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MÉMOIRES. [i65i] 3r7
vers Tonné-Charente, avec les ducs de Nemours et de la Rochefoucauld, ses gardes, les leurs, et ce qui se trouva d'officiers et de volontaires auprès de lui, pour voir le dessein des ennemis et essayer de les amuser \ pour donner temps à ce qui étoit le plus éloigné de le venir joindre. Il trouva que Tavis qu'on lui avoit donné étoit véritable, et que ces trois cents chevaux étoient en bataille dans la prairie ^ qui borde la rivière ; mais il vit bien que les ennemis n'avoient pas eu le dessein qu'il avoit appréhendé, ou qu'ils avoient perdu le temps de l'exécuter, puisque, n'étant pas passés lorsqu'ils le pouvaient sans empêchement, il n'y avoit pas apparence qu'ils le fissent en sa présence, et ses troupes commençant déjà de le joindre. On escarmoucha quelque temps, sans perte considérable de part ni d'autre, et l'infanterie de Monsieur le Prince étant arrivée, il fit faire un long retranchement vis-à-vis du pont de bateaux, laissant la prairie et la rivière entre le comte d'Harcourt et lui. Les deux armées demeurèrent plus de trois semaines dans les mêmes logements sans rien entreprendre, et se contentèrent l'une et l'autre de vivre dans un pays fertile et où toutes choses étoient en abondance.
Cependant les longueurs et la conduite du duc de Bouillon firent assez juger ' à Monsieur le Prince qu'il n' avoit plus rien à ménager avec lui, et qu'il traitoit^ avec la cour, pour lui et pour M. de Turenne : de sorte que, perdant également l'espérance d'engager l'un et l'autre dans son parti, il s'emporta contre eux avec une pareille aigreur, quoique leurs engagements eussent été différents. Car
I. Essayer à les amuser. {Os. H^ réà, x e/ a.) a. Dedans la prairie. {JAs. H^ réd. i et a.)
3. * Cependant les longaeors du duc de Bouillon et sa conduite (*et toute sa conduite^ réà. i) firent bien juger. {Us. if, réd, x «I a.)