PRIS FA CE. XXIII
abùifdaniei ou l^s plas soumises ont toujours ëtë les plus opprimées B.
Lbs peuples^ pour « le peuple » {ibidem; voyez ci-dessuS| p. xiu).
Méamnoiisance (p. ^Gi)^ pour c ingratitude » : « Encore ne cmt-on pas que ce fût assez de payer mes derniers services de méeotmoissance »•
Succéder^ «réussir», à quelqu'un (ibidem) : a .,., Quoique cet emploi lui eût (à mon père) assez bien succédé^ etc. » •
Postposer à (p. 46a), « subordonner à » : « posiposer la haine à Testime ».
D^noiselle (p. 4^5), pour « fille ou femme de moyenne noblesse » : « On verroit les filles de ma maison derrière des demoiselles^ parmi lesquelles il y en a qui ne le sont même que médiocrement » ; comparez le George Dandin de Molière, acte I, scène i (tome VI, p. 507 et note a).
Changer à (p. ^66) y « échanger contre, préférer à » : « Changer un homme qui.... à une reine qui, etc. ».
Vergogne (p. 4^7)9 <>^ nous dirions plutôt « cynisme » : « •••• Celui qui aimoit mieux découvrir sa propre vergogne que de manquer à me rendre ses mauvais ofiices ».
Il y a une remarque curieuse à faire sur cet opuscule de \ Apologie, Nous avons dit que la sobre simplicité était une des qualités principales de la Rochefoucauld. Un effet très* marqué de cette sobriété. est le rare usage qu'il fait des métaphcnres : il va sans dire que je ne parle pas de ces métaphores qu'on peut nommer latentes et non senties, dont toute langue est pleine, que tous ceux qui parlent font, comme M. Jourdain faisait de la prose, sans le savoir; mais seulement de celles dont l'écrivain a conscience, qu'il a voulu faire et qui frappent vraiment le lecteur comme images et comparaisons. C'est de ces dernières qu'on peut s'étonner de trouver si peu d'exemples dans les Mémoires et les Maximes ^ les Ri" flexions diverses^ les Lettres : deux, trois, qui ressortent un peu. Ainsi, dans les Réflexions diverses (I, 324) - * Elles (les coquettes) ont le plaisir de l'attacher (un vieillard) à leur char et d'en parer leur triomphe » ; et, dans la maxime xxvi, cette similitude expressive, avec un même verbe, pris moitié au physique, moitié au moral (I, p. 4 1) : « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement » ; et cette autre, vulgaire, mais énergique aussi, empruntée à la Correspondance : « La
même faim qui chasse le loup du bois oblige un aveugle de vous écrire, etc. » (III, 89); et enfin, si Ton veut, celle-ci, un peu prolongée, de la lettre à Mme de Sévigné : « Qui nous payera le temps que nous passons ici sans vous ? Cette perte est si grande pour moi, que vous seule pouvez m'en récompenser; mais vous ne payez point ces sortes de dettes-là; j*en ai bien perdu d'autres, et, pour être ancien créancier, je n^en suis que plus exposé à de telles banqueroutes • (III, ao6). Eh bien ! de ces métaphores voulues, colorant avec intention le discours, nous en trouvons autant, j'oserais presque dire plus, dans les vingt-huit pages de la petite pièce qui nous occupe que dans Tensemble des autres œuvres. Attribueronsnous cette différence à lage? A trente-six ans, qu'il avait quand il écrivit VJpologie^ on est bien mûr, et d'ailleurs dans les légers coups de pinceau à noter là comparativement il tlj a nul excès de jeunesse, d'imagination, et ils ne peuvent paraître que bien pâles à qui est habitué au français littéraire d'aujourd'hui, au luxe d'images dont, au prix d'autres qualités regrettables, l'a, dirai-je enrichi ou surchargé ? la contagion de l'exemple de quelques brillants coloristes, d'un, entre tous, qu'il n'est pas besoin de nommer, et qui a été et est encore, par la puissance de son fécond génie, un irrésistible sédacteur. Ces quelques figures, simples images de mots, qui sont effets de style plus que dates de langue, les voici, telles quelles, et je sens, en les copiant, combien peu elles font saillie; pour moi-même, la plupart passeraient peut-être inaperçues, n'était la minutieuse attention que m'impose la nature de cet examen :
« Par l'interposition de ce fantôme, nous ôtant la vue de ce qui se présentoit de plus véritable et de plus réel, il (Mazarin) faisoit que toutes ces choses-là s'éclipsoient pour nous • (p. 4Sa ; comparez tome I, p. a57, et tome III, p. 157).
« Cette nouvelle bonté n'eut que de l'écorce et de l'appa* rence j» (p. 453).
« .... Je commençai à connoitre d'oii m'étoit venu ce rayon de faveur si hors de propos » (p. 454)*
« .... Yoilà quelque partie des chaînes qui dévoient m'attacher à ses passions et à sa fortune » (p. 4^5).
« Ce n'étoit qu'à force d'avoir le cœur bas qu'il n'y avoit rien de si petit qui ne lui fît ombre » [ibidem).