit immen: J'ai contemplé !e jeu des vigues en démence.
Puis, prévoyant bientôt le naufrage et U mort. Au risque d'encourir l'imathéme ou le blâme, A deui mains j'ai saisi ce livre de mon âme, Et i'ai lancé par-dessus boid.
C'est mon trésor unique, amassé page k page.
A le laisser aa fond d'une mer sans rivage Disparaître avec moi je n'ai pu consentir.
En dépit du courant qui l'emporte ou l'entrave, Qu'il se soutienne donc et surnage en épave Sur ces flots qui vont m'engloulir I
^ L^ COMÈTE "DE iS6i
Del astre voyageur, hûte qui qous arrive!
Des proibndeuis du ciel el qu'on n'aitendait pas. Où vas-lu ? Opel dessein pousse vers nous tes pas Toi qui vogues ta large en cette mer sans rives, Sur ta loute, aussi loin que ton regard atieinl. N'as-tu vu comme ici que douleurs et misères? Dans ces mandes épars, disi avons-nons des frères Tont-ils chargé pour nous de leur salut lointain?
Ah 1 qmnd tu reviendns, peut'étre de la terre L'homms aura disparu. Du fond de ce séjoui Si son œil ne doit pus contempler ton retour, Si ce globe épuisé s'est éteint solitaire.
Dans l'espace infini poursuivant ton chemin.
Du moins jette au passage, astre errant et rapidi Un regard de pitié sur le théâtre vide De tant de maux soufTeils el du labeur humain
LES M^LHEUTi^UX
La trompettï i sonné. Des tombes entr'ouvertes Les piles hibitants onl toul à coup irimi.
Ils se lèvent, laissant ces demeures disertes Où dans l'ombie et la paix leur poussière a dormi Qjielques morts cependant sant restés immobiles ; Ils ont tout entendu, nuis le divio clairon Ni l'ange qui les presse il ces deiniecs asiles Ne les anacherom.
; ! revoir le ciel et 11 lumière, a malheur qui n'esl point oubli douleurs et sur noire misère
I FlutÛt la Nu il, la Nuit sombre, ilernelUl lieii Chaos, garde-nous sous [on aile, eut du Sommeil, toi qui nous as bercés,
nous livre pis ; contre ton sein lîdèle Tien s- nous bien embrassés.
Ah 1 l'heure où tu puus est i jimais bénie ; Sur notre Iront meurtri que ton baiser fat dou Quand tout nous tejelait, le néant et la vie. Tes bras compatissants, b noire unique amie ',
Nous arrivions il toi, venant d'un long voyage. Battus par tous les vents, haletants, harasses. L'Espérance elle-même, au plus fort de l'otage. Nous avait délaissés.
Nous n'avions rencontré que désespoir et doute.
Perdus parmi les flots d'un monde indifférent;
Où d'autres s'arrêtaient enchantés sur la roule,
Nous errions en pleurant.
iB.Goo^^Ic
Près de nous U Jeunesse a pissé, les mains vides. Sans nous avoir Cités, sans nous avoir souri. Les sources de l'amour sous nos livres avides,
Dans nos sentiers brûlés pas une fleur ouverte. Si, pour aider nos pas, quelque soutien chéri Parfois s'offrait 1 nous sur la route déserte, Lors(]ue nous les touchions, nos appuis se brisaient : 1 out devenait roseau quand nos cœurs s'y posaient. Au goulfre que pour nous creusait la Destinée Une invisible main nous poussait acharnée.
Comme un bourreau, craignant de nous voir échapper. A nos c6tés marchait le Malheur infleiJbU.
Nous portions une plaie i chaque endroit sensible, Et l'aveugle Hasard savait où nous frapper.
Peut-être aurions-nous droit aux célestes délices; Non I ce n'est point 1 nous de redouter l'enfer, Car nos butes n'ont pas mérité de supplices : Si nous avons Mil, nous avons tant souilert I Eh bien, nous renonçons même i cette espérance D'entrer dans ton royaume et de voir tes splendeurs. Seigneur I nous refusons jusqu'l ta récompense. Et nous ne voulons pas du prix de nos douleurs.
n tudeau trop lourd ;
Tu peni, lorsqu'il u pUîl. loin des sphim mortelles Les élever il toi dinj la grice et l'imour ; Tu peux, parmi les chœurs qui chantent les louanges A les pieds, sous tes yeux, nous mettre au premier rang. Nous Ëiite couronner par U main de tes anges. Nous revêtir de gloire en nous transfigurant. Tu peux nous pénétrer d'une vigueur nouvelle. Nous rendre le désir que nous avions perdu... Oui, mais le Souvenir, celte ronce immortelle
Quand de tes chérubins la phalange sacrée Nous salueiaii élus en ouvrant les saints lieux, Nous leur crierions bientât d'une voix éplorée: > Nous élus? nous heureux ? Mais regardez nos yeux I Les pleurs y sont encor, pleurs amers, pleurs sans nombre. Ah t quoi que vous fassiez, ce voile épais el sombre Nous obscurcit vos cieui. •
Contre leur gré pourquoi ranimer nos po Que l'en reviendra-t-il ? et que t'ont-elles Tes dons mîmes, après tant d'horribles n Ne sont plus un biendic.
Alt I tu frappas Itop fort ei
Ta reatends, tu le vais! la Souffnnce a viincu. Dans un sommeil sans fin, 6 puissance éternelle 1 Xjisse-nous oublier que nous avons vécu. >
L'^MOVR. ET L^ AfO'KT
Dans les btas l'un
: passer, ci . de l'iuire
:s couples épliémite r enlacés un momen
l'ous. avant de m.
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Her i jam.
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va leurs poussières.
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>l h»di que les cieux qui vie r des lèvres qui pâlissent
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U.-I^.NKGOOglC
Noii> non, lout a'at pai dît, vers la beauté fragile Qjund DO charme invincible emporte le désir.
Sous le feu d'un baiser quand notre pauvre argile A frirai de plaisir.
C'est elle qui l'émeut q
Nous entendons sa voii
Jusque dans n
e étemelle étreinte Ils passent entraînés, ces couples amoureux, Et ne s'arrêtent p«s pour jeter avec crainte Un regard autour d'eux.
Ils demeurent sereins quand tout s'écroule et tombe ; Leur espoir est leur joie et leur appui divin ; Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe Leur pied beurte en chemin.
Sous le voile léger i
e la beauté
mortelle
Trouver l'ime qu'on
cherche et
qui pour D
ousédôt.
Le temps de l'enirev
oir, de s'éc
rier: .Ce
it Elle 1 »
Et U perdti
; aussitât.
El la perdre à jamais I Cette seule pensée Change en spectre à nos yeux l'image de l'AmoDr. Quoi I ces vceux intînis, cette ardeur insensée Pour un être d'un joui!
Qu'il celle tombe obscure où lu nous bit descendre Tu dises ; i Gudes-les, leurs cris sont superflus. Amèrement en vain l'on pleure sur leur ceadre; Tu ne- les rendras plusJ >
Mais non 1 Dieu qu'on dit bon, tu permets qu'i Unir pour séparer, ce n'est point ton dessein- Tout ce qui s'en aimé, fUt-c« un jour, sur li t
Ëurnîté de rhomme, illusionl chtmirc!
Mensonge de l'imout et de l'orgueil humain I Il n'i point eu d'hier, ce ËintAme éphémère, H lui faut un demain 1
Pont CCI éckir de vie et pour cette jiincetle Qpi brûle une minute en vos cœurs étonnés.
Vous oubliei soudain la lange maternelle Et TOS destins bornés.
Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires!
Seuls au pouvoir &tal qui détruit en créant?
Quittez un tel espoir; tous les limons sont frères En £ice du néant.
Ites i la Nuit qui pisse dans ses voiles :
e, et l'espère voir expirer tes flambeiiii. > t ne répond rien, mais demain ses élcnles Luiront sur vos tombeaui.
Vous croyez qael'Atnour dont l'jprc feu vous prssst A réservé pour vous si flamme et ses rayons;
Heuieui, vous aspirez la grande Ime iDïisible Q»i remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ; La Nature sourit, mais elle est insensible:
Que lui font vos bonheurs?
Elle n'a qa'un désir, la marjtre immortelle, C'est d'cnfànter toujours, sans fin, sans trêve, e Mire avide, elle a pris l'éternité pour elle. Et vous laisse la mort.
'voyance est pour ce qui va naître; confondu dans un suprime oubli.
avez aimé, vous pouvei disparaître :
1 vœu s'eil accompli.
Quand an souffle d'amour traverse vos poitrines, Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus. Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines Vous jettent éperdus;
Qjiand, pressant sur et cœur qui va bîentAl s'éteindre Un autre ob}et souffrant, forme Tiine ici-bas. Il vous semble, mortels, que vous allez élteindre
Ces délites sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d'anlents
Ces transports, c'est déjl l'Humanité future
Q^i s'agite en vos seins.
le dissoudra, cette argile légère
ents vont disperser cette noble poussière Qui fut jadis un cceur.
De ¥03 espoirs brisés, de vos amours éteints, Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme. Dans les âges lointains.
Tous les Élrta, forniint une chaîne élernelle, Se passent, en courant, le flambeau de l'Amonr. Chacun rapidement prend la lorche immonelle,
Aveuglés pat l'éclat de sa lumière errante.
Vous jurez, dans la nuit Où le Sort vous plongea.
Du moins vous aurez va luire un iclaii sublime ; Il aura silloniif vol» vie un moment ; En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme Votre éblouissemenc.
El quand il régnerait au tond du ciel paisil Un être sans pitié qui contempUt souffrir.
Si son œil éternel considère, impassible,
Sur le bord de la tombe, et soiu ce regard même,
Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il ai Et pardonnez i Dieu I
LE 'POSltiriS!X.E
Il l'ouvcE par itXi toute science humant Un vide dont U Foi fut prompte i s'empirer.
De cet lUme obscur elle > fait son domaine; En s'y prfcipitint elle > cru l'éclairer.
Eh bien] nous t'expulsons de les divins royaumes. Dominatrice ardente, et l'instant est venu :
Ta ne vas plus savoir où loger tes fentfimes ; Nous fermons l'Inconau.
L'hommï déjà se Irc
En te dépossédant nous avons tout perdu.
Tandis qu'obslinément le Désir qu'on exili Kevient errer autour du gouffre défendu.