‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 499 sur 569 · I. Voyeip. ao4-ao · texte numérisé non relu

I. Voyeip. ao4-ao

Frondeurs lui J990U faire eonnotire qu'ils se Touloient rendre maîtres des Princes, afin de les perdre et le perdre loi-méme ensuite avec plus de facilité, ou pour leur donner la liberté et les engager par là à trayailler ensemble à la ruine de la Reine et à la sienne ; ^ue la guerre e'toit finie en Guyenne, mats que le désir de la recommencer dans tout le Royaume ne finiroit jamais quavee la prison des Princes^ et qu'il en devoit d'autant plus croire ceux qui lui parloient, qu'ils ne craignoient pas de le dire à lui-même pendant qu'il les aToit entre ses mains et qu'ils n'aToient autre sûreté que sa parole ; que les cabales se renouTeloient , de toutes parts, dans le parlement de Paris et dans tous les autres parlements du Royaume, pour procurer la liberté aux Princes et pour les ôter de ses mains ; et qu'enfin tout ce que lesdits ducs pourroient faire étoit de procurer par toutes voies la liberté des Princes, mais de souhaiter que préférablement à tous autres ils lui en eussent l'obligation. Ce discours fit l'effet qu'on desiroit : il ébranla le Cardinal et donna jalousie aux Frondeurs et à M. d'Orléans; cela leur ôta P espérance d avoir les Princes entre leurs mains^ et les fit résoudre à se réunir avec eux et à chercher de nouveau les moyens de perdre le Cardinal^.

Les Frondeurs, depuis la prison des Princes, ont essayé de tirer sous main toiu les avantages possibles de leur réconciliation avec le cardinal Mazarin, de son consentement; mais ils affectaient toujours de faire croire qu*ils n'avaient point changé de dessein de le perdre, afin de conserver leur crédit dans le peuple : de sorte que ce qu*ils ont fait pour cela dans le commencement, de concert avec le eardi" nal Mazarin, leur a depuis servi contre lui quand ils ont tout de bon souhaité de le ruiner*. J'ai déjà dit que la conversation des ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld avec le Cardinal leur avoît été fort suspecte : Mademoiselle en prit l'alarme et la donna à M. d'Orléans ; ensuite les Frondeurs firent les derniers efforts pour être maîtres des Princes, et, vojant qu'on les refusoit, ils entrèrent en négociation avec Messieurs les Princes et avec ceux qui traitoient pour eux : ils engagèrent M. d'Orléans à procurer leur liberté. Le président Fiole, Arnauld, Montreuil, secrétaire du prince de Conti, et plusieurs autres entamèrent des négociations avec M. d^Orléans, le Coadjuteur, Mme de Chevreuse et les Frondeurs, et avec M. de Beau fort et Mme de Monthiuon ; d* autres traitèrent avec le Cardinal, Dans ce temps-là, la princesse Palatine avait plus de part que personne à la confiance des Princes et à celle de la duchesse de LongueviUe. Elle avait commencé toutes les négociations

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des Princes tant avec les Frondeurs qu'avec le Cardinal, comme aussi avec Mme de Chevreuse (dont la fille devoit épouser le prinee de Conti) et avec Mme de Montbazon et le duc de Beaufort. Elle étoii dépositaire de leurs traités^ quelque opposés qu*ils pussent être. Se voyant donc chargée de tant de choses contraires à la fois, et craignant de devenir suspecte aux uns ou aux autres ^ elk manda au duc de la Rochefotuauld qti^il étoit nécessaire qu^il vint à Paris sans être connu, et qu'elle lui diroit Tëtat des choses, pour prendre ensemble la résolution de conclure arec Tun ou l'autre parti*. Le duc de la Rochefouàauld avoit été jusque-là ennemi déclaré du Coadjuteur, de Mfme de Chevreuse, du duc de Beaufort, é de Mme de Montbazon, de sorte que, voyant les négociations égaUmemt avancées de tous les côtés, et jugeant que, si on concluoit arec les Frondeurs, Us Princes ne pouToient sortir sans une révolmtiom de tout l'état présent des affaires , il se rendit à Paris , et ajaot fait Yoir à la Palatine que le Cardinal ayant* la clef de la prison do Prince, il le pouvait mettre en liberté en un moment^ il Vempeeka de faire ratifier à Monsieur le Prince le traité des Frondeurs, pour donner temps au Cardinal de considérer la peine où il alloit être. Le due de la Rochefoucauld le rit trois on quatre fois em secret. Ils le désirèrent tous deux ainsi, pour ce que le Cardinal vonloit que personne du monde n'eut connoissance de cette n^ocîation, de peur que Monsieur et les Frondeurs ne se hâtassent d*éclater contre lui, et le duc de la Rochefoucauld la tenoit d'autant plus secrète que les Frondeurs demandoient comme une condition de leur traité que le duc de la Rochefoucauld le signât, ce qu'il ne Youloit ni ne devoit faire tant qu'il auroit lieu d'espérer que le traité avec le Cardinal pouvoit être sincère de sa part et de celle des Princes; il reçut même un plein pouvoir de la duchesse de Longueville pour réconcilier toute la maison avec le Cardinal, pourvu qu'il mit les Princes en liberté. Cependant les Frondeurs, qui avoient su que le duc de la Rochefoucauld négocioit particulièrement, le pressèrent pour lui faire signer leur traité avec Monsieur le Prince, de sorte que, se voyant dans la nécessité de conclure promptement ou avec l'un ou avec l'autre parti, il se rcfsolut de voir encore une fois le Cardinal, et, après lui avoir représenté les mêmes choses qu'il lui avoit dit (sic) à Bourg et le péril où il alloit être par la déclaration de M. d'Orléans, du Parlement et des Frondeurs, et par l'abandonnement presque général de ses crâitures, il lui déclara que les choses étoient en tels termes, que s'il ne loi

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