PREFACE. XVII
partûsîpes passes ou présents^ présents surtouty que les Mémoires s^éloignent des habitudes de Fauteor dans les Maximes et davantage encore de la plus commune habitude d*aujourd'hui.
Dans le nombre de pages que nous nous sommes fixé pour 7 prendre notre moyenne d^exemples, voici les expressions qui nous ont paru propres à surprendre, plus ou moins, comme insolites, non absolument, mais dans Tacception qu'elles ont chez notre auteur, un lecteur que nous supposons habitué uniquement au langage du dix-neuvième siècle :
Assemblées (p. la), pour dire « réunions mondaines, fêtes de cour » ; ce mot ne s'applique plus guère qu'aux fêtes de campagne.
Événement (p. 204)9 pour « issue », à peine à remarquer : « Ils ne voulurent point attendre X événement du siège ».
Rottie^ « itinéraire » (p. 33) : « La précipitation de son départ lui fit oublier (à Mme de Chevreuse).... d'emporter avec elle les lettres de créance et la route que l'archevêque de Tours lui avoit données » .
Ressentiment^ pour « reconnaissance » (p. 4^) '- « J® remerciai le maréchal de la Meilleraye avec tout le ressentiment que je devois à ses bons offices ».
Dehors (p. 194) : « On fit travailler à quelques dehors (pour fortifier Bordeaux) » .
Partialités (p. 329), « divisions » : « Ce fut en ce même temps que commencèrent à paroitre à Bourdeaux les factions elles partialités ».
Sujet (p. Il), pour « occasion » : « Le duc de Bouquinquan eut dans cette réception tout le sujet qu'il desiroit de faire paroitre sa magnificence ».
Conduite f absolument (p. 41^)9 « direction, habile corn* mandement à la guerre » : « Jamais sa valeur et sa conduite n'ont eu plus de part à la victoire ».
Déploré^ « dont on désespère » (p. 47^)9 latinisme alors très-fréquent : « La santé du Roi étoit déplorée ».
Nourrir^ c élever » (p. 6), également fort commun : « (Chalais) avoit été nourri auprès du Roi ».
Porter^ pour « supporter », avec de^ suivi d'un infinitif (p. 2) : « (Louis XIII) vouloit être gouverné, et portoU impatiemment de l'être ».
La RoGUfovGAtiLD. ni, » a
xTiii LEXIQUE DE LA ROCHEFOUCAULD.
Retarder^ neatralement (p. g) : « Lui (Bouquinquan), de son côté, retardoU le plus qu'il lui étoit possible ».
Fomenter (p. ii6), « exciter », appliqué à des personnes : tt Ceux du Parlement..., fomentés par les partisans de la cour.... ».
Insister à, suivi d'un infinitif (p. 345) : « (Monsieur) insU-
toit à retenir Tarmée ».
Se méprendre à, de même suivi d'un infinitif (p. aa6) : « Quelque besoin qu'il eût de ne se pas méprendre à juger de l'état présent des affaires, etc. ».
Jcheminery absolument (p. i63) : « Le Cardinal voyant l'afiaire assez acheminée^ etc. » .
Rafraîchir^ rafraîchir de^ au figuré : « .... Rafraîchir les postes » (p. 202) ; « (Saint-Luc) continua toujours de les rafraîchir (les assiégés) des choses nécessaires » (p. 336).
Apoir été prévenu de (p. 4ï2i)j po^r « avoir reçu des préventions contre » : « Ils auoient été si prévenus des artifices de la cour, que, etc. ».
Détruire quelqu'un (p. 4i5), « ruiner son crédit, causer sa disgrâce ».
PluSf comme si souvent alors, pour « le plus » (p. 229) : « .... La personne qui zyoït plus contribué à la prison des Princes » (voyez ci-après, Y Introduction grammaticale^ III, p. lui).
Peuvent aussi servir à dater la langue des Mémoires les ex* pressions qui, sans être passées d'usage dans l'acception oit elles sont prises, sont devenues ou deviennent rares, mais de telle façon que des deux caractères efi*ets de la rareté : distinction et étrangeté, elles n'ont, presque toutes assurément^ que le premier. Ainsi :
Étonnement (p. 409), pour o hésitation, efiroi » : « Voyant. . . « quelque étonnement parmi ceux qui gardoient la barricade, (Us) y poussèrent ». De même étonner^ « faire hésiter, ef« frayer » (p. 336) : « Croyant étonner les ennemis.... ».
Manquements f « fautes, omissions » (p. 276) : « Chaque parti s'est plus maintenu par les manquements de celui qui lui étoit opposé que par sa bonne conduite » .
Incommodités {p. a) ^ pour « indispositions, maladies » : « Le roi Louis XIII.... avoit une santé foible... ; ses incommodités augmentoient ses chagrins » .
Abandonnementip. ^83), pour « abandon ».