‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 497 sur 569 · I. Voyez p · texte numérisé non relu

I. Voyez p

a. Voyex p. 190. — 3. Voye» p. 194 et 195.

à d'ueritiony futpenJu pour intimider les Bourdelois ; mais ee]M fit m effet tout contraire^ car cette nouvelle étant venue dans tu», temps ok iei esprits étoient étonnés et chancelantSy les dues de Bouillon ei de la Bschefoucauld firent pendre aussi le commandant de file Saini-Geergt^ qui s' et oit aussi rendu à eux à discrétion. Cette action étonna la ccnr^ rassura les Bourdelois, et disposa de telle sorte les choses dans la lill^ qu'on s'y résolut à' attendre le siège et se défendre couragensenient, se fiant en leurs propres forces et aux promesses des Espagnols^ fid Us assuroîent d'un prompt et puissant secours. Dans ce dessein^ on se hâte de faire un fort à la Bastide^ de quatre petits bastions, La Bastide est vu-à'vLs de Bourdeaux^ de Vautre câté de la rivière. On trauailla avec soin aux autres fortifications de la ville; mais, comme beaucoup de bourgeois avoient des maisons dans le faubourg de Saint-Surin, ils ne voulurent pas permettre qu'on les brûlât ni même qu'on en rasât aucune, de sorte que ce qu'on put faire fut d'en couper les avenues et de percer les maisons. Cela ne fut fait que pour contenter le peuple^ et non pas pour espérer de défendre un lieu de si grmnde garée avec des bourgeois et si peu de troupes qui restaient^ lesquelles ne mm toient pas à sept ou huit cents hommes de pied et trois cents ekevaax. Néanmoins, comme on dépendait du peuple et du Parlement^ il fallat les satisfaire contre les règles de la guerre et entreprendre de défendre le faubourg de Saint^Surin : il est ouvert de tous les côtés ; la porte de la ville qui en est la plus proche est celle de Dijos. Elle fut trouvée m mauvaise f parce qu'elle n^est dé fendue de rien et qu^onjr arrive de plain» piedj qu'on jugea à propos de la couvrir tTune demi-lune; mais^ comme on manquait de tout, on se servit d^une petite hauteur de fumier qai était devant la porte, ItiqueUe étant escarpée en forme de demi-lune, sans parapet ni sans fossé, se trouva néanmoins la plus grande défense de la ville.

Le Roi étant demeuré à Bourgs le cardinal Mazarin vint à t armée; elle était de huit mille hommes de pied et de près de trois mille chevaux. On résolut d'attaquer le faubourg de Saint-Surin, d'autant plus &cilement que, r^y ayant que les avenues de gardées, on pouvait sans péril gagner les maisons^ entrer par là dans le faubourg, et couper même ce qui défendroit les barricades et Féglise^ sans qu^on pût se retirer dans la ville. On croyait de plus que y Ut demi-lune ne pouvant être défendue, on se logerait à la porte de Dijos dès le premier jour. Pour cet effet, le maréchal de la Meilleraye fit attaquer les barriotdes et les maisons en même temps, et Palluau avait ordre aussi d'entrer par le palais GtUien^ et de couper entre le faubourg et la ville, droit à la demi^lune^ Mais le maréchal de la Meilleraye ayant fait donner devant que Palluau fut arrivé, il trouva plus de résistance qu'il n^ avait cru, V escarmouche avoit commencé dès que Us troupes du Roi s'étalent appro-

chëes. On aroit mû force moiuquetaires dans des haies et dans les vignes qui couvraient le faubourg. Ils arrêtèrent d^ abord les troupes du Boi avec grande perte. Choupes, maréchal de camp, y fut blessé^ et plusieurs officiers tués. Le duc de Bouillon étoit dans le cimetière de Pé" glise de Saint-Surin avec ce qn^U avoit pu faire sortir de bourgeois pour rafraîchir les postes^ et le duc de la Boche foucauld étoit à la barricade OIS se faisoit la principale attaque. Elle fut emportée : Beauvais, Chafferat ' et le chevalier de Todias y furent pris ; le feu fut très-grand de part et d!autre^ il y eut cent oa six-TÎngts hommes de tués du côté des ducs^ et sept ou huit cents du côte du Boi, Le faubourg néan^ moins fut emporté; meus on ne passa pas outrcy et on se résolut et ouvrir la tranchée pour prendre la demi^lune^ et de faire une autre attaque ptw les allées de C Archevêché. J^ai déjà dit qu'il n*y avoit point de fossé à la demi'lunCfde sorte que, pouvant être emportée facilement, les bourgeois ne voulurent point entrer en garde et se contentèrent de tirer de derrière leurs murailles. Les assiégeants fat toquèrent trois fois avec leurs meilleures troupes. Ils entrèrent même dedans; mais ils en fu» rent repoussés par le duc de la Boche foucauld , qui y mena les gardes du prince de Condë et les siennes, dans le temps que ceux qui défendaient la demi-lune ^voient plié. Il y avoit trois ou quatre offi^ ciers de Navailles qui y furent prisonniers, et le reste chassé ou tué. Les assiégés firent trois grandes sorties^ à chacune desquelles ils nettoyèrent la tranchée et brûlèrent le logement, Après treize Jours de tranchée ouverte^ le siège n*étoit pas plus avancé que le premier jour. Mais, comme ceux de Bourdeaux avoient trop peu d'infanterie pour relever la garde des portes attaquées, et que ce qui n^ avoit point été tué ou blessé étoit presque hors de combat par la fatigue de treize jours de garde, les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld les firent rafrai' chir par la cavalerie^ qui mit pied à terre^ et ils y demeurèrent euxmêmes les quatre ou cinq derniers jours j sans en partir, afin d'y retenir plus de gens par leur exemple*.

Cependant les députes de Monsieur et du parlement de Paris arrivèrent à Bourg, pour faire des propositions de paix. Le Coudray-Montpensier entra à Bourdeaux avec deux conseillers de Paris, Lemeusnier et Bitaut. La cour desiroit la paix, craignant l'événement du siège de Bourdeaux , dont la résistance étoit d'autant plus opiniâtre qu'il espéroit U secours d'Espagne et celui du maréchal de la Force, qui étoit sur le point de se déclarer; mais le Parlement souhaitoit la paix. Les cabales de la cour et du due d'Épernon agirent puissamment pour j^ disposer le reste de la ville. L'infanterie étoit ruinée^

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