‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 2)Chapitre 12 sur 668 · PRÉFACE. XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXV

« .... Yéritablement je m^apercos bientôt qu'il ne me fandroit pas de grands antidotes contre ce venin » (p. 4^7)*

« Je demeure bien d'accord que pour me sacrifier on me couronna > (p. ^59 ; comparez une fiigure analogue, tome III, p. aa3)«

Ajoutons cette énergique application d*un mot abstrait im* pliquant métaphore latente : « La précipitation ni la vanité de mes espérances n'attirèrent point les refus » (p. 449)-

Outre X Apologie que nous venons d'examiner et qui naturellementy vu sa brièveté, n'a pu nous fournir presque rien qui marque la différence d'âge qu'il y a, en ce qui touche la langue, entre cet opuscule et les autres écrits, nous avons deux autres moyens, un peu plus eflScaces et plus significatifs, de comparaison : ce sont ceux que nous offre le rapprochement des rédactions d'époque diverse des Mémoires et des Maximes. Ce rapprochement est facile à l'aide des notes qui donnent, aa bas des pages, les leçons antérieures, soit des ma- Doscrits, soit des imprimés, que l'auteur a modifiées dans son texte définidf.

Dans les Maximes^ il a changé, quant à la forme, bienfac* leurs en bienfaiteurs (tome I, p. iSp, note i); consomme en consume (p. i4i, note a ; comparez le Lexique de Mme de Séifigné); m un foi • en « un fou » (p. 3a, note 5)\Pour le vocabulaire, nous voyons quasi remplacé trois fois psiv presque (p. 83, note a; p. 87, note 3; p^ 146, note 4) ; ailleurs, quasi toujours remplacé par soui^ent (p. 3a, note 5) ; une fois per* ionne quasi disparaître entièrement (p. i5a, note a). Disparaissent aussi, par changement de rédaction : « véritable », aa sens de « véridlque » (p. 67, note i) ; ^onse mécompte », poar dire « on se trompe » (p. gS, note a); « s'abattent et »e démontent » devient simplement « se laissent abattre » (p. 40, note i) ; « personnes dégoûtantes > est remplacé par « personnes disgraciées » (p. i33, note i) ; ailleurs, avec des noms de choses, le mot est effacé (p. 69, note a ; p. 1149 note a); « l'usage libre de toutes leurs fonctions » est rem-

I. Nous ne parlons pas de deux rencoDtres de la TÎeiile orthographe Milité {royez p. 83, note 3, et p. 99, note 4). Elle se troure une fois dsDt toutes les édltionfl^ une autre dans la dernière seule. Hais o^est probablement le fait des imprimeurs ; dans les autres maximes où est ee mot,

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pkcë, sans qu*il y ait^ ce semble, intention de modifier la pensée, par « Tusage libre de leur raison » (p. 117, note 3); « aifoir accoutumé d'éleyer » fait place à « pouvoir exciter "• {ibidem^ note a) ; en un autre endroit, changement qui parait inverse, accoutumance est préféré, dans le texte définitif, à la leçon antérieure habitude (p. 77, note 3). « Une relâche », du manuscrit autographe (p. 108, note i), lapsus peut-être, est corrigé en « un relâche » .

Noterons-nous les pluriels changés en singuliers? A « la modération des hommes dans leurs plus hautes élévations » est substitué «..•• dans leur plus haute élévation » (p* 37, note 5) ; à « des constances, des froideurs, des mépris », « une constance et un mépris » (p. 39, note i); on peut ajouter « forces » et a force » (p. 4^« i^^te 5, et p. 479 °<>^ i)? « goûts » et a goût » (p. 5o, note i).

Un tour vieilli est modifié par suppression de Tarticle (p. 3g, •note 4); un autre, qu*on peut dire incorrect (p. 98, note i) : « ne pas.... que », est supprimé ; la négation non pas est réduite à no/i, devant jDor (p. 4o, note i); vcvec persuader ^ suivi de que^ le régime direct les est changé en Tindirect leur (p. 4^» note 4)- Une construction, un peu ancienne, de seul est élaguée deux fois (p. 4i« note 4 î P- ^9j note a).

Plus d'une de ces citations est autant amélioration de style que rajeunissement de langue. N'intéressent guère» ce nous semble, que le style deux remaniements ayant pour cause les rapports douteux des pronoms (voyez p. 45, note i ; p. 69, note a); une «substitution de maîtresse au neutre « ce qu'on aime », suivi d'un en assez vague (p. 162, note %) ; celle d' « être assuré de » à « avoir une certitude de » (p. 116, note 6) ; d' « avoir une galanterie » à « faire une galanterie » (p. fia, note a) ; du tour « que Ton voit » à « qui se pratique », en parlant de la sincérité (p. 56, note 4) ; et la suppression de cet emploi d'accueillir que nous trouvons dams le manuscrit, au sens où nous dirions assaillir : a Ceux qui sont accueillis de quelque infortune » (p. 139, note 3). Des prépositions sont changées comme les changerait un lecteur du dix-neuvième siècle; la leçon du manuscrit et de i665 : a Si nous n'avions point de défauts, nous ne serions pas si aises d'en remarquer aux autres », est devenue dans le texte finalement adopté : «.... nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer (dans l'édition de 1666 : « d'en remar-

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qaer ») dans les antres » (p. 43t note a) ; « sVfforcer i » a été corrigé en € s*efforcerde » (p. ia4f note 6); « ferme nie foiblesse » en « terme par foiblesse » (p. 34, note 3). La locution un peu insolite : « il cherche.. ». dans ses.... intérêts des règles de conseiller » (p. 8o, note a) a été retranchée. Remarquons qu'ailleurs, après de^ à la suite dun nom qui se prête bien aux deux tours, un infinitif a pris, non sans élégance, la place d'un substantif; premier texte : « un air de prophétie » ; dernier : « un air de deviner » (p. 190, note 3).

Dans la maxime ocxv on lisait d*abord : « D'autres vont à la charge pour n'oser demeurer dans leurs postes » (p. 116, note I ) ; dans la maxime ocxxui : « pour la justice qu'il y a de nous acquitter » (p. 120, note i). Elles gagnent, l'une en clarté, l'autre en aisance, à la substitution de parce que kpour : ^i parce qu'ÛB n'osent demeurer », et ^^ parce qu'A est juste de.... ».

Tai gardé pour la fin les deux variantes les plus remarquables peut-être de la première rédaction; elles ne sont tontes deux que dans le manuscrit. L'une, qui affecte, comme il arrive si souvent, le style à la fois et la langue, nous offre ce mol mouchoir qu'Alfred de Vigny, dans ^n More de f^enUe (acte III, scènes v et suivantes), n'a pu, même en 1829, faire agréer à son auditoire du Théâtre-Français; on s'explique que le terme ait été mal accueilli, en songeant à l'étymologie, au sens du verbe ^^ moucher : « On peut dire que ces Croideurs et ces mépris (de la mort) font à leur esprit ce que le mouchoir fait à leurs yeux > (I, 39); notre auteur a mis bandeau dés i665. L*autre est vraiment singulière, au point de vue de la forme du nom : > La timidité du vice et son endormissement » (p. 127, noie a). Il n'y a point là, que je sache, archaïsme ; mais plutôt, je pense, néologisme ; en tout cas, que le mot ait été ou fa* briqué ou emprunté d'ailleurs par le moraliste, on ne peut regretter qu'il n'ait point passé du manuscrit dans les imprimés*.

1. On peut douter que Tufage adopte le dërirë tout difFérent, tiré du même rerbe, qui te lisait, il y a quelque! joun, dans une feuille hebdoma» daire*, le nom abstrait endormement^ forme d^enictormir, de la même façon que a^est forme de partir le vieux nom parlement^ que nous luons dans une première rédaction des Mémoires (II, 4^3), ^ q^® l'Académie donne encore en 1694 et en 1718.

• La P^ia modentê, 9 lepteiiibre i88«, p. 563. Pardon da tant d*exactttade : maii, M qaclqiie coofiaoee q«'aB ait droit* il y a iei Traimant lien de citer ponr n*étrt pat •••pcct d^îamtion.

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