‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 145 sur 569 · I. Ni les officiers. (181 7, a · texte numérisé non relu

I. Ni les officiers. (181 7, a

a. Il avait été dëcidi; d*abord en assemblée de Ville qu'on ne lèTerait que des garçons et des compagnons de métier, sans y mêler aucun chef de famille, le Trai rôle des bourgeois n*ëtant pas de faire des sorties, mais de garder les portes, les murailles, et d'empdcher les séditions à l'intérieur. On Toit par les Registres de PHo^ Ul fie Fî lie pendant la Fronde (tome I, p. i34) que le régiment de Marcillac devait se composer de quatre compagnies.

3. La détresse, en effet, fut bientôt grande, et il fut un instant question d'expulser tous les pauvres étrangers à la ville, en leur donnant vingt sous par tôte; mais on craignit d'exciter une émeute. Le Parlement remit le terme de Pâques aux locataires, et il fut décidé que le buffet d'argent vermeil doré de la Ville serait vendu ou engagé. Le setier de froment, trois jours après la sortie du Roi, était déjà monté de treize livres à trente livres ; au moment de la paix de Rueil, il était a soixante. Ajoutez que cette année 1649, qui s'oun«it, pour les Parisiens mutinés, sous de si tristes auspices, ne devait donner qu'une récolte fort mauvaise, et, pour comble de malheur, les misères du blocus coïncidèrent avec un débordement de la Seine si considérable, que Paris, dit Mme de Motteville (tome II, p. 3a5), c étoit devenu semblable à la ville de Venise, » et qa' a on alloit par bateau dans les rues. »

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qui s'en étoient emparés y avoient mis Clanleu avec deux mille hommes, pour conserver un poste sur les rivières de Seine et de Marne. Le prince de G)ndé Vy força, sans trouver presque de résistance. Cette action se fit en plein jour, à la vue de toutes les troupes du parti et de plus de cinquante mille bourgeois sous les armes. Le duc de Chàtillon, lieutenant général dans Tarmée du Roi, y fut tué * ; de Tautre côté, Qanleu et toute sa garnison furent taillés en pièces *. Ce désavantage mit une grande consternation à Paris : les vivres y enchérissoient, et on commençoit à craindre d*en manquer. U y entroit néanmoins souvent des convois, et un jour qu'on en amenoit un considérable , les troupes du Roi commandées par Nerlieu *setrouvèrentsurle cheminauprès de Villejuive*.

I . Gaspard IV, comte de Colîgny, marquis d'Andelot, puis due de Chutillon ; cVtait le second fils du maréchal de ce nom et le frère de Maurice de Coligny qui aTait eu arec Guise le duel mentionne plus haut (p. go-91). Il ëtait né en i6ao. On compte, parmi les JUazarinadeSy une dizaine de pièces sur la mort du duc de Chàtillon. Condé pleura amèrement cet ami et ce compagnon d'armes, « pour lequel racheter, dit Guy Patin {Lettres, tome I, p. 4i3), il donneroit mille Charenton. »

9. Voyez sur cet engagement, qui eut lieu le 8 février, la MazO" rinade intitulée : le Courrier burlesque de la guerre de Paris (tome II, p. 68-168, du recueil de M. Moreau); et la Lettre d^un Normand aux fendeurs de naseaux de ce temps, qui ont peur de mourir pour leur patrie {Bibliographie, tome II, p. ia5). Le haron de Clanleu, qui était maréchal de camp, s'y fit tuer, après avoir refusé quartier, trouvant t plus honorable, dit Mme de Motteville (tome II, p. 3 a 9), de mourir en cette occasion que sur un échafaud. > On verra cependant plus loin que les chefs de Pinsurrection s*en tirèrent à meilleur compte que ne le supposait Clanleu mourant.

3. Charles de BeauTau, haron de Nerlieu ou Noirlieu, était mestre de camp d'un régiment du Roi ; il fut tué, en cette occasion (10 février), par le duc de Beauforten personne. Tous les contemporains parlent de sa valeur.

4. Villejuif, à deux lieues de Paris, au sud. -— Nous conservons Torthogniphe de notre manascrit; royez ci-«près, p. 398.

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Il y eut un combat assez opiniâtre dans le village de Vitry', où Nerlieu fut tué; le convoi passa, et, comme cette action dura quelque temps, tout Paris en jnrit Talarme, et plus de cent mille bourgeois sortirent pour nous recevoir*. Ce succès, qui n*étoit d'aucune importance, fut reçu de ce peuple préoccupé comme une victoire signalée, qu'il vouloit devoir à la seule valeur du duc de Beaufort, et il fut conduit comme en triomphe jusqu'à l'Hôtel de Ville, au milieu des acclamations d*une foule innombrable de monde.

Peu de temps après, le marquis de Noirmoustier sortit avec sept ou huit cents chevaux et quelque infanterie, pour escorter un grand convoi qui venoit du côté de la Brie. J'allai au-devant de lui avec neuf cents chevaux, pour faciliter son passage, que le comte de Grancey ' vouloit empêcher avec pareil nombre de cavalerie et deux régiments d'inianterie. Nous étions à une demilieue l'un de l'autre, le marquis de Noirmoustier et moi,

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