P. 7a. — 6. Ibidem
48o APPENDICE AUX MEMOIRES.
d'autres fois de m^en parler^ ^ et je connus*, par de certains d^faatt qu'elle remarqua en sa personne, que les mauvais offices qu'on lui avoit rendus avoient fait une assez grande impression. Mme de Che- Treuse les méprisa tous néanmoins^ et crut que sa présence tléiriù' roit en un moment tout ce que ses ennemis avoient fait contre elle durant son absence '. Elle fut fortifiée dans cette opinion-là par le duc de Beaufort , et ils crurent l*un et Tautre qu*étant unis *, ils pourroient facilement détruire le cardinal Mazarin derant qu'il eût eu le temps de s'établir. Cette pensée-là fit recevoir à Mme de Che- ▼reuse toutes les avances du cardinal Mazarin comme des marques de sa faiblesse^ et elle crut que c* était assez jr répondre que de ne se déclarer pas ouvertement de vouloir sa ruine, mais seulement de la l^rocurer en établissant M. de Cbâteauneuf dans les affaires*.
Elle crut aussi être obligée d'appujer mes intérêts, et, voyant la Reine dans le dessein de me donner quelque établissement considérable, elle insista fort pour me faire avoir le gouvernement du Havre de Grâce, qui est* entre les mains du duc de Richelieu, afin qu'en me procurant du bien, elle pût commencer la persécution et la ruine de cette maison-là. Cependant le cardinal Mazarin, Tojant bien que la Reine n'était plus en état d'entreprendre une affaire de cette importance-lk sans sa participation', crut qu'il suffîsoit, pour l'empêcher, de dire qu'il approuveroit toujours avec beaucoup de soumission toutes les volontés de la Reine, mais qu'il crojroit que personne ne le pouvoit blâmer de ne pas détruire la fortune de son bienfaiteur; qu'il crojoit être obligé, non-seulement par la reconnoissance qu'il lui devoit, mais aussi par l'intérêt du service de la Reine, de lui représenter les raisons qu'elle avoit de maintenir la maison de Richelieu; qu'il souhaiteroit toujours qu'elle les approuvât, mais qu'il ne croiroit point avoir sujet de se plaindre, quand on ne suivroit pas son avis.
E ne se déclara pas si ouvertement sur le retour de M. de Châteauneufy soit qu'il le crût si ruiné dans Pesprit de la Heine qu'il s'imagina lui pouvoir donner cette marque de sa modération sans aucun péril, et qu'elle étoit assez éloignée de le remettre dans les affaires pour son propre sentiment, sans qu'il essayât de faire quel-