‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 313 sur 569 · A donner la satisfaction. [Ms. H^ réd. i · texte numérisé non relu

A donner la satisfaction. [Ms. H^ réd. i

MEMOIRES. [i65i] 1199

ministres , il ne voulut pas prendre la peine de le lui écrire^ ^e sa main à Theure même, et différa d'un jour* de lui en donner avis : ainsi, au lieu que Croissy ', qui lui devoit porter cette dépêche, l'eût pu joindre à Augerville encore incertain du parti qu'il devoit prendre et en état d'entendre à un accommodement, il le trouva arrivé à Bourges ^, où les applaudissements des peuples et de la noblesse avoient tellement augmenté ses espérances qu'il crut que tout le Royaume alloit imiter cet exemple et se déclarer pour lui*.

I. *De lui écrire, (il//. H, réd, i «f a.) a. * Différa un jour. {Ms, Hy réd, a.)

3. Et qu'ainsi, au lieu que CroiMj. (Ms, /T, réd, i «/ a.) — U s'agit ici de Fouquet de Croissj, conseiller au parlement de Paritt un des plus zélés partisans de Condé, auteur d'un libelle, en forme de lettres contre Mazarin, publié en 1649, sous ce titre : U Cour~ rier du temps ^ apportant ce qui se passe de plus secret en la cour des princes de P Europe: voyez la Bibliographie des Mazarinades, tome I, p. a47 et a48, et le Ckoix de Mazarinades^ tome I, p. 5o7-5i4*

4. Selon Guj Joli (tome I, p. a33 et a34), le maréchal de Gramont envoya un courrier à Condé « pour l'avertir de ne se pat éloigner davantage, et il lui expliquoit par une lettre qu'il 7 avoit encore espérance d'accommodement. Le courrier confondant Augerville avec Ângerville (situés, le premier dans r arrondissement de PithipierSf le second dans P arrondissement d'Étampes), prit le chemin de ce dernier lieu. Ce détour fut cause que S. A. Monsieur le Prince ne reçut la dépêche qu'au moment qu'il alloit partir d'Augerville. Monsieur le Prince, après l'avoir lue, dit à ceux qui étoient auprès de lui que, si elle étoit arrivée un peu plus tôt, elle l'auroit arrêté, mais que, puisqu'il avoit le cul sur la selle, il n*en descendroit pas pour des espérances incertaines. > Retz (tome III, p. a5a, éd. Ch.) afl&rme que le messager avait pour instruction d'arriver trop tard.

5. Le récit, très-succinct, de la Rochefoucauld a besoin d'être complété ici par celui de Retz. Il j eut une entrevue entre Monsieur le Prince et Croissy. Condé fit bon accueil à l'envoyé de la cour, et prêta l'oreille aux propositions fallacieuses que celui-ci lui transmettait. On invitait le Prince à demeurer en paix dans un de •es gouvernements, avec promesse qu'il n'y serait point inquiété,

3oo MÉMOIRES. [i65ij

Le voyage de Croissy étant donc devenu mutile ^, Monsieur le Prince continua le sien, et arriva à Mourond, où Madame la Princesse et Mme de Longueville Tattendoient. Il y demeura un jour' pour voir la place, qu'il trouva très-belle' et au meilleur état du monde. Ainsii toutes choses* étant disposées^ à fortifier ses espérances, et à flatter son nouveau dessein, il ne balança plus * à faire la guerre, et * ce jour-là même il dressa une ample instruction pour traiter avec le roi d'Espagne, où furent compris ses plus particuliers et ses plus considérables amis. M. Lesnet fut choisi pour cette négociation''. Ensuite Monsieur le Prince donna de l'argent à Monsieur son frère et à M. de Nemours, pour faire leurs levées dans les provinces voisines, et les ayant laissés à Mourond avec Mme de Longueviile, il y laissa M. de Vi-

jiuqu*à la prochaine eonTOcation des ëtats génénnx, Retz ajoute (tome m, p. 157, ëd. Gh.) que Condë ëtait indëcit, mais qa*il fut porte à la guerre par ceux de son entourage, et notamment par Mme de LongucTille, que le ftintôme irrite du duc son mari pour» sniTait toujours. Vojez aussi Mme de MottevUle^ tome III, p. 446.

Page 1