‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 2)Chapitre 4 sur 668 · DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

DE LA LANGUE

DE

Avant d^aborderrétade de la langue de la Rochefoucaold, il convient de se souvenir que son éducation littéraire et classique avait été fort négligée, que la culture des premières années, surtout celle qui s^acquiert dans le commerce des anciens, lui manquait presque entièrement : voyez le modeste aveu qui ter* mine la dernière lettre de notre recueils L^auteur des Maximes^ des Réflexions diverses^ des Mémoires^ devenu un de nos grands écrivains, est assurément un des plus frappants exem* pies de ce que peut parfois, pour combler une telle lacune, dans un esprit naturellement bien doué, la vie même, le milieu où elle se passe, oh Tesprit se forme. Pour qui veut étudier rhistoire de notre idiome, c*est une bonne fortune que la rencontre, i Tun des plus beaux moments de son passé, de cet art de bien dire acquis dans le monde plutôt qu'à Fécole, de ce travail, car les coups de lime abondent, si heureusement guidé par Tinstinct. Ce grand seigneur de la cour de Louis XIII, puis de Louis XIV, cet honnête homme du plus haut rang, qui écrit pour son plaisir, est un de ces précieux témoins qui, pour les tours, les locutions, le juste sens et le choix des mots, nous en apprennent plus que les écrivains de profession, et nous enseignent d*autant mieux le vrai français du temps, sa vraie

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